Sociétés cotées : un bilan semestriel mitigé
11 octobre 2017
Loubna Chihab (185 articles)
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Sociétés cotées : un bilan semestriel mitigé

Légère baisse du résultat d’exploitation global, une première depuis deux ans. Maroc Telecom, LafargeHolcim, Addoha et les banques ont pesé sur la rentabilité de la cote. Le résultat net global croît de 8%, boosté par des éléments non récurrents.

Les sociétés cotées ont publié leurs tant attendus résultats semestriels. Le constat est mitigé, sachant que le contexte économique du premier semestre était marqué par un attentisme suite au retard de formation du gouvernement et de l’adoption de la Loi de finances 2017. Sur les 72 sociétés ayant publié leurs comptes, plus de la moitié affiche des revenus en appréciation.

Sur le plan commercial, le volume d’affaires global de la cote s’est établi à 116,7 milliards de DH à fin juin, en progression de 3,8% par rapport à la même période de l’année dernière. Cette évolution intègre une timide hausse du PNB des établissements de crédit à 29,9 milliards de DH, boostée principalement par Attijariwafa bank, BMCE Bank et BCP. Dans le détail, les banques ont assisté durant ce semestre à un redressement de leurs marges d’intermédiation de 3,4%, porté notamment par l’entrée de la filiale égyptienne dans le périmètre de consolidation d’Attijariwafa bank et dont la marge d’intérêt a connu une forte croissance durant ce semestre. De même, la marge sur commissions a marqué un bond de 6,1%, du fait d’une bonne dynamique commerciale. Toutefois, la hausse de ces deux composantes du PNB a été contrecarrée par un fort recul du résultat des activités de marché (-10,2%) impacté par une baisse du résultat du portefeuille de transactions, suite à la légère hausse des taux obligataires sur le marché.

Le secteur Assurance et Courtage a, pour sa part, réalisé une croissance à deux chiffres des primes acquises nettes (15,6%, à 7,7 milliards de DH), portée principalement par une dynamique exceptionnelle de l’activité Vie, qui a profité de la hausse de la demande sur les produits d’épargne et du repositionnement stratégique de Saham Assurance sur cette branche.

Concernant les sociétés non financières, elles ont affiché une progression de 3,6% de leur chiffre d’affaires global, à 79 milliards de DH (soit un poids de 68% du CA global de la cote). Sur 19 secteurs non financiers, 11 sont parvenus à contribuer positivement à la progression du CA global. Il y a d’abord le secteur Pétrole&Gaz dont l’activité s’est bonifiée de 26,8%, à 6,8 milliards de DH, l’équivalent d’une contribution de près de 1,5 milliard de DH. Une performance attribuable aux valeurs composant le secteur, à savoir Total Maroc et Afriquia Gaz, dont le CA a crû de 28% et 23,8%.

Le secteur agroalimentaire s’est également démarqué ce semestre, en affichant une progression de 10,6%, à 12,7 milliards de DH, profitant notamment de l’extension de son activité à l’export. Principalement Cosumar (+750,8 MDH), dont les exportations ont poursuivi leur trend haussier, et dans une moindre mesure Lesieur Cristal (+471 MDH) qui a également bénéficié d’une bonne dynamique à l’export.

Managem, Taqa Morocco et Sonasid ont limité la baisse

Le secteur minier s’est aussi bien comporté durant la première moitié de l’année, avec une contribution de 679,6 MDH. En effet, l’activité minière a bien profité de l’évolution des prix et du volume des métaux produits. C’est le cas de Managem qui a intensifié ses rythmes d’extraction tout en profitant de l’augmentation des prix.

Toutefois, si ces secteurs ont boosté la croissance du bloc non financier, d’autres l’ont sensiblement limité. Il s’agit notamment de Maroc Telecom qui, historiquement, contribuait positivement à la croissance jusqu’à ces dernières années. En effet, l’unique opérateur télécom de la place a accusé un recul de 502 MDH de ses revenus, suite à un baisse de régime de l’activité au niveau local et international.

Après avoir été une locomotive de croissance en 2016 en affichant des performances pour le moins qu’on puisse dire surprenantes, le secteur de l’immobilier accuse le coup au 1er semestre de l’année en cours. Et c’est exclusivement à cause du groupe Addoha, dont la régression du volume d’affaires se chiffre à -522 MDH, en raison du recul des unités livrées (7 210 logements contre 8 038 unités une année auparavant) consécutivement au décalage d’une partie de la production au 2e semestre 2017. Sur cette même tendance baissière, le secteur de l’Ingénierie et Biens d’équipements a également été impacté par la dégradation de l’activité de Stroc Creative Contractors (-219,5 MDH).

Sur le plan opérationnel, le résultat d’exploitation global de la cote accuse une légère baisse de 0,6%, à 31,2 milliards de DH (une première depuis deux ans). Cette évolution couvre une régression du résultat d’exploitation des sociétés non financières (-2%), à 14,8 milliards de DH. Une contre-performance qui revient notamment à Maroc Telecom (-551MDH) suite à la non-récurrence de la cession d’un actif non stratégique de 297 MDH constatée au 1er semestre 2016 conjuguée à la comptabilisation à fin juin 2017 de charges de restructuration relatives au plan de départ de 235 MDH. LafargeHolcim Maroc a également contribué à cette méforme du REX du bloc non financier, à hauteur de -329 MDH, en raison de la baisse des ventes dans un secteur morose, conjuguée à la hausse des cours du petcoke. Pour sa part, le groupe Addoha a été lourdement touché par des conditions sectorielles peu porteuses couplées à un alourdissement des charges opératoires.

Le secteur des assurances se porte très bien

Cependant, cette régression a été atténuée par le bon comportement de certaines valeurs. Il s’agit notamment de Managem et Taqa Morocco grâce à une meilleure maîtrise des charges d’exploitation ou encore Sonasid dont la marge opératoire s’est fortement redressée. Dans ces conditions, la marge opérationnelle des sociétés non financières s’est fixée à 18,7% (-1,1 point).

Pour sa part, le RBE des établissements financiers a accusé une légère baisse de 0,5%, à 14,9 milliards de DH, impacté par la dégradation de près de 1 point du coefficient d’exploitation des établissements bancaires, suite à une forte dynamique en matière d’investissements (lancement des premières Banques participatives, Digitalisation, etc.) et une progression de 12,6% du résultat technique des compagnies d’assurance et de courtage, à 1,5 milliard de DH (notamment Atlanta qui a doublé son résultat opérationnel), porté par une croissance du résultat financier à hauteur de 12,7%, principalement redevable à la bonne tenue du marché actions au 1er semestre 2017.

Malgré ce recul du résultat opérationnel, le bénéfice net global se bonifie de 8%, à 16,8 milliards de DH, grâce à une expansion du résultat net global des sociétés non financières de 8%, à 9,3 milliards de DH, qui a largement profité d’une plus-value de cession enregistrée par Managem suite à la restructuration de ses actifs en République Démocratique du Congo, de la constatation par Ciments du Maroc d’un crédit d’impôts sur les pertes de 2016, du redressement de Sonasid et de l’impact positif du passage aux normes IFRS de Résidences Dar Saada. De facto, la marge nette de ces valeurs a crû de 0,3 point pour se fixer à 12,8%. La capacité bénéficiaire des établissements financiers a pour sa part crû de 7,4%, à 6,4 milliard de DH, profitant d’une nette amélioration du coût du risque (-20,6%), exception faite de CIH Bank dont la charge de risque ne cesse d’augmenter ces dernières années en lien avec la diversification de son portefeuille de crédits. Enfin, le RNPG des assurances/courtage a marqué un bond de 12,9%, à 1,1 milliard, pour une marge nette en baisse de 0,3 point à 13,8%.

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