Rachat de Bordeaux: le football séduit les investisseurs américains
12 October 2018
AFP
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Rachat de Bordeaux: le football séduit les investisseurs américains

En Angleterre, surtout, en France et en Italie également, les investisseurs originaires des Etats-Unis, particuliers ou fonds d'investissements, se montrent de plus en plus intéressés par l'économie du football.

En Angleterre, surtout, en France et en Italie également, les investisseurs originaires des Etats-Unis, particuliers ou fonds d'investissements, se montrent de plus en plus intéressés par l'économie du football.

- Angleterre -

Arsenal, Fulham, Liverpool et Manchester United: quatre clubs de Premier League sont détenus par des propriétaires américains. Les quatre investisseurs sont grandement impliqués dans les sports américains et voient donc le football comme une extension de leur coeur de métier.

Fenway Sports Group possède ainsi, outre Liverpool, une écurie de Nascar et l'une des plus grande équipe de baseball avec les Boston Red Sox (MLB). L'empire de Stan Kroenke inclut lui Arsenal, les Los Angeles Rams (NFL), le Colorado Avalanche (NHL) et les Colorado Nuggets (NBA). Quant à la famille Glazer, elle dispose dans son portefeuille des Tampa Bay Buccaneers (NFL) et de Manchester United. Shahid Kahn possède lui les Jacksonville Jaguars (NFL) et Fulham.

Vu l'argent que brasse le football anglais, plusieurs businessmen américains ont aussi investi dans des clubs de moindre calibre.

Ainsi en deuxième division, Swansea City est propriété de Stephen Kaplan et Jason Levien, qui détiennent aussi le DC United (MLS). Un investissement pour l'instant peu fructueux, puisque le club gallois a été relégué de Premier League la saison passée. Idem à Sunderland, désormais en D3 et repassé sous pavillon anglais en avril.

Autre achat peu rentable, celui de Paul Berylson à Millwall. Cet investisseur avait acquis ce club d'un quartier populaire de Londres dans le cadre d'un grand projet de rénovation urbaine. Cela n'a pas fonctionné, mais il est devenu fan et est donc resté à la tête des "Lions".

Enfin, l'ancien PDG de Disney Michael Eisner a racheté l'ancienne gloire Portsmouth, aujourd'hui en D3 mais toujours l'un des clubs les plus populaires du sud de l'Angleterre. Celui qui avait transformé un Disney moribond en une puissante multinationale du divertissement entend faire de même avec "Pompey".

- Italie -

L'AC Milan est depuis le 10 juillet propriété du fonds américain Elliott. Celui-ci avait accordé des prêts très importants (autour de 330 millions d'euros) au précédent propriétaire, le Chinois Yonghong Li. Devant l'incapacité de celui-ci à rembourser sa dette, le club a changé de mains.

Dès le premier jour, Elliott s'est engagé à faire le nécessaire pour assurer la stabilité financière du Milan, un club qui depuis plusieurs années perd chaque saison des dizaines de millions d'euros. Le fonds s'y est attelé en injectant des liquidités et en limitant l'endettement, avec une augmentation de capital de 50 millions d'euros entre août et septembre et le remboursement anticipé de deux emprunts obligataires d'une valeur globale de 120 millions d'euros annoncé mardi.

Le propriétaire américain a également totalement repensé l'équipe dirigeante, avec l'arrivée de Leonardo puis Paolo Maldini à la direction sportive, et celle d'Ivan Gazidis au poste d'administrateur délégué.

La nature même du fonds Elliott rend improbable une présence à très long terme à Milan. "C'est un projet de moyen terme. Le fonds devrait rester à la tête du Milan entre trois et cinq ans", avait expliqué en septembre le président par intérim Paolo Scaroni. L'objectif est de redresser le club financièrement et sportivement puis de le remettre sur le marché.

Ailleurs, l'homme d'affaires américain James Pallotta, également actionnaire des Boston Celtics, est président de l'AS Rome depuis août 2012. Depuis août 2014, il en est également le propriétaire à 100%. Basé à Boston et présent très épisodiquement à Rome, il a contribué à moderniser le club et l'a "américanisé", apportant des méthodes de travail et des collaborateurs venus d'outre-Atlantique.

En Serie B, le club de Venise est la propriété de Joe Tacopina, un avocat américain. Il est également le président du club, qu'il a repris en 4e division en 2015 et qui évolue désormais en deuxième division.

- France -

Outre Bordeaux qui va bientôt passer sous contrôle du fonds d'investissement GACP, trois clubs français sont liés à des investisseurs américains: Nice, dont les actionnaires majoritaires sont un groupe d'investisseurs sino-américains. Le club doyen Le Havre, propriété depuis juillet 2015 de l'homme d'affaires Vincent Volpe. Celui-ci disposait de réelles attaches au Havre, puisqu'il y est arrivé il y a 25 ans et qu'il y a longtemps dirigé l'usine de son groupe de robotique Dresser Rand.

Enfin Marseille a été racheté en octobre 2016 par l'ancien propriétaire des Los Angeles Dodgers, club de baseball, l'homme d'affaires américain Frank McCourt. Le milliardaire, promoteur immobilier originaire de Boston dans le Massachusetts, a déboursé aux alentours de 45 millions d'euros pour s'offrir le seul club français à avoir remporté la Ligue des champions, dans lequel il s'est par ailleurs engagé à investir 200 millions d'euros sur quatre ans.

- Espagne -

En Liga, aucun club majeur n'est passé sous contrôle nord-américain. Le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore l'Athletic Bilbao possèdent historiquement un statut associatif faisant des "socios" (supporters-actionnaires) les propriétaires inviolables.

Si plusieurs clubs de première division sont passés sous contrôle asiatique (Valence, Espanyol…), il faut aller en deuxième division pour trouver la trace d'un actionnaire américain: Robert Sarver, propriétaire des Phoenix Suns (NBA), et l'ancienne star du basket Steve Nash figurent dans un groupe d'investisseurs qui a acquis en 2016 le RCD Majorque, aux Baléares, pour environ 20 millions d'euros.

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