Le partage et le collaboratif au cœur de l’activité des juristes
3 mars 2017
Axel Jurgensen (6 articles)
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Le partage et le collaboratif au cœur de l’activité des juristes

Les outils de recherche mis à disposition des juristes sont sans cesse plus accessibles, rapides et puissants. Dans un tel environnement, le pouvoir n’est plus au juriste qui détient l’information mais à celui qui la partage avec la bonne personne au bon moment.

Axel Jurgensen
Associé et Responsable Afrique, Day One

Pour assumer son double rôle de «business partner» et de «gardien du temple», le directeur juridique de demain devra donc être celui qui permet d’échanger, d’innover et d’anticiper, dans l’intérêt de l’entreprise. Cela suppose la mise en place d’une véritable politique de knowledge management, selon 4 axes de partage essentiels.

D’abord, les juristes doivent apprendre à échanger entre eux : travailler davantage en équipe afin de pouvoir profiter de l’expérience de chacun. Pour ce faire, certaines directions juridiques mettent en place des comités par secteur du droit chargés de la veille et de l’échange de bonnes pratiques, d’autres imaginent des groupes de travail transversaux au droit mais verticaux par rapport à un client, d’autres encore créent des communautés virtuelles… Ainsi les juristes sont-ils en mesure de déterminer ensemble les clauses-type et modèles à créer, les formations à organiser, les astuces à imaginer et le type de veille à structurer.

Ensuite, le juriste doit partager avec les clients internes. Il doit ainsi sortir de son bureau et échanger au quotidien avec ses clients internes sur leurs métiers, leurs principaux enjeux et leurs préoccupations. La mise en place d’une planification des principales actions du département juridique en partant des besoins business du client, la réalisation de reportings réguliers axés sur des indicateurs de performance et l’instauration de réunions périodiques de suivi avec les clients internes sont autant de moyens complémentaires de réaliser cet objectif.

Les juristes doivent également échanger davantage avec leurs conseils externes. Les avocats, par définition, voient beaucoup plus de cas différents dans un domaine de droit que les juristes internes. Les juristes peuvent se nourrir de cette différence pour mieux anticiper les sujets. Demander à ses avocats de venir faire un état des lieux des pratiques et situations qu’ils rencontrent dans d’autres entreprises sur des problématiques similaires peut ainsi être une source d’innovation efficace, de même que leur demander la mise en place d’une veille dédiée, qui pourra permettre de mieux répondre aux besoins exprimés par les clients internes.

Enfin, le juriste doit échanger avec des parties prenantes externes de l’entreprise : clients de l’entreprise, analystes, partenaires, consultants, monde académique, législateur, et bien évidemment d’autres directeurs juridiques. Il devra échanger avec plusieurs de ces parties prenantes, dans son propre pays mais aussi éventuellement dans d’autres juridictions clés, afin d’appréhender dans sa globalité l’écosystème de l’entreprise. C’est à ce prix qu’il pourra véritablement prétendre jouer son rôle de développeur de l’intelligence juridique.

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