Préscolaire : l’association Oum El Ghait s’active à Sidi Moumen et Sidi Bernoussi
9 juin 2017
Aziza belouas (1377 articles)
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Préscolaire : l’association Oum El Ghait s’active à Sidi Moumen et Sidi Bernoussi

1 500 enfants des deux quartiers ont déjà bénéficié du programme de l’association. Cinq cents d’entre eux ont intégré les classes normales. En plus du partenaire historique Michoc, Cooper Pharma Sérima, Atlanta, l’UIC et le groupe Goldfin apporteront leur soutien financier dès la prochaine rentrée.

Assurer une éducation préscolaire à 2000 enfants âgés de 4 à 6 ans dans les quartiers de Sidi Bernoussi et Sidi Moumen à l’horizon 2018. Tel est l’objectif de l’Association Oum El Ghait qui, depuis sa création en 2013, œuvre à assurer une éducation de qualité aux enfants de ces quartiers. L’association affirme aujourd’hui que l’objectif retenu dans son programme d’action 2013-2018 a toutes les chances d’être atteint. Selon le bilan 2016-2017, près de 1 500 enfants bénéficient du programme de préscolarisation qui est mené, depuis 2013, dans 41 écoles dans les deux quartiers précités. Et pour attester du succès du programme, 500 bénéficiaires ont intégré 14 classes normales au sein de 12 établissements publics. Par ailleurs, le programme a également permis la formation de 100 éducatrices ainsi que la sensibilisation des familles. 

L’association s’est focalisée, dès sa création, sur l’éducation préscolaire en raison du déficit constaté à Sidi Moumen et Sidi Bernoussi, deux quartiers caractérisés par des indicateurs socio-économiques difficiles : sur une population de près de 628 000 habitants, on enregistre un taux d’analphabétisme de 25,7% et un taux d’inactivité chez les femmes de 79%. En ce qui concerne la situation du préscolaire, le taux de préscolarisation informelle est de 91% dans ces deux quartiers. «Les unités informelles échappent à tout contrôle et à l’appui de l’Etat, les conditions d’accueil sont inadaptées, les éducatrices sont non qualifiées et les parents sont absents et ne jouent aucun rôle éducatif auprès de leurs enfants», expliquent les responsables de l’association. C’est pour toutes ces raisons que Michoc, société de confiserie implantée dans cette région, a fait appel à l’association Oum El Ghait pour mettre en place une stratégie de développement et assurer une éducation de base de qualité dans ces arrondissements dont la précarité est notoire. «Le préscolaire est venu à moi par la confiance de la société Michoc, partenaire historique de Oum El Ghait», avance Amal Kadiri Berrada, présidente de l’association. C’est comme cela qu’a commencé le partenariat de ces deux entités qui sont, explique Mme Kadiri, «convaincues que le développement de l’enfant est inhérent à l’implication du parent sous son rôle de premier éducateur. Oum El Ghait adopte d’ailleurs un programme d’ateliers parentaux comme axe stratégique de développement. Dans cet esprit et dans une perspective de respect de l’égalité et de lutte contre la pauvreté, la mission de l’association s’inscrit dans le développement d’une éducation préscolaire de qualité en établissements publics dans les quartiers de Sidi Moumen et Sidi Bernoussi».

Principalement financé par Michoc, ce programme aura à la rentrée scolaire 2017-2018 de nouvelles sources de financement qui viendront renforcer cette chaîne de solidarité citoyenne. Ainsi, Cooper Pharma Sérima, Atlanta, l’UIC et le groupe Goldfin rejoignent cette aventure en faveur du préscolaire. Leur contribution permettra la création de six nouvelles classes d’une capacité d’accueil de 240 élèves et la création d’un espace pédagogique préscolaire pilote. Il importe de souligner que le programme de l’association Oum El Ghait se fait également en partenariat avec l’INDH étant donné que sa stratégie s’articule, souligne Mme Kadiri Berrada, autour d’une synergie tripartite : institutionnel, privé et associatif.

230 familles ont bénéficié du programme d’accompagnement parental

Concrètement, les enfants sont accueillis dans des classes appartenant aux établissements publics des deux quartiers. Ces classes sont équipées par l’association Oum El Ghait qui assure un aménagement adapté aux normes de qualité du préscolaire. La formation des éducatrices est à la charge de Atfale (Alliance de travail dans la formation et l’action pour l’enfance). Ce partenaire pédagogique de Oum El Ghait met à disposition sa «Collection Atfale pour le préscolaire», élaborée par des chercheurs universitaires et des spécialistes du préscolaire. Il s’agit de propositions relatives aux questions pratiques et théoriques qui se posent à un éducateur du préscolaire. Ainsi, Atfale met en avant une conception élargie du langage et de la communication au préscolaire, le renforcement des matières et des activités d’éveil ainsi que l’ouverture sur les problématiques de la société marocaine notamment l’accès à la santé et le respect de l’environnement et des ressources naturelles.

Enfin, pour une implication des parents dans l’éducation des enfants, un autre partenaire intervient : Aya qui œuvre à maximiser le potentiel de réussite scolaire de l’enfant. Et cela passe, selon l’association, par des actions d’accompagnement du parent dans le rôle éducationnel. Aya organise des ateliers thématiques, notamment le code de la famille, la femme et le développement, la femme et la politique, la santé de la mère et de l’enfant, la prévention contre les maladies transmissibles et l’environnement.

Selon le dernier bilan du programme de l’éducation parentale et de qualification aux activités génératrices de revenu, plus de 230 familles ont bénéficié, en 2016-2017, de ces ateliers de sensibilisation. Alternativement, selon les responsables de l’association, les parents bénéficiaires du programme sont qualifiés aux actions génératrices de revenu. Au-delà d’une connaissance de base, les parents, principalement des femmes, sont formées aux métiers de la pâtisserie et de la couture, deux créneaux porteurs dans la zone. «Ainsi, la mère se retrouve soutien économique pour son enfant», explique Amal Kadiri. En 2016-2017, 75 parents ont bénéficié d’une formation aux métiers de la pâtisserie et de la couture. Et le programme parental sera renforcé, l’année prochaine, par la mise en place formalisée des réunions de parents d’élèves afin de permettre un plus grand contact entre les éducateurs et les parents.

700 nouveaux élèves seront accueillis à la prochaine rentrée scolaire

Pour la prochaine rentrée scolaire, 700 nouveaux enfants devraient bénéficier du programme de l’association grâce à la création de 18 salles de classes supplémentaires dans 14 établissements publics. Ce qui portera le nombre global de bénéficiaires à plus de
2 000. Ces enfants préscolarisés seront accueillis dans 59 établissements dans les zones de Sidi Moumen et de Sidi Bernoussi. 

Et pour renforcer son action pour la préscolarisation et la lutte contre la précarité, l’association Oum El Ghait a signé en 2017 une convention cadre avec le centre de l’Initiative national pour le développement humain de Sidi Moumen pour la création d’un centre pédagogique préscolaire pilote dont l’inauguration est programmée pour la rentrée scolaire 2019-2020.  Ce centre assurera plusieurs fonctions, notamment la sensibilisation et la formation des éducatrices du préscolaire, la documentation et la production pédagogiques, la fabrication des supports pédagogiques, le prêt des livres aux enfants et l’éducation parentale. Il est destiné à tous les parents et aux enfants préscolarisés dans les classes mises en place par l’association Oum El Ghait, les coordinatrices et les éducatrices.

Selon une étude du ministère de l’éducation nationale, le taux national de préscolarisation n’est que de 59% et cache de fortes disparités : seuls 34% des enfants en zone rurale accèdent au préscolaire, et seules 25% des petites filles entrent en classe préscolaire ! Par ailleurs, le préscolaire moderne représente 19,6%, dont 9,6% de structures publiques, et le traditionnel 80,4%. Les pouvoirs publics estiment qu’il faut tenir compte de ces déséquilibres de l’offre qui devraient être corrigés dans le cadre d’une stratégie nationale du préscolaire. Actuellement, l’offre préscolaire est essentiellement privée. L’intervention du ministère de l’éducation nationale demeure limitée à des salles situées dans des écoles primaires et faisant office de crèches gérées le plus souvent par des associations. Ce qui explique, si l’on revient aux conclusions de l’étude ministérielle, que 40,3% des enfants âgés de 4 en 6 ans sont exclus du préscolaire sur une population potentielle de 1,2 million d’enfants. Plus grave encore, on pourra également retenir que le nombre de salles affectées a accusé une baisse importante durant les trois dernières années. Elles ne sont plus que 14 012 contre 18 826 il y a quatre ans. Le ministère de l’éducation nationale a procédé à la fermeture d’un certain nombre de salles qui n’ont pas été remplacées. Comme l’association Oum El Ghait, la Fondation Zakoura, animée par le respect de l’égalité et la lutte contre la pauvreté a lancé, pour sa part, une nouvelle formule pour financer la création d’écoles de préscolaire : Preschool Heroes 75 qui repose sur une démarche solidaire et responsable grâce à laquelle, en collectant la somme de 300 000 dirhams, une communauté peut créer une école de préscolaire selon le modèle ANEER de la Fondation Zakoura. A titre d’exemple, pour une communauté de 75 amis, familles ou collègues, la contribution individuelle est de 4 000 dirhams (en une, deux ou quatre fois). Plus les membres de la communauté sont nombreux, plus la contribution individuelle baisse. C’est une initiative inscrite dans le cadre de l’Action nationale pour l’éducation de la petite enfance en zone rurale. Les trois premières entreprises partenaires de la Fondation Zakoura sont Shem’s publicité, Dislog Group et Maghreb Steel. En février dernier, la première école financée par les collaborateurs de Shem’s Publicité a ouvert ses portes dans le douar Ouled Bourguiaa, province de Sidi Bennour. Pour les deux entreprises partenaires, les écoles ouvriront à la prochaine rentrée scolaire.

Le préscolaire a toujours été porté par les ONG et les initiatives privées. Selon les statistiques du ministère de l’éducation nationale, 90% des enfants en préscolaire sont inscrits dans des établissements privés. Et c’est pour corriger cela que le Conseil supérieur de l’éducation a élaboré une feuille de route pour ce niveau scolaire car il s’agit d’une phase importante dans la vie scolaire d’un enfant. En effet, le préscolaire réduit de moitié l’abandon scolaire et permet une meilleure réussite scolaire. Ainsi, il est prévu l’ouverture de classes préscolaires dans les écoles primaires publiques. Les académies régionales ont déjà lancé des appels d’offres en vue de la sélection de partenaires notamment des ONG pour ce projet. L’ouverture des classes préscolaires permettra, selon le ministère, d’inscrire chaque année 2% des enfants à préscolariser. Il est à noter qu’actuellement, selon les chiffres du Haut commissariat au Plan, la moitié des enfants âgés de 3à 5 ans bénéficient aujourd’hui d’un enseignement préscolaire. En attendant le démarrage de ce projet, on retiendra l’expérience du partenariat du ministère des Habous et la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire. Créée en mars 2008, la FMPS est une association à but non lucratif dont la mission est de promouvoir l’enseignement préscolaire (3-6 ans) afin de donner à l’enfant dès son jeune âge les bases nécessaires qui l’aideront à avoir un cheminement scolaire de qualité. La FMPS a également pour ambition de sensibiliser tout acteur à participer, de près ou de loin, à la réussite de ce grand projet, permettant aux enfants d’avoir une éducation comparable à celle des autres pays. La Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire a été créée dans le cadre du projet de développement de ce nouveau système préscolaire national mis en place à l’initiative du ministère de l’éducation, de l’intérieur et de la Fondation Mohammed VI pour la Promotion des œuvres sociales de l’éducation nationale. L’objectif est de généraliser à terme l’accès à une éducation préscolaire nationale normée et de qualité. Ce nouveau système préscolaire répondra aux normes d’excellence pédagogique, et sera accessible à tous les parents sans considération de revenus et proposera une qualité d’accueil, d’encadrement et d’enseignement égale partout où il sera implanté dans le Royaume. Il pourrait accueillir, d’ici 2017, jusqu’à 50% des enfants de 4 à 6 ans (soit plus de 600 000 enfants). Deux écoles ont déjà ouvert en janvier 2016 dans les villes de Laayoune et Al Hoceima.

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