Tourisme interne : Une région à mettre en valeur
3 août 2017
Wiam Markhouss (220 articles)
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Tourisme interne : Une région à mettre en valeur

L’Oriental, ce n’est pas seulement Saïdia et sa station. L’arrière-pays regorge de richesses à découvrir.

Des kilomètres de plages, de sable fin, des villes à l’histoire authentique, l’une des plus belles stations balnéaires de la Méditerranée, des golfs, des oasis et ksours, un arrière-pays riche… La région de l’Oriental ne manque pas d’atouts touristiques. Malgré sa vocation agricole par excellence (connue pour ses 4 produits de terroir: les célèbres clémentines de Berkane, des néfliers de Beni Znassen, les dattes Aziza et le mouton Beni Guir…), elle se tourne depuis quelques années  vers le tourisme balnéaire. Et ce, grâce à la station balnéaire Saïdia inaugurée en 2009. «Aux yeux de tous les observateurs, la station balnéaire de Saïdia est un échec. Mais pour la région de l’Oriental, c’est une locomotive touristique et un grand acquis. Malheureusement, jusque-là, elle a manqué de vision stratégique et de politique commerciale et marketing», déclare Youssef Zaki, président du Conseil régional du tourisme de l’Oriental (CRT).

Malgré tout, les projets hôteliers ne manquent pas parce que la capacité critique de 10000 lits apte à être commercialisée par les TO n’est pas encore atteinte. En attendant, la station de Saïdia concentre près de la moitié de la capacité hôtelière de la région estimée à 10 058 lits à fin 2016. Avec 5 hôtels réalisés (au lieu de 9 programmés), la station totalise 4300 lits dont 1200 lits non opérationnels de l’hôtel Oriental Beach fermé depuis 3 ans. En 2017, deux hôtels réunissant 1100 lits (Melia Saïdia Beach de 397 chambres et Melia Saïdia Garden de150 chambres) y ouvriront leurs portes. L’Aquapark de la station sera livré en août de la même année et un appart hôtel 5* de 350 lits en 2018.

Pour rentabiliser tous ces investissements, il va falloir cependant rompre avec la saisonnalité chronique qui caractérise l’activité de cette station. De fin juillet et jusqu’en août, la station étendue sur 14 km de plage est bondée. Touristes nationaux et surtout MRE, mais aussi portugais (première clientèle étrangère de Saïdia), tchèques, espagnols et bientôt russes (attendus en 2018) affluent vers les différents hôtels et hébergement de Saïdia. «Le taux d’occupation des établissements atteint 80 à 90% pendant l’été», assure M. Zaki. Mais le reste de l’année, l’activité tourne au ralenti. Mais il y a un léger mieux par rapport aux premières années d’exploitation. «La bonne nouvelle réside dans l’ouverture durant toute l’année des deux hôtels de la chaîne espagnole Sol Melia à Saïdia», affirme Mohammed Melhaoui, consultant en tourisme durable au CRT de l’Oriental. Les autres établissements ouvrent deux mois avant le début de la saison touristique et ferment deux mois après. Ce qui correspond à une saison prolongée d’avril à octobre ou six mois.

Saïdia souffre toujours de la saisonnalité de l’activité

Selon le directeur du CRT de l’Oriental, «le palais des congrès de la station balnéaire de Saïdia, encore en état de projet, permettra de booster le tourisme d’affaires et par conséquent les taux d’occupation des hôtels».

Autre idée pour faire durer la saison : accueillir les clubs de football pour des stages de concentration. Pour le moment, le projet de complexe sportif n’est pas encore réalisé. Mais la Fédération royale marocaine de football (FRMF) construira une école de football dans la station. «Les travaux seront entamés début septembre. Le but est d’accueillir des équipes pour des stages de concentration en les hébergeant dans les hôtels de la station», explique le directeur du CRT de l’Oriental.

L’autre sport pratiqué à Saïdia est le golf. La station est devenue une véritable destination golfique grâce à un premier 18 trous opérationnel et un deuxième qui sera inauguré dans 2 à 3 mois, sans compter le golf de la péninsule Atalayoun, réalisé par MarchicaMed près de Nador.

Ce produit golfique méditerranéen fait toutefois face à une concurrence qui vient de Mellilia. «Dans l’enclave espagnole, un mini-golf de 9 trous subventionné par l’Union Européenne a vu le jour au prix de 5 euros la séance. Il attire la clientèle qui jadis était adepte du golf de Saïdia. De plus, les visiteurs de la station balnéaire qui atterrissent à l’aéroport de Mellilia en profitent pour visiter la ville espagnole pendant 2 à 3 jours avant de rejoindre Saïdia où les prix sont bas», déplore le directeur du CRT. En quelque sorte, l’enclave espagnole profite de la proximité de la station. Mais il se trouve aussi que beaucoup d’Espagnols arrivent de cette ville pour séjourner dans la station.

Pour les petites bourses, des appartements sont proposés à la location dans le centre-ville de Saïdia à des prix plus abordables.

Promouvoir l’arrière-pays pour diversifier l’offre

La plage n’est pas la seule attraction de la région. Les responsables du tourisme veulent mettre en avant la richesse de l’arrière-pays et encourager les touristes en all inclusive à quitter leur hôtel du moins pour quelques heures. Un contrat programme portant sur le développement de l’arrière-pays signé en juin 2013 n’a pas encore été concrétisé. Le CRT n’est pas pour autant resté inactif. Il a élaboré cinq circuits touristiques pour visiter l’arrière-pays au départ de Saïdia en cours de commercialisation dans les agences de voyages de la région.

Ces circuits permettent de découvrir la région de Nador, la lagune de Marchica et le Cap des trois-fourches mais aussi la région de Beni Znassen où on retrouve la vallée et les gorges de Zegzel, les grottes du chameau et des pigeons. D’autres circuits sont dédiés à la randonnée. Le 4e circuit permet de découvrir la médina d’Oujda et ses monuments historiques. Le dernier, organisé en deux jours, est une escapade à Figuig dévoilant ses ksours, ses palmeraies et le désert des hauts plateaux. Le Sahara oriental est également accessible par le mythique train hôtel «l’Oriental désert express». «Ce train qui fait le trajet entre Oujda et Bouarfa (320 km) est un produit très demandé. Nous avons proposé à l’ONCF de rénover une partie du train sous forme de restaurant et wagon-lit et consacrer le dernier wagon à la sécurité. Nous espérons également trouver une société gestionnaire. Pour le moment, le train circule sur commande. Seule une agence spécialisée dans le marché suisse arrive à générer assez de revenus pour rémunérer l’ONCF et réaliser une marge», explique Ahmed Toulout, directeur au CRT de l’Oriental. L’office exige en effet entre 90 000 et 100 000 DH pour le trajet aller-retour. D’où l’idée ou la nécessité d’attirer des touristes haut de gamme pour ce produit.

«Ce patrimoine mobile mérite d’être préservé et mieux promu. Ainsi, dans le cadre de la promotion, le CRT a accompagné récemment la chaîne de TV britannique Channel 5 pour un reportage sur la traversée du désert à bord de ce train», ajoute M. Toulout.

Pour le tourisme religieux, Madagh, une bourgade dans la province de Berkane, abrite la Zaouia Kadiria Boutchichia. Elle reçoit pendant une semaine, lors de la fête du Mouloud (naissance du Prophète), des dizaines de milliers d’adeptes de la confrérie. «Pendant une semaine, tous les hôtels de la région, que ce soit à Berkane, Oujda, Madagh ou leurs environs, affichent complet, sans compter le dynamisme créé pour les commerces et les transporteurs. Des adeptes affluent des Etats-Unis, d’Argentine, du Vietnam, de Tchétchénie ou encore d’Afrique et d’Europe. Et pour cause, c’est la première Zaouia soufie au monde. Pour renforcer l’attrait de la région, on compte organiser un festival du soufisme à Madagh», annonce le CRT de la région. Un hôtel est même en cours de réalisation à Madagh. Il sera mitoyen à la Zaouia.

Autre communauté influente: celle des juifs de Debdou. Ce village de la province de Taourirt accueille chaque année, en pèlerinage, les descendants de la communauté juive marocaine originaire d’Andalousie établie là-bas depuis des siècles. Pour encourager plus de juifs marocains, venus des quatre coins du monde, à visiter Debdou, le CRT cherche la liste des anciens pour les répertorier et pouvoir les contacter.

Le CRT de la région de l’Oriental prépare un film institutionnel de promotion de l’Oriental d’une durée de 15 minutes. L’agence en charge de ce projet a été désignée et dispose de 6 mois pour réaliser ce film. En outre, un site web sera lancé prochainement, sans compter une carte touristique numérique, une photothèque et des brochures en 4 langues. Le CRT participe également dans les principaux salons du tourisme à l’étranger, notamment le Fitur de Madrid, le salon Top Resa de Paris, l’ITB Berlin et le MITT de Moscow.

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