Où placer son épargne cette année
5 mars 2018
Loubna Chihab (245 articles)
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Où placer son épargne cette année

En 2018, le marché boursier devra poursuivre sa tendance haussière. Les fonds actions et diversifiés offrent de meilleurs rendements. La tendance est à la location de biens immobiliers…qui peut rapporter gros aux propriétaires.

Investir dans la pierre, dans le marché financier ou encore dans des œuvres d’art… Plusieurs options s’offrent à un particulier qui souhaite fructifier son épargne. Il va sans dire qu’indépendamment de la somme qu’il souhaite placer, il devra évidemment choisir son produit de placement en fonction de plusieurs critères comme la durée souhaitée, l’espérance de gain et (de facto) le niveau de risque qu’il accepte de prendre. Dans un contexte conjoncturel peu encourageant pour plusieurs secteurs, des instruments de placement se sont tout de même démarqués par leur niveau de rendement attractif. Depuis 2016, le marché boursier est en tête du classement des instruments financiers les plus rentables.

Marché actions : pas moins de 10% de performance pour le Masi cette année

Après une performance spectaculaire de 30% en 2016, le Masi s’est maintenu sur une tendance haussière en clôturant 2017 sur une performance de 6,3%. Et tout porte à croire que la situation devrait se maintenir en 2018. Selon les estimations recueillies auprès des analystes, l’indice de toutes les valeurs pourrait clôturer l’année sur une performance de 10%. Un avis favorable pour la place boursière boostée, notamment, par le redressement encourageant de la croissance économique observé en 2017, à la faveur de la forte reprise de l’activité agricole qui devrait se poursuivre en 2018, et par le bon cru attendu des sociétés cotées au titre de 2017 . Les analystes de CFG Bank, par exemple, s’attendent à une hausse de 12% de la masse bénéficiaire en 2017 et de 6% en 2018, au moment où BMCE Capital s’attend à une progression de 13% en 2017 et de 5,8% pour les résultats de 2018.

Un autre élément qui a gracieusement servi le marché boursier, depuis la deuxième moitié de 2016, est la réallocation des ressources effectuée par les investisseurs (principalement les institutionnels), qui ont migré du marché obligataire vers le marché actions qui a offert jusqu’ici une rentabilité supérieure, dans un contexte de détente relative de la tension sur la liquidité et la stabilité des taux. Le marché actions devrait continuer à attirer les flux de liquidités futurs, soutenu en partie par le manque d’alternatives de placement offertes aux investisseurs.

En tout cas, des secteurs devront se démarquer cette année par leur résilience et leur niveau de rendement, d’après de récentes analyses faites par des sociétés de bourse. Selon les estimations d’Attijari Intermédiation, «les Banques, la Distribution Energétique, l’Infrastructure et les Télécoms se distinguent globalement par une demande économique peu volatile et affichent des perspectives de croissance positives sur le moyen long terme», commentent les analystes dans le «Research Report Strategy 2018». En détail, le portefeuille confectionné est composé d’actions de BMCI, Maroc Telecom, Taqa Morocco et Delta Holding, avec un potentiel de hausse de ce portefeuille estimé à 17%.

Pour leur part, les analystes de BMCE Capital Bourse recommandent dans leur rapport stratégique annuel 2017-2018, 24 valeurs: huit défensives (valeurs de refuge lors de conjonctures défavorables) drainant 39% du portefeuille 2018 : Cosumar, Brasseries du Maroc, Taqa Morocco, Sothema, Lydec, Total Maroc, Afriquia Gaz et Maroc Telecom ; cinq valeurs semi-cycliques – dont la performance est relativement liée à celle de l’économie – pondérées à hauteur de 25% dans le portefeuille (Attijariwafa bank, BCP, Atlanta, Saham Assurance et Wafa Assurance) et les onze valeurs cycliques que sont Addoha, Aluminium du Maroc, Ciments du Maroc, Colorado, Delta holding, Hps, Disway, LafargeHolcim Maroc, Managem, Rds et Sonasid).

OPCVM: les fonds actions & diversifiés surperforment le marché

A l’image du marché boursier, les fonds actions et diversifiés surperforment les OPCVM depuis le 4e trimestre de 2016. En comparaison aux fonds obligataires, plombés par la baisse des taux des bons de trésor, ces deux catégories d’actif croissent à un rythme très soutenu, synonyme du retour de l’engouement des investisseurs pour les actifs à rendement incertain. C’est donc sans surprise qu’à la date du 16 février de l’année en cours, les indices de performance des deux fonds furent les plus élevés du marché : 623,75 pour les fonds actions et 490,05 pour les fonds diversifiés (Vs un indice de 150 pour les obligations MLT), avec variations annuelles respectives à 6,24% et 10,52%.

Des gestionnaires constatent depuis quelque temps un mouvement de réallocation des fonds obligataires vers les fonds actions ou diversifiés de la part de certains investisseurs.

«Plutôt que de se contenter d’un rendement de fonds obligataires estimé à 2,75% cette année, un investisseur qui est dans une logique de placement à moyen long terme devra privilégier les fonds actions qui offrent un rendement de dividende supérieur à 3,5% en plus de la performance liée à la hausse des actions», explique Karim Hnot, D.G. de Sogécapital Gestion. Un autre gestionnaire confie qu’«un bon nombre de clients détenant des fonds obligataires poussent leurs gestionnaires à y intégrer une poche actions».

«Des fonds diversifiés plus innovants ont vu le jour jouant sur une allocaction dynamique entre les deux classes d’actifs pour bénéficier de la sécurité que procure le marché obligataire tout en tirant profit d’un meilleur rendement offert par le marché action», explique M. Hnot. Dans ce sens, la société de gestion a lancé un nouveau fonds «Invest Equilibre». «Nous tablons pour ce fonds sur un rendement de 4 à 5%», indique-t-il.

Pour résumer, «un investisseur qui a un objectif de placement de 5 ans, devra opter pour des fonds actions. A horizon de placement plus court, et si ce dernier est plus sensible au risque, il devra opter pour un fonds diversifiés», enchaîne M. Hnot.

Quel montant placer ? A partir de 100 DH l’individu peut se procurer une part de fonds. Bien entendu, le rendement du fonds est le même indépendamment de la somme placée. 

Louer son appartement peut rapporter 5 à 10% de rendement

Oui, le marché de l’immobilier n’est pas en forme depuis plusieurs années, mais le segment de la location s’en sort plutôt bien. Par choix ou par obligation, le constat est qu’une nouvelle tendance s’est installée depuis quelque temps dans le sens où plusieurs  acquéreurs potentiels ont mis en sourdine l’idée de devenir propriétaires et se sont tournés vers la location, le temps que le marché se régule.

Surfant sur cette vague, certains promoteurs proposent désormais des projets et ont bien compris l’intérêt que recèle le marché locatif et se sont lancés dans la production de biens résidentiels et professionnels destinés à la location. «C’est normal quand on sait que la location peut rapporter des rendements intéressants compris entre 5% et 10% pour les appartements», affirme Zakaria Bendriss, agent immobilier à Casablanca.

Prenons l’exemple d’une personne qui possède un studio de 50 m2 à Mers Sultan, d’une valeur de 950 000 DH. Avec un loyer mensuel de 5500 DH, le propriétaire dispose d’un rendement brut de 6,9%. Retraité des frais de syndic et des taxes, le rendement net avoisine les 6%.

L’investissement dans l’or au Maroc prend principalement la forme d’achat et de revente d’or physique. Les particuliers y placent leur épargne en fonction de l’évolution des cours à l’international. Il est certes difficile de pronostiquer son prix puisque l’offre et la demande de l’or physique ne se répercutent pas toujours sur l’évolution de son cours, mais en 2017, le métal jaune a grimpé d’environ 8,6% après trois années consécutives de baisse. Ce retournement de tendance permet d’espérer que l’or va maintenir sa trajectoire haussière en 2018, estiment les analystes.

La perception du public de l’art marocain a nettement évolué ces dernières années. De 2003 à aujourd’hui, les artistes marocains ont vu la cote de leurs œuvres se multiplier entre 8 et 20. Exemple d’un tableau de Jilali Gharbaoui, vendu en septembre 2003 à 55 000 DH et adjugé, lors d’une vente aux enchères, 10 ans plus tard, à 455 000 DH. Un autre tableau du même artiste, vendu à 520 000 DH en 2007, a été revendu en décembre 2015 à 1,25 MDH. Même son de cloche pour un tableau d’Ahmed Cherkaoui, estimé entre 1,2 et 1,4 MDH, qui a finalement été vendu en 2011 à 2,35 MDH. En 2014, une œuvre du même nom, du même type de peinture et du même artiste, mais de dimension différente a été achetée à 3,5 MDH. C’est un peu glauque, mais le constat est que les tableaux sont davantage plus précieux et rapportent nettement plus quand leurs auteurs décèdent… Disons que dans le monde de l’art c’est la rareté qui crée la valeur. Néanmoins, à côté de ces artistes historiques, existe un ensemble de peintres vivants avec une dizaine d’années d’expérience à leurs actifs. On peut citer à titre d’exemple Mohamed Melehi dont une œuvre a été vendue en 2013 à 160 000 DH (prix estimé entre 130 000 et 150 000 DH). Une année plus tard, une œuvre similaire a été adjugée à 450 000 DH alors qu’elle a été évaluée entre 200 000 et 250000DH.

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