Nous voulons amener plus de PME à adhérer à une démarche RSE
8 mars 2017
Ibtissam Benchanna (687 articles)
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Nous voulons amener plus de PME à adhérer à une démarche RSE

La CGEM pousse les entreprises à développer leurs pratiques RSE sur des sujets tels que la culture de l’achat responsable, la gestion et valorisation des déchets, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, du respect des droits de l’Homme dans la chaîne d’approvisionnement…

La charte RSE de la CGEM a été révisée récemment. Quelles sont les principales nouveautés ?

Notre charte a été adoptée par les instances décisionnelles de la confédération en décembre 2006. Depuis cette date, il y a eu une évolution dans l’environnement de l’entreprise à l’échelle nationale et internationale et une demande de plus d’engagements des entreprises, notamment sur des préoccupations et des défis mondiaux à relever, à titre d’exemple :

• l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies des «Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme», en juin 2011.

• l’engagement du Maroc et 193 Etats membres de l’ONU, en septembre 2015, pour la réalisation des 17 «Objectifs du développement durable» des Nations Unies pour la période 2015-2030.

• la finalisation en cours par l’OCDE du projet sur «La diligence raisonnable en matière de conduite responsable des entreprises», qui traite de la responsabilité des entreprises sur le respect des droits de l’Homme dans leur chaîne d’approvisionnement.

• la tenue de la COP 21 & COP 22, définissant aussi la responsabilité des entreprises et leur contribution pour la lutte contre les changements climatiques.

Au niveau national on peut citer :

• la nouvelle Constitution de 2011 mentionnant la diversité, l’égalité des chances, la parité, les droits de l’Homme sur les volets culturels, économiques, sociaux, environnementaux…

• le débat sur la question des délais de paiement avec en janvier 2016, l’adoption de la charte de «Bon payeur» de la CGEM et en septembre 2016, l’adoption de la loi 49-15, BO 6501 sur les délais de paiement.

• la promotion des bonnes pratiques pour une meilleure gouvernance des entreprises.

• la mobilisation des entreprises sur certaines causes d’intérêt général en raison de leur impact sur la société marocaine dont le mécénat de compétences, la formation, l’emploi et employabilité des jeunes…

La plupart de ces thématiques ont été intégrées dans la nouvelle Charte qui a été adoptée lors du dernier Conseil d’Administration de la CGEM, après une large consultation des parties prenantes.

Quel rôle joue la CGEM pour pousser les entreprises à adopter une démarche RSE ?

Notre rôle est d’abord la vulgarisation du concept de la RSE, puis la sensibilisation des entreprises sur l’impact positif d’une démarche RSE sur leur gestion. Dans ce sens, nous avons organisé depuis octobre 2016 des sessions de formation gratuite sur la RSE au profit des entreprises désireuses d’avancer sur le sujet, en les accompagnant dans l’appropriation et l’opérationnalisation de leur démarche. Nous avons commencé par trois régions (Oriental, Nord et Centre) et nous poursuivons ces formations vers les autres CGEM Régions.

Notre rôle est aussi d’informer et proposer des outils aux entreprises. C’est pourquoi nous avons développé un site didactique entièrement dédié à la RSE (www.rse.cgem.ma), lancé en juin 2016.

Nous avançons également sur des sujets très sensibles tels que l’inclusion des personnes en situation de handicap dont un guide a été publié en janvier 2017. Le projet «Wad3éyati» pour la promotion de l’égalité des chances H/F au sein des entreprises avec un accompagnement gratuit des entreprises est en cours de déploiement. Nous travaillons aussi avec les entreprises sur la question de leur engagement envers la communauté et la structuration de leur démarche sociétale par le choix de leurs partenaires associatifs et les sujets les plus adaptés en fonction de leur secteur d’activité. Un guide est en cours de rédaction sur cette question.

Par ailleurs, nous poussons les entreprises à développer leur pratique RSE sur des sujets tels que la culture de l’achat responsable, la gestion et valorisation des déchets, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, du respect des droits de l’Homme dans la chaîne d’approvisionnement… Parallèlement, nous voulons amener à la CGEM plus de PME à adhérer à la démarche, notamment à travers le partenariat établi avec Maroc PME.

Comment se mesure l’impact de l’adoption d’une démarche RSE au sein d’une entreprise ?

L’impact d’une démarche RSE sur une entreprise engagée se mesure à travers de multiples résultats attendus. On peut citer entre autres la qualité du dialogue et du climat social au sein de l’entreprise, la productivité des employés, la diminution du turn-over et l’attractivité en termes de talents, la confiance des bailleurs de fonds et des organismes financiers pour le financement et l’octroi des crédits, l’utilisation rationnelle des ressources, la diminution des déchets par leur recyclage, la confiance des donneurs d’ordre et le gain en compétitivité, la satisfaction des consommateurs et des clients, la reconnaissance par la communauté avoisinante… C’est pourquoi l’intérêt de la RSE ne faiblit pas au fil des années. Bien au contraire, les entreprises y trouvent un intérêt économique et c’est ce qui explique leur engagement sans cesse renouvelé et renforcé.

Un projet reliant la CGEM et le PNUD pour la mise en place du «Réseau Pacte Mondial Maroc» est en cours. En quoi consiste-t-il et dans quel but ce pacte sera-t-il lancé ?

Le Pacte Mondial des Nations Unies, à travers ses dix principes sur lesquels s’engagent les entreprises, invite celles-ci à adopter, soutenir et appliquer dans leur sphère d’influence un ensemble de valeurs fondamentales, dans les domaines des droits de l’homme, des normes de travail, de l’environnement et de lutte contre la corruption. C’est l’un des instruments internationaux en termes de RSE. C’est pourquoi notre rapprochement avec le PNUD sur ce projet est tout naturel.

Les entreprises de par le monde adhèrent à ce pacte et communiquent annuellement sur leurs réalisations à travers la plateforme du pacte, marquant ainsi leur engagement pour un développement responsable. Plusieurs pays ont mis en place des réseaux pays locaux qui regroupent les entreprises et les organisations adhérentes. L’objectif est multiple : il s’agit de faire connaître le pacte mondial à l’échelle locale pour une plus grande adhésion des entreprises. Il s’agit également de partager leurs expériences et pratiques et de les faire connaître dans le cadre du réseau pays à l’échelle mondiale, notamment à l’occasion des rencontres internationales ou régionales organisées par le siège du Pacte Mondial basé à New York, ou à travers les publications du pacte qui sont diffusés mondialement.

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