La CIMR confirme la pérennité  de son régime
7 juin 2017
Loubna Chihab (130 articles)
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La CIMR confirme la pérennité de son régime

Le nombre des affiliés à la caisse a progressé d’environ 3,5%. La réserve de prévoyance équivaut à 9,87 années de prestations. La CIMR élargit sa cible en s’ouvrant aux non-salariés.

La Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) confirme sa résilience dans un contexte économique et financier peu encourageant. Au titre de l’année 2016, le nombre des affiliés à la caisse a progressé d’environ 3,5%, atteignant un effectif global de 615 934 personnes, répartis entre 333 646 actifs cotisants et 282 288 bénéficiaires. En parallèle, 625 nouvelles entreprises ont adhéré à la CIMR au profit de 7 648 affiliés. Pour rappel en 2015, la caisse avait enregistré l’adhésion de 706 nouvelles entreprises.

Le nombre d’actifs cotisants a progressé de 4,2% par rapport à 2015, «dépassant l’hypothèse retenue pour l’élaboration du bilan actuariel annuel, qui fixe l’évolution minimale annuelle du nombre d’actifs à 0,5% pour assurer le maintien de l’équilibre du régime», précise la CIMR. En outre, 164 435 personnes ont bénéficié d’une pension de retraite. «La CIMR joue un rôle social important. L’année dernière, elle a servi 3,78 milliards de DH de pensions, soit une hausse de 4,7% sur un an», a précisé Khalid Cheddadi, PDG de la Caisse.

Dans ces conditions, les produits techniques se sont appréciés de 15%, à 7,7 milliards de DH au moment où les charges techniques se sont alourdies de 17%, à 5,5 milliards de DH. Du coup, le résultat technique a enregistré une hausse de 6,8% pour se situer à 2,2 milliards de DH, soit un taux de couverture de 140%, perdant ainsi 4 points par rapport à 2015. Notons que le bon comportement du marché financier en 2016 a impacté positivement les résultats de la CIMR. Son résultat financier issu des placements a augmenté de 28,5% pour s’élever à plus de 2,6 milliards de DH. Il inclut une amélioration des produits de placement de 22,5%, à 3,3 milliards de DH. Les charges de placement se sont certes alourdies de 4,5%, mais leur faible niveau (721 MDH) n’a pas affecté le résultat financier.

«Le portefeuille CIMR est estimé, en valeur de marché, à 53,49 milliards de DH à fin 2016», indique le top management. Une année auparavant, le portefeuille était valorisé à 44,8 milliards de DH. Par classe d’actifs, les actions représentent 30,6 milliards de DH, soit un poids de 57,4% (contre 56% en 2015). Pour leur part, les actifs obligataires drainent un montant de 20,4 milliards de DH, soit 38,2% (contre 39,5% en 2015). Dans une moindre mesure, les placements alternatifs dans les secteurs de l’immobilier et des infrastructures ont totalisé un montant de 2,3 milliards de DH (contre 1,9 milliards en 2015). Rappelons que dans le cadre de son étude d’allocation stratégique effectuée tous les 3 ans, la caisse ne prévoit pas d’investir davantage en bourse. La stratégie de placement devra continuer à se concentrer sur l’infrastructure et l’immobilier. Concernant ce dernier segment d’investissement, la CIMR compte intervenir dans des projets de développement immobilier ou dans l’immobilier locatif. Notons également que le passage sous la tutelle de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) pourrait entraîner des modifications dans la politique de placement de la CIMR.

Un taux de rendement de 3,5% servi en 2016

Au final, l’excédent d’exploitation a totalisé un montant de plus de 4,7 milliards de DH, en hausse de 17%. Ce résultat vient renforcer la réserve de prévoyance qui s’élève à 45 milliards de DH. «Elle équivaut à 9,87 années de prestations», affirme Khalid Cheddadi. Au vu de ces résultats, la caisse a fixé son taux de rendement servi en 2016 à 3,5%.

Notons que l’année dernière était charnière pour la caisse, notamment suite au lancement des travaux de mise en œuvre du projet de transformation du cadre juridique pour passer sous le statut d’une société mutuelle de retraite. En procédant ainsi, la caisse se soumet au contrôle de l’ACAPS qui va à la fois édicter des règles prudentielles, procéder aux contrôles prévus par la loi et s’assurer que les engagements de la CIMR sont respectés.

Cette transformation impliquera de profonds changements dans les statuts et règlement général de retraite, ainsi que l’élargissement du périmètre d’intervention. Jusqu’ici, la souscription au régime se limitait aux salariés des entreprises adhérentes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans le cadre des changements opérés, la CIMR a introduit un nouveau produit destiné aux personnes physiques souhaitant y adhérer à titre individuel. En effet, «Al Moustakbal Individuel» s’adresse aux travailleurs indépendants, aux salariés du secteur privé ou public, et aux personnes exerçant une profession libérale. Ces personnes peuvent effectuer un versement mensuel à leur rythme (avec un minimum exigé de 200 DH). La CIMR estime la population cible entre 5 et 6 millions de personnes. La souscription à l’offre sera dématérialisée et une application sera disponible à partir de septembre 2017. Cette ouverture permettra, selon les prévisions de la caisse, d’améliorer davantage sa pérennité.

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