Le marché des titres de créance négociables toujours peu dynamique
13 septembre 2017
Loubna Chihab (179 articles)
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Le marché des titres de créance négociables toujours peu dynamique

Les émissions ont chuté de moitié, principalement en raison de la baisse des certificats de dépôt des banques Selon les analystes, il y a arbitrage en faveur d’autres sources de financement, notamment les obligations et les opérations de titrisation Malgré cette baisse d’activité, l’encours s’est redressé de 21%.

Le marché des titres de créance négociables manque toujours de dynamisme, comme en témoignent les dernières statistiques recueillies auprès de Bank Al-Maghrib. Au premier semestre 2017, les émissions de TCN ont totalisé 8,6 milliards de DH, contre 17,05 milliards de DH à la même période de l’année dernière. Cette régression traduit l’arbitrage qu’ont fait les émetteurs cette année, surtout les banques, en faveur d’instruments autres que les TCN, notamment les obligations et opérations de titrisation.

En effet, toutes les catégories de titre sont en recul. Dans le détail, les bons de société de financement enregistrent un retrait de 48%, à 1,4 milliard de DH et les billets de trésorerie se sont établis à 1,2 milliard contre 1,9 milliard l’année précédente. Pour leur part, les certificats de dépôts ont totalisé 5,9 milliards de DH, soit la moitié de ce qui a été réalisé au 1er semestre 2016.

Sur ce dernier compartiment du marché, cinq banques ont levé des fonds au premier semestre. Il s’agit de CIH Bank (10 MDH), du Crédit Du Maroc (250 MDH), de BMCI (512,6 MDH), du Crédit Agricole (607,4 MDH) et de BMCE Bank (4,6 milliards de DH). Les OPCVM ont souscrit pour plus de 80% des titres émis (4,9 milliards de DH), suivis des établissements de crédit et la CDG (567 MDH) et des particuliers (512,6 MDH). Le gros des levées a été fait à court terme avec des taux en légère hausse, variant de 2,6% pour la maturité comprise entre 32 et 92 jours à 3,15% pour celle qui dépasse les 5 ans (2,5% à 3,08% l’année dernière).

Pour les billets de trésorerie, ce sont Résidences Dar Saada (424 MDH) et Alliances Darna (803 MDH) qui ont été actives sur les six premiers mois de l’année, alors qu’en 2016, elles étaient cinq sociétés à lever 1,9 milliard. Les OPCVM ont ramassé le gros des billets de trésorerie (987 MDH), suivis des établissements de crédit (240 MDH). La plupart des émissions ont porté sur des durées de 32 jours à 182 jours, assorties de taux variant de 3,7% à 5,3%. Notons qu’à la même période en 2015, les taux pour cette même maturité variaient de 3,84% à 4,37%.

Quant aux bons de sociétés de financement, ils ont été émis par seulement quatre établissements contre six l’année dernière. Il s’agit de Maghrebail (685 MDH), Eqdom (440 MDH), Salafin (120 MDH) et Wafasalaf (190 MDH). Les OPCVM ont souscrit la quasi-totalité des bons (1,1 milliard de DH) et les établissements de crédit ont couvert le reste, soit 293,3 MDH.

Malgré cette baisse des émissions, l’encours global des titres de créance négociables s’est renforcé de 21%, à près de 63,1 milliards de DH, en raison de l’arrivée à échéance d’un stock important de titres l’année dernière. Il est principalement constitué des certificats de dépôts dont le poids est de plus de 74%, et dont l’encours ressort à 47,4 milliards de DH contre 36 milliards de DH à fin juin 2016. Les bons de sociétés de financement pèsent pour leur part 21%, avec un encours de 13,5 milliards de DH contre 14,9 milliards en 2016. Quant aux billets de trésorerie, leur encours est passé de 1,6 milliard de DH à 2,2 milliards une année après.

L’encours des certificats de dépôts est composé des titres de quasiment toutes les principales banques de la place. C’est BMCE Bank qui dispose du plus grand stock avec près de 13,3 milliards de DH, suivie d’Attijariwafa bank avec 7,6 milliards de DH, Crédit du Maroc avec 7,3 milliards, CIH Bank avec 4,8 milliards, BMCI (4,3 milliards de DH), le FEC (3,6 milliards), SGMA (3,4 milliards), Crédit du Maroc (2,5 milliards), CDG Capital (310 MDH) et CFG Group (100 MDH). Le gros est souscrit par les OPCVM à hauteur de 68% et les établissements de crédit avec 23,6% du montant global. Les particuliers détiennent une part de 5,9% et les assurances et les organismes de prévoyance 2,5%.

L’encours des billets de trésorerie est, lui, constitué des titres d’Alliances Darna (973,6 MDH), Addoha (350,5 MDH), Résidences Dar Saada (454 MDH), Oulmès (200 MDH), Valyans Consulting (10 MDH), Label’Vie (200 MDH) et Dyar Al Mansour (50 MDH). Là aussi les gros souscripteurs sont les OPCVM avec un poids de plus de 77%, suivis de loin des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance qui ont drainé respectivement 240 MDH et 295 MDH.

Enfin, l’encours des bons de sociétés de financement compte principalement les gros du secteur, notamment Eqdom (3,4 milliards de DH), Maghrebail (2,3 milliards), Wafasalaf (2,1 milliards), Sofac (1,4 milliard) et Salafin (1,3 milliard de DH). Ce sont toujours les OPCVM qui arrivent en tête des investisseurs (72%), suivis des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance.

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