Les enfants en situation difficile : Questions à Taieb Aisse, Fondateur d’Al Moubadara
17 novembre 2016
Aziza belouas (1355 articles)
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Les enfants en situation difficile : Questions à Taieb Aisse, Fondateur d’Al Moubadara

«Il faut donner un petit coup de pouce à ceux qui vivent dans la pauvreté absolue».

La Vie éco : Al moubadara Li Attadamoune Al Ijtimai, qu’est-ce que c’est au juste ?

On l’appelle aussi l’Association initiative pour la Solidarité sociale. Elle a été créée il y a quinze ans. L’idée est toute simple: nous sommes dans une société où l’inégalité des chances est notoire et tout le monde n’a pas eu la chance de faire des études et d’avoir une carrière  professionnelle. Donc c’est notre devoir d’aider ceux qui n’ont pas eu cette chance, notamment les orphelins pauvres, à faire des études en vue d’une réussite scolaire et professionnelle. Ils ont juste besoin d’un petit coup de pouce pour sortir de leur précarité. Au Maroc, il y a 10 millions de pauvres en situation précaire dont 3,5 millions en situation de pauvreté absolue. Par ailleurs, les actions sociales relèvent le plus souvent de l’amateurisme, donc sans organisation et sans vision stratégique. Nous avons voulu corriger tout cela…

Comment procédez-vous concrètement ?

Nous faisons de la kafala à distance dont bénéficient 5 000 enfants orphelins et pauvres. Les mères s’engagent à vivre avec leurs enfants et à les maintenir dans les établissements scolaires et de formation professionnelle et nous assurons une bourse de 400 ou 500 dirhams par mois. Mais, par ailleurs, nous prenons en charge l’achat des fournitures scolaires, les cours de soutien, les séjours en colonies de vacances, les activités parascolaires, l’achat du mouton et les dépenses pour Ramadan. Et si l’enfant n’est plus scolarisé, le mécanisme ne joue plus. Ce modèle permet à l’enfant de vivre dans la normalité et non pas en institution.

Comment êtes-vous structurellement organisés ?

Aujourd’hui, Al Moubadara compte trois établissements de protection sociale dans les villes de Casablanca, Témara et Kénitra. Nous avons aussi dix centres de formation professionnelle, de santé, d’hémodialyse, de rééducation et culturels qui nous permettent de garantir un accompagnement social de ces enfants en situation de précarité. Mais nous assurons également un accompagnement en institution pour les cas extrêmes, c’est-à-dire les enfants qui n’ont plus d’attaches familiales. On en a environ 150 qui sont pris en charge.

Quel est le taux de réussite scolaire et sociale ?

Je ne donnerais pas de statistiques là-dessus, mais nous avons des enfants qui sont aujourd’hui médecins, généralistes et spécialistes, qui interviennent dans nos centres de santé, des ingénieurs, et la directrice de l’audit et du contrôle de gestion de l’association est une orpheline qui a bénéficié d’une prise en charge à distance chez nous. Les cas de réussite expliquent les appellations données à nos centres : Dar Arraidate pour les filles à Kénitra, et à Témara c’est Dar El Moubdi3ines pour les garçons.

Al Moubadara a obtenu une certification qualité…

En effet, pour donner une crédibilité à notre action, nous avons opté pour une gestion transparente. Nous avons mis en place des outils de gestion modernes et avons une démarche stratégique avec des objectifs précis. Tout cela nous permet d’avoir des prestations de qualité. D’où la certification ISO 9001.

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