« La réforme de la Bourse devrait permettre de créer les meilleures conditions pour attirer les émetteurs »
9 mai 2018
Loubna Chihab (245 articles)
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« La réforme de la Bourse devrait permettre de créer les meilleures conditions pour attirer les émetteurs »

Entretien avec Fadwa Housni, DG BMCE Capital Research. « La place souffre surtout d’un niveau de valorisation relativement cher en comparaison avec ses pairs à l’international . »

En ligne avec sa stratégie de déploiement africaine GINA -Grow in Africa- de sa Banque d’affaires, BMCE Capital Research, le Bureau de Recherche de BMCE Capital a lancé dès 2013 une couverture panafricaine, via African Securities Network-ASN® qui a pour dessein de regrouper plusieurs opérateurs de Recherche indépendants et de fédérer leurs publications sous une marque panafricaine ombrelle pour mutualiser les efforts et donner accès aux investisseurs locaux et internationaux simultanément à une multitude de marchés boursiers africains.
Fadwa Housni, DG de BMCE Capital Research, explique les soubassements de cette ouverture panafricaine et sa vision du marché boursier marocain.

Quel regard portez-vous sur le marché boursier marocain ?
Depuis 25 ans que de chemin parcouru. Il est vrai que notre marché continue de souffrir de plusieurs problématiques liées essentiellement à la liquidité et à un manque de papier frais, mais il n’en reste pas moins que l’édifice a pris de la bouteille et se positionne en tant que troisième marché africain de par sa taille et sa liquidité.
De même, nous pensons que la mise en œuvre en cours de la réforme de la Bourse de Casablanca devrait permettre de pallier un grand nombre de problèmes, notamment via la création de meilleures conditions d’attrait des émetteurs vers les différents compartiments de la Bourse. Ce serait, selon nous, le meilleur moyen de régénérer l’attractivité de la place qui souffre surtout d’un niveau de valorisation relativement cher en comparaison avec ses pairs à l’international, même si ses perspectives à moyen et long terme restent de loin excellentes.

Sur un autre aspect, la réglementation évolue constamment. Quels sont les premiers effets de l’entrée en vigueur de MIFID II ?
Pour rappel, MIFID II (Markets in Financial Instruments Directive) est une directive européenne qui instaure à partir de 2018 une séparation dans la facturation entre les fees du brokerage et ceux de la recherche dans le but principalement de garantir aux analystes une plus grande indépendance.
C’est notamment en anticipation de cette directive que le top management de BMCE Capital a adopté un profil avant-gardiste, optant pour une filialisation de la Ligne Métier Research afin de pouvoir fournir une offre adaptée, particulièrement sur le volet réglementaire, aux investisseurs internationaux qui y sont assujettis.
Plus globalement et pour les Bureaux de Recherche marocains qui n’adressent pas le marché à l’international, l’impact est pour le moment beaucoup moins important dans la mesure où le régulateur local n’impose rien de pareil. Ceci étant, ils devraient capter progressivement des revenus de la part des investisseurs européens actifs sur le Maroc.

Quelles sont précisément les particularités de BMCE Capital Research ?
Son capital humain, riche de plusieurs années d’expériences et dans ses bases de données constituées sans interruption sur les 25 dernières années.
Notre Bureau de recherche se distingue également par sa capacité de couverture, la plus large au Maroc, avec un scope de plus de 100 valeurs dont 40 cotées ainsi que par la spécialisation sectorielle de son équipe composée d’une dizaine d’analystes. Et tout cela transparaît au niveau tant de la quantité et de la récurrence des publications que de leur qualité.
Au-delà, nous offrons également une couverture panafricaine rendue possible grâce à la mutualisation de nos différentes équipes entre Casablanca, Tunis et Abidjan avec l’ambition d’élargir encore davantage notre présence sur d’autres marchés boursiers africains à potentiel.
Sur le plan juridique et pour bien accompagner cette mue, notre structure a été transformée dès fin 2014 en filiale avec son propre statut juridique et ce, dans la perspective de devenir à terme un centre de profit pour le pôle BMCE Capital.

Comment s’organise votre couverture panafricaine ?
Depuis 4 ans, BMCE Capital Research a créé sa propre marque panafricaine sous le nom d’African Securities Network – ASN® avec pour objectif de produire et de co-brander de la Recherche provenant d’un réseau de Bureaux de Recherche regroupés sous ce vocable.
Aujourd’hui, ce réseau comprend bien sûr BMCE Capital Research ainsi que nos antennes à Tunis et à Abidjan, composées de relais locaux, produisant sous un même canevas et adoptant les standards les plus évolués en la matière. A cet effet, des teams sectoriels ont été constitués pour mieux suivre et recouper l’information au niveau continental, de même que plusieurs publications ont été lancées telles que l’African Markets Review et l’Africa Stock Guide.

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