SIAM 2017 : Préserver les forêts pour améliorer la vie des populations
23 avril 2017
Wiam Markhouss (248 articles)
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SIAM 2017 : Préserver les forêts pour améliorer la vie des populations

Les forêts sont confrontées au déboisement, au surpâturage, aux incendies mais aussi à un climat semi-aride qui freine leur régénération. Un plan pour le reboisement et la sécurisation du domaine forestier est entamé. L’objectif est de sécuriser 350 000 ha/an. La superficie totale boisée est, elle, de 1,4 million d’hectares.

La richesse forestière du Maroc est estimée à 9 millions d’hectares d’écosystèmes de forêts dont 5,8 millions d’hectares boisés. Ce qui correspond à un taux de boisement de 8% du pays. Les forêts sont confrontées à des conditions climatiques rudes, à une rareté de l’eau mais aussi à l’activité humaine qui entraîne des dégâts parfois irréversibles tels que le déboisement, le surpâturage, les incendies et l’abattage clandestin. Jusque-là, la mission du Haut commissariat aux eaux et forêts et de lutte contre la désertification (HCEFLCD) a été de préserver les forêts et la biodiversité que recèle le Maroc avant que le ministère de l’agriculture ne prenne les rênes du secteur le 5 avril 2017. Le bilan de l’activité du HC demeure positif face aux contraintes du secteur. Dans le volet de la sécurisation foncière du domaine forestier (une opération longue et contraignante qui court jusqu’à 2025), 62 000 ha ont été sécurisés en 2014.  Ce qui correspond à seulement 18% de la superficie programmée annuellement pour la sécurisation du domaine forestier fixée à 350000 Ha.

Par contre, le reboisement est sur une cadence haussière, passant de 25000 hectares avant 2005 à 44000 durant la campagne 2012-2013. D’après les données du projet de performance au titre de l’exercice budgétaire 2016, la superficie totale boisée est actuellement de 1,4 million d’hectares (avec un reliquat de 685339 ha après recensement des superficies incendiées et celles relatives à l’exploitation forestière). Considérés comme l’une des plus importantes causes de déboisement, les incendies ravagent en moyenne annuelle 2986 ha (moyenne calculée par le HC sur la période entre 1960 et 2009).

Le fléau demeure parfois difficilement maîtrisable. Mais le HC assure se doter des équipements et des moyens nécessaires pour réduire les feux de forêts. Parmi les actions menées figurent le renforcement des patrouilles de surveillance et d’alertes précoces, la création de points d’approvisionnement en eau et l’aménagement des tranchées de pare-feu sans omettre la sensibilisation des populations par le biais des médias. Au-delà des incendies, le surpâturage exerce une pression sur les forêts où les arbres sont souvent mutilés par les animaux. On estime à quelques millions de têtes le cheptel pâturant dans les forêts marocaines.

Les forêts, source de revenus pour les populations locales

Ainsi, par le reboisement, la régénération et l’amélioration sylvopastorale (mode de gestion qui permet d’allier objectifs forestiers et pastoraux), le HC espérait inverser les tendances de dégradation du couvert forestier sur 400000 ha. Bien que la forêt marocaine soit plus considérée comme un espace de protection que de production, elle constitue une richesse inestimable pour les populations et peut s’avérer une source de revenus non négligeable.

Le HCEFLCD considère en effet les espaces forestiers comme un contributeur à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines. Au-delà de la réhabilitation des écosystèmes forestiers et la sécurisation foncière du domaine forestier, les grandes orientations de la stratégie forestière du HC incluent aussi le volet de valorisation des filières des produits forestiers et la requalification des entreprises. Parmi les produits forestiers du pays, on peut citer les plantes aromatiques et médicinales, le caroubier, l’apiculture, l’argan, les champignons et le liège… Grâce au potentiel agricole des forêts, l’économie sociale et solidaire s’y est bien développée dans une période inférieure à 10 ans. A titre d’exemple, le nombre de coopératives forestières a été multiplié par 15 entre 2005 et 2014. Le Haut commissariat recensait en 2014 près de 136 coopératives forestières pour 7456 adhérents. Ces coopératives apportent 250 millions de dirhams de chiffre d’affaires et 2000 dirhams/ménage. En 2005, elles étaient 9 coopératives qui réunissaient 545 adhérents.

En outre, 170 entreprises forestières ont été qualifiées en 2014 alors que seules 18 étaient présentes en 2005. Ces réalisations rentrent dans le cadre des acquis du Plan décennal 2005-2014 du Haut commissariat aux eaux et forêts présentées lors d’un atelier de partenariat renforcé pour la gestion et la valorisation durable des ressources en février 2015.

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