Achat des livres au maroc : Questions à Rachida Roky, Présidente du Réseau de la Lecture au Maroc
10 novembre 2016
Aziza belouas (1373 articles)
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Achat des livres au maroc : Questions à Rachida Roky, Présidente du Réseau de la Lecture au Maroc

«Il faut une animation permanente autour du livre et de la lecture».

rachida-rokyLa Vie éco : Pourquoi le Réseau de la Lecture au Maroc?

Le Réseau de la Lecture au Maroc ( RLM) est une ONG qui a été créée par un collectif d’associations qui milite pour la promotion du livre et de la lecture dans le quotidien des Marocains. Sa création remonte à 2012 suite au mouvement du 20 février 2011 qui réclamait l’implication des jeunes marocains outillés pour une société de dialogue. Et la lecture est un levier important de cette culture de dialogue car elle permet d’inculquer des valeurs sociales. Je suis enseignante universitaire et j’ai pu constater, comme mes autres confrères d’ailleurs, que les jeunes étudiants ne lisent pas et ont de sérieuses lacunes de culture générale. Pour cela, nous avons décidé, à travers le RLM, de donner au livre la place qu’il mérite et de réconcilier les jeunes avec la lecture et leur propre culture.

Concrètement, comment vous vous y prenez ?

La première rencontre du RLM a eu lieu à Mohammédia en 2013 et avait pour objectif principal le développement de la lecture dans les écoles et espaces publics, notamment les jardins et les transports. Nous avons alors créé, en partenariat avec les ministères de l’enseignement et de la culture, des clubs de lecture dans cinquante établissements scolaires. Ces clubs sont gérés par les associations affiliées au RLM, environ une dizaine à travers le pays, et sont animés par des enseignants qui invitent des écrivains et organisent des ateliers de lecture.

Y-a-t-il un bon feed-back de la part des jeunes ?

Les Marocains ne lisent et n’ont pas été éduqués à la lecture. Mais nous avons constaté que dès qu’il y a des actions dans ce sens, les jeunes ne présentent aucune résistance et jouent le jeu, qu’ils soient des élèves ou des étudiants. Nous pouvons dire que nous avons réussi notre programme de sensibilisation et l’on a constaté, dans les divers clubs, que les jeunes ont naturellement adhéré à nos actions.

Quelles sont les préférences des jeunes ?

Ils lisent aussi bien les livres en arabe qu’en français. Ils préfèrent, et c’est une tendance mondiale, les livres défendant diverses causes et les romans biographiques. Ainsi, à titre d’exemple, les livres des prisonniers politiques ont un grand succès tout comme les livres relatant des success stories.

Quelles recommandations pouvez-vous suggérer pour développer la culture de la lecture ?

Tout d’abord c’est aux établissements scolaires de valoriser le livre et donc la lecture en ouvrant des bibliothèques. Aujourd’hui, peu d’écoles en disposent et même quand il y en a une elle est fermée ou ne dispose pas de suffisamment de livres. Ensuite, j’estime qu’il doit y avoir un partenariat diversifié, notamment entre les ministères et les entreprises qui doivent dans le cadre de leurs activités citoyennes promouvoir la lecture en sponsorisant des activités culturelles et en finançant des bibliothèques. Car pour opérer un changement culturel, il faut nécessairement que tous les acteurs de la société soient impliqués. Citons à titre d’exemple le cas de Larache où les responsables locaux ont organisé l’été dernier, le programme de la «lecture à la plage».

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