Les jobs d’été : Questions à Brahim Atrouch, Inspecteur du travail
20 juillet 2017
Aziza belouas (1404 articles)
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Les jobs d’été : Questions à Brahim Atrouch, Inspecteur du travail

«Un cadre légal spécifique pour le travail d’été est nécessaire».

La Vie éco : Les jeunes étudiants recherchent de plus en plus des jobs d’été. Quelle évaluation pouvez-vous faire de cette activité ?

La demande existe et se développe même si l’offre reste un peu timide. Plusieurs secteurs sont demandeurs de ces jeunes profils, mais l’on constate malheureusement qu’il n’y a pas de cadre légal qui pourrait encourager aussi bien les jeunes que les employeurs…

Le travail d’été est une bonne expérience pour les jeunes en formation car cela leur permet de connaître le marché du travail notamment les opportunités existantes par secteurs et aussi de découvrir la vie des entreprises, leur gestion et leur mode de fonctionnement.

Comment se positionne le Maroc par rapport à ce qui se fait dans d’autres pays ?

Au Maroc, il n’y a pas de dispositions spécifiques contrairement à ce qui se passe dans certains pays européens comme la Belgique ou la France. Ainsi, en France, les employeurs paient les cotisations et on procède à la retenue au titre des cotisations sociales. Mais, le jeune étudiant peut, par la suite, faire une demande de remboursement de ces retenues. En Belgique, le système offre un avantage de taille puisque les employeurs sont tout simplement exonérés de cotisations fiscales.

Et qu’est qui se pratique au Maroc ?

Aujourd’hui, à défaut d’une législation spécifique, les recrutements se font sur la base d’un arrangement verbal entre l’employeur et le jeune étudiant. Cette situation peut poser problème à la fin de la période du travail car un accord verbal équivaut à un contrat de travail à durée indéterminée. Et le jeune étudiant peut faire valoir ses droits, ce qui donne lieu à des conflits entre les deux parties. Cependant, il y a des entreprises qui établissent des contrats à durée déterminée spécifiant la nature du travail, sa durée et la rémunération.

Justement, est-ce que l’employeur peut confier tous types de travaux à un jeune et quelle est la rémunération moyenne pour un job d’été ?

L’entreprise peut faire appel à un jeune pour effectuer une activité saisonnière, remplacer un départ en congé ou encore pour renforcer les effectifs en cas d’une hausse d’activité durant la période considérée.

Le jeune étudiant peut faire un travail qui ne demande pas des qualifications spécifiques et l’employeur ne peut en aucun cas lui confier un travail présentant un danger. Dans les pays européens, en général, les étudiants effectuent le travail d’un simple ouvrier.

Et pour ce qui est du salaire?

En dehors de quelques secteurs d’activité, un job d’été est rémunéré en moyenne entre 2 500 et 3 000 dirhams. En Belgique, par exemple, le salaire peut être de 1600 ou 1 700 euros.

Que se passe-t-il en cas de conflit ?

Lorsque les deux parties ont contracté un contrat à durée déterminée, et que l’employeur rompt le contrat, le jeune étudiant bénéficie d’une indemnisation égale à l’équivalent d’un mois de travail. Il est indemnisé sur la base d’un jour par semaine travaillée.

En revanche, lorsqu’il n’y pas de contrat, les jeunes étudiants bénéficient des mêmes avantages que ceux d’un salarié normal. Et l’on retient, en cas d’indemnisation, les conditions appliquées en cas de licenciement abusif.

Donc selon vous il faut encadrer cette activité ? 

Exactement, pour éviter un certain nombre de problèmes pouvant surgir à la fin de la période du travail, il est nécessaire d’élaborer une législation spécifique qui détermine les règles du jeu et qui encadre le travail d’été.

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