L’attentisme prévaut sur le marché boursier
28 mars 2018
Loubna Chihab (224 articles)
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L’attentisme prévaut sur le marché boursier

Le gros des sociétés qui ont publié leurs résultats affichent des bénéfices en progression. Six profits warning annoncés depuis le début de l’année. Malgré l’amélioration de leurs bénéfices, certaines valeurs ne comptent pas distribuer de dividendes.

l’heure où nous mettions sous presse, 26 sociétés cotées ont publié leurs résultats annuels relatifs à 2017. Jusqu’ici, la capacité bénéficiaire globale s’élève à 20 milliards de DH, en hausse de 14% par rapport à 2016. Une croissance portée principalement par le bon comportement de 21 valeurs, notamment de Ciments du Maroc qui a fait mieux que les prévisions du marché, en épongeant ses pertes de 2016. Son profit net est passé de -118 MDH à 1milliard en 2017 ; soit une contribution de 1,1 milliard à la capacité bénéficiaire. Cette progression est exclusivement due à la non-récurrence de la dotation de provision d’impairment test (test de validité : il permet de valider la cohérence entre la valeur nette comptable des actifs incorporels et leur valeur de récupération) dans la participation du cimentier dans Suez Cement Company d’un montant de 1,2 milliard de DH.

Les valeurs bancaires ont également boosté la progression de la capacité bénéficiaire globale en 2017. Ce secteur a évolué, l’année dernière, dans un contexte caractérisé -entre autres- par la confirmation de la reprise de la croissance des crédits et par l’amélioration des risques au Maroc. Attijariwafa bank, dont le RNPG s’est hissé à 5,4 milliards de DH, en hausse de 13,3%, apporte l’équivalent d’une contribution de 634 MDH à l’évolution de la masse bénéficiaire du marché. Une performance soutenue surtout par la consolidation de 8 mois d’Attijariwafa bank Egypt et à l’amélioration organique de l’ensemble de ses pôles d’activité (surtout le pôle Maroc, Europe, offshore).

A un rythme moins soutenu, le groupe Banque Populaire a porté sa masse bénéficiaire à 2,8 milliards de DH (+7,5%), soit une contribution de 200 MDH. Cette performance a été possible notamment grâce à la croissance des activités des filiales spécialisées et internationales.

Cinq sociétés ont vu leurs profits baisser

En face, cinq sociétés ont vu leurs bénéfices reculer. Il s’agit de  Wafa Assurance qui a lâché 20 MDH de son résultat net, soit 819 MDH contre 841 MDH à fin 2016. Une situation attribuable à un repli du résultat Non-Vie de 18% à 786 MDH, en raison principalement de la hausse de la fréquence de sinistres Automobile qui affecte le secteur et du coût de la réassurance.

Involys, qui jusqu’ici est la seule valeur NTIC à avoir dévoilé ses résultats, a bouclé l’année sur une note mitigée. Malgré des ventes en amélioration de 25%, son résultat d’exploitation chute de 51,5%, en raison notamment de la non-récurrence des autres produits de 7,2 MDH relatifs au jugement en appel du projet SIE résilié unilatéralement par le ministère de l’éducation nationale et toujours en cours d’exécution. Dans ces conditions, et comme dévoilé dans son Profit Warning, le résultat net baisse de 40,9% à 4,5 MDH. C’est sans surprise également que Taslif affiche un résultat net en baisse. Avec une hausse de 70,6% de la charge nette de risque et de l’impact du contrôle fiscal dont la société a fait l’objet cette année, d’un montant de 15,5 MDH, le résultat net régresse de 10,2% à 33,3 MDH.

Même mésaventure pour Fenie Brossette qui a accusé une baisse de ses indicateurs financiers, en raison du retrait progressif des métiers à faible marge de son activité, impactant à la baisse son chiffre d’affaires de 5,5%. Et, dans une ample mesure son résultat d’exploitation qui a chuté de 92,9% à 2,7MDH. Au final, comme annoncé dans son Profit Warning, le résultat net creuse ses pertes à -25,2 MDH, contre -10,6 MDH en 2016, suite notamment à la provision pour risques de 13 MDH intégrée dans le contexte de son litige en Côte d’Ivoire. Enfin, Ennakl, a affiché des chiffres mitigés, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7% à 422,6 MTND (1,5 milliard de DH), tandis que son résultat net consolidé, lui, baisse de 5,8% à 29,8 MTND  (soit 112,3 MDH).

D’autres valeurs devront afficher des résultats en berne, à en croire les profits warning publiés. C’est le cas pour IB Maroc qui a alerté sur ses résultats en février dernier qui seraient lourdement sanctionnés suite à la  perte d’un client pesant le tiers de son chiffre d’affaires. Aussi, Promopharm a fait savoir au public que son résultat net devra accuser une baisse d’environ 25%, suite à une probable diminution de son résultat financier, à une forte concurrence sur certains segments du marché privé ayant mené à une baisse des ventes sur ce secteur. Et à l’augmentation des ventes à faible marge au marché public au détriment de celles à meilleure marge à destination du marché privé.

Suite à un dénouement fiscal portant sur un montant de 7,45 MDH, Sothema a annoncé que cette charge exceptionnelle devra impacter ses bénéfices. Résidences Dar Saada fait aussi état d’une baisse de ses revenus d’environ 10%. Une situation expliquée notamment par une conjoncture sectorielle difficile combinée à un revirement stratégique de la part du groupe, visant un renforcement sur le segment moyen standing. Dans ce contexte RDS a démarré seule le développement de son projet moyen standing au centre de Casablanca. Un arbitrage impactant négativement, mais ponctuellement, ses réalisations financières 2017.

Depuis le début de l’année, la performance annuelle de l’indice s’élève à 6%. Mais en décortiquant cette période, il en ressort deux phases distinctes. Une première phase «avant publications» étalée du 02/01 au 01/02, où le MASI s’est renforcé de 7%. Une seconde phase caractérisée par le début des annonces de résultats financiers, du 02/02 au 20/03 (la dernière  séance où nous mettions sous presse), où l’indice a lâché 1% de sa valeur. Quelques profit warning ont cependant coûté cher à certains titres, notamment Résidences Dar Saada dont le cours s’est déprécié, en trois séances, d’environ 16% ou encore IB Maroc qui a vu son cours chuter de 23% en six séances.

Un MASI indifférent…

Quoi qu’il en soit, l’évolution du MASI durant cette période reflète clairement l’attentisme des investisseurs, qui semblent inébranlables face à des résultats bons et d’autres moins bons. «Il faut dire que l’évolution des indicateurs financiers de certaines valeurs ont déjà été intégrés par le marché», explique un analyste.

Une autre raison nourrit l’attentisme du marché, selon un trader. «Malgré une progression à deux chiffres de la masse bénéficiaire des valeurs ayant été publiées jusqu’ici, le marché est déçu par les dividendes de certaines sociétés, notamment Cosumar et Sonasid», commente-t-il

Le sucrier, dont le RNPG a évolué de 5,9%, compte distribuer cette année un dividende individuel de 10 DH, contre 13 DH l’année dernière. Par ailleurs, le conseil propose à l’assemblée générale extraordinaire de créer de nouvelles actions par incorporation des réserves et distribution gratuite d’une action nouvelle pour chaque deux actions anciennes détenues. Sonasid qui renoue avec les bénéfices en affichant un RNPG de 44 MDH, contre -62,5 millions une année auparavant, n’évoque pas de dividende dans son communiqué. Rappelons que depuis 2014, le sidérurgiste n’a plus rémunéré ses actionnaires.

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