Les prévisions sont bonnes pour l’industrie des OPCVM
7 décembre 2017
Loubna Chihab (183 articles)
0 Commentaire
Partager

Les prévisions sont bonnes pour l’industrie des OPCVM

L’évolution des encours reflète l’arbitrage des investisseurs en faveur des actifs risqués. Les souscriptions des personnes physiques sont en hausse. Le marché devrait continuer à attirer du cash en 2018.

L’industrie de la gestion collective continue sur sa lancée positive. L’encours global des OPCVM arrêté au 24 novembre s’établit à 418,2 milliards de DH, enregistrant ainsi une performance à deux chiffres de 11,3 % depuis le début de l’année. Toutes les classes d’actifs affichent des évolutions positives, hormis les fonds monétaires. «L’évolution des encours par classe d’actifs en 2017 reflète l’arbitrage que les investisseurs ont continué de faire en plébiscitant les actifs risqués aux dépens des OPCVM monétaires. Une situation également inhérente au relatif tarissement des placements des excédents de trésorerie des entreprises dans un contexte d’allongement des délais de paiement», explique un gestionnaire. En tout cas, cette bonne performance de l’encours global s’explique toujours par les facteurs qui avaient animé le marché l’année dernière, à savoir une situation confortable de liquidité, une stabilité de la courbe des taux et un engouement pour le marché actions. En outre, «les actifs des sociétés de gestion ont tous quasiment doublé et ce, grâce à une décentralisation des portefeuilles d’actifs de certains investisseurs institutionnels. Il s’agit notamment de la Mutuelle d’assurances des transporteurs unis (MATU) et de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) qui géraient leurs portefeuilles d’actifs en interne. Ces institutionnels ont délégué la gestion de leurs actifs aux sociétés de gestion. Dans ce sillage, il faut noter que généralement un institutionnel n’est pas très actif sur le marché, il adopte une stratégie de «buy and hold» qui consiste à bien choisir ses investissements et à les conserver le plus longtemps possible. Maintenant que ces actifs sont entre les mains des sociétés de gestion, ils animent davantage le marché : plus d’activité, synonyme de plus de volumétrie et de volatilité. S’ajoute à cela l’incorporation des régimes de retraite de certaines régies par le Régime collectif d’allocation de retraite, ce qui suppose une vraie politique de placement», ajoute notre gestionnaire.

Les fonds actions surperforment le marché

En détail, l’encours des fonds actions s’est apprécié de 37,4%, à 36,22 milliards de DH. «En plus de la hausse des souscriptions notamment de la part des personnes physiques dont le retour sur le marché est clairement palpable depuis le deuxième semestre de l’année dernière, cette progression résulte des performances réalisées par les différents OPCVM de la place», explique un autre gestionnaire. Ainsi, sur 67 fonds, deux seulement ont enregistré des contre-performances respectivement de -1% et -3%. En face, 44 fonds ont surperformé le marché actions, en affichant des variations de valeurs liquidatives variant de 11% à 38%, au moment où le MASI affichait à la même date une performance annuelle de 8,23%. En outre, l’indice de performance de cette classe d’actifs affiche une progression de plus de 12%.

L’encours des OPCVM diversifiés a, pour sa part, crû de 28%, à 27,6 milliards de DH, ce qui traduit l’attrait de certains investisseurs pour cette catégorie combinant à la fois la performance des actions et la sécurité des obligations. En effet, l’indice de performance de ces fonds affiche une hausse de 6,21%, sachant que les 42 fonds constituant la catégorie ont réalisé des performances annuelles positives variant de 0,08% à 42%. A noter qu’à la même date l’année dernière, 7 fonds de cette catégorie affichaient des variations négatives.

De leur côté, les OPCVM obligations moyen et long terme, qui constituent le gros du marché, ont marqué une hausse d’encours de 8,7%, à 221,2 milliards de DH. Malgré la faiblesse des interventions du Trésor sur le marché, les investisseurs se ruent de plus en plus sur cette catégorie de fonds au vu des performances qu’elle génère. En effet, les 75 fonds constituant cette classe d’actifs ont réalisé des performances positives oscillant entre 0,2% et 34,87%. A noter qu’à la même période de l’année, la meilleure performance était de 14,9% et 5 fonds avaient accusé des baisses. L’indice de performance affiche, lui, une hausse de 2,7%.

«Les OPCVM obligations moyen long terme, actions et diversifiés continuent sur leur lancée positive entamée en 2016, reflétant le contexte favorable du marché financier avec une progression pérenne du marché actions et une stabilité de la courbe des taux, malgré les hausses constatées au niveau de certaines maturités court et moyen terme, cela reste assimilé à des corrections. Rappelons que l’année dernière s’est caractérisée par une baisse importante sur l’ensemble de la courbe des taux d’environ 30 points de base», explique un gestionnaire.

La retraite des indépendants, une aubaine pour le marché

Pour leur part, les OPCVM obligations court terme ont vu leur encours augmenter de 15%, à 58,13 milliards, après un recul de 6,74% à la même période en 2016. Il faut dire que l’année dernière cette catégorie d’actifs a été plombée par de fortes contre-performances de quelques fonds, frôlant les -30%. Tandis que cette année, seulement 2 fonds sur 31 ont vu leurs valeurs liquidatives basculer dans le rouge (-0,41% et -5,99%). L’indice de performance de cette classe d’actif est en hausse de 2,23%.

En face, l’encours des fonds monétaires s’est inscrit en repli de 2,04%, à 72 milliards de DH. Une évolution qui intègre des gains allant de 0,3% à 4,5% des 47 fonds composant la catégorie. Toutefois, l’indice de performance de ces fonds a limité sa hausse à 1,8%.

S’agissant des perspectives, les opérateurs demeurent optimistes. L’encours des OPCVM devrait évoluer en fonction de l’amélioration de la situation de liquidité, des perspectives sur les marchés taux et actions. Dans ce sillage, les opérateurs approchés tablent sur un maintien des niveaux actuels des taux «puisque qu’aucun élément ne justifie actuellement un mouvement haussier» affirment-ils. Pour sa part, le marché actions devrait maintenir sa bonne dynamique au vu des performances actuelles de l’indice Masi, du regain de confiance des investisseurs, du bon cru des résultats semestriels et des prévisions des analystes qui s’attendent à une évolution  positive de la masse bénéficiaire sur toute l’année 2017. Aussi, les mouvements d’externalisation des actifs détenus par les investisseurs institutionnels devraient continuer à porter leurs fruits et à booster les performances des OPCVM obligations moyen et long terme, diversifiés et actions. «En plus des mouvements d’externalisations, le démarrage de la retraite des indépendants est synonyme de liquidités supplémentaires à injecter sur le marché. Tout cela dans un contexte où aucune IPO n’est prévue pour le moment et où les investisseurs n’ont pas l’embarras du choix en termes de moyens de placement: on devrait donc  continuer à assister à un effet mécanique de cash l’année prochaine», confie notre gestionnaire.

Vers la mi-novembre, le nombre des porteurs de parts et d’actions d’OPCVM s’est élevé à 18 956 personnes physiques et morales, contre 18 256 à la même période de l’année dernière. Par catégorie d’actif, 38,8% investissent dans les obligations moyen et long terme (41,5% en 2016), 12,4% dans les fonds actions (11% en 2016), 25% dans les fonds monétaires, 14% dans les obligations court terme. Ces deux derniers fonds ont drainé le même pourcentage de porteurs qu’en 2016. Par catégorie de détenteurs de parts, les personnes physiques résidentes continuent de représenter l’essentiel, avec 13 631 investisseurs (13 217 l’année dernière). En détail, 45% de cette catégorie investit dans les obligations moyen long terme (4 points de plus qu’en 2016), 21% dans les fonds monétaires (Vs 20% en 2016) et 12,2% dans les obligations court terme, soit le même niveau que l’année dernière. Pour leur part, les fonds actions attirent 13,3% des porteurs (contre 11% en 2016). Loin derrière, les personnes morales résidentes représentent 21,4% de l’ensemble des détenteurs, dont 46% investissent dans les fonds monétaires (contre 51% en 2016) et 17% dans les obligations moyen et long terme, soit le même niveau depuis deux ans.

La ventilation de l’actif net total des OPCVM par catégorie de valeurs fait ressortir un poids de 77% pour les valeurs non cotées, soit un montant de 326 milliards de DH (291,9 milliards de DH en 2016), contre 9% pour les valeurs cotées, à 40 milliards (25,9 milliards en 2016), le reste étant constitué de divers autres actifs. Parmi les valeurs cotées, le gros est constitué d’actions avec une part de 39 milliards de DH, contre 25 milliards à la même période de l’année dernière. Dans le non coté, les bons du Trésor et les titres garantis par l’Etat représentent l’essentiel (206 milliards de DH), suivis des obligations privées (49 milliards de DH), des titres de créance négociables (51 milliards) et des titres d’autres OPCVM (18,9 milliards de DH).

Commentaires

0 Commentaire Soyez le premier à donner votre avis

Commentez cet article

Your data will be safe! Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *