SIAM 2017 : L’industrie agroalimentaire, un maillon essentiel de la chaîne de valeur alimentaire
21 avril 2017
Aziza belouas (1408 articles)
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SIAM 2017 : L’industrie agroalimentaire, un maillon essentiel de la chaîne de valeur alimentaire

Représentant 30% du PIB industriel, le secteur agroalimentaire reste à fort potentiel. L’intégration des filières, encouragée par le PMV, devra renforcer sa compétitivité, mieux valoriser les produits, adapter la production à la transformation et améliorer l’offre.

Participer au développement de la chaine de valeur alimentaire. C’est l’objectif  affiché de l’industrie agroalimentaire. Et pour y arriver, les opérateurs de ce secteur s’engagent  sur plusieurs fronts. Premièrement, en leur qualité de clients du secteur agricole, participant au développement d’une offre exportable de produits agroalimentaires. Ce qui explique la sélection de filières spécifiques en vue d’augmenter la valorisation de leurs productions et de les ériger en leviers de croissance. L’étude stratégique, lancée par le ministère du commerce et de l’industrie et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fénagri), a pu identifier les points forts ainsi que les faiblesses de ces filières en vue de cibler les actions à mener pour adapter la production aux besoins de la transformation. Deuxièmement, les industriels, en tant que transformateurs, doivent participer à la valorisation du produit agricole en adoptant une politique dynamique d’investissements créateurs d’emplois et d’exportations, améliorant ainsi la compétitivité du pays sur les marchés étrangers, aussi bien les débouchés classiques, notamment l’UE, que les nouveaux marchés comme l’Afrique, les Etats-Unis ou encore les pays du Moyen-Orient. Enfin, l’industrie agroalimentaire a un fort potentiel et est à même de donner, selon la Fénagri, «une certaine visibilité au secteur agricole lui permettant de s’affranchir d’une partie des contraintes liées à la volatilité des prix du marché du frais». Le secteur est donc un maillon essentiel de la chaine de valeur alimentaire constituant un débouché important pour la production agricole et un créateur de plus de valeur ajoutée pour le pays.

Les professionnels du secteur, conscients des enjeux, ont lancé le projet d’un contrat programme sectoriel qui doit apporter des éléments de réponse aux diverses problématiques liées au secteur agroalimentaire. Les conclusions de l’étude stratégique lancée en février 2016 ont été discutées en août de la même année avec les ministères de l’agriculture et de l’industrie et la Comader. Finalisé, le contrat programme devrait être incessamment signé. Les objectifs chiffrés ne peuvent être pour l’heure divulgués, mais, Mohamed Fikrat, président de la Fénagri, note qu’il est prévu d’améliorer la valeur ajoutée qui s’élève aujourd’hui à 20 milliards de DH et de créer des emplois additionnels. Le secteur emploie actuellement 150 000 personnes et compte environ 2 100 entreprises. Selon les responsables de la Fénagri, les opérateurs de certaines filières, anticipant le contrat programme, ont déjà réalisé les investissements nécessaires en vue d’une intégration de la chaîne de valeur alimentaire. Ce qui doit aboutir à une meilleure valorisation et diversification de leur offre.

Les filières sucrière et laitière déjà intégrées…

Selon le ministère de l’agriculture, l’intégration verticale est très importante pour le développement du secteur agroalimentaire. Certaines filières, comme la filière laitière et la filière sucrière, sont déjà intégrées. Leurs locomotives jouent un rôle socio-économique important et participent également à assurer un développement respectueux de l’environnement.

Le groupe Cosumar a toujours été, selon Mohamed Fikrat, son PDG, un acteur citoyen créateur de valeur et bien intégré dans le développement durable dans les régions où il est implanté. Il est ainsi engagé à tous les niveaux de la filière sucrière et est reconnu comme modèle d’agrégateur. Cela s’inscrit dans le cadre d’un partenariat solidaire avec son écosystème, soit 800 000 agriculteurs, et a nécessité la mise en place d’une stratégie RSE axée sur la création de valeurs durables. Donc l’efficacité énergétique et la gestion rationalisée de l’eau sont des composantes principales de son engagement. Concrètement, le Groupe Cosumar a modernisé son outil de production pour limiter les pertes d’énergie et réduire les émissions de carbone. «Les résultats de notre engagement sont probants : les actions menées ont permis une économie récurrente d’eau de 4 millions de m3 par an au niveau des sites industriels. Sur le volet énergétique, notre consommation d’énergie a baissé de 27% entre 2015 et 2016», avance le président du Groupe Cosumar.

Dans la filière laitière, on notera que l’engagement de Centrale Danone n’est pas récent. Dès les années 90, plusieurs actions ont été menées dont le programme «Hlib Bladi» mis en place en 2014. Au-delà de la dimension sociale, la stratégie de l’entreprise intègre une importante dimension d’agriculture durable en vue de contribuer activement à protéger les ressources et l’environnement à travers l’introduction de cultures fourragères moins consommatrices d’eau, la réduction de l’utilisation des engrais chimiques au profit d’engrais organiques et la promotion de l’utilisation de l’énergie renouvelable au sein des exploitations. Pour les responsables de l’entreprise, «la responsabilité de l’entreprise ne s’arrête pas aux portes de nos usines». Pour Centrale Danone qui s’approvisionne auprès de 120000 familles d’éleveurs, ce programme permet de stabiliser les éleveurs dans leurs métiers tout en promouvant l’activité laitière auprès des jeunes générations.

L’Afrique, une opportunité prometteuse pour le secteur…

Au vu des réalisations de ces deux filières et afin d’encourager l’intégration d’autres filières, le Plan Maroc Vert a préconisé, rappelons-le, diverses mesures dans ce sens, notamment la mise en œuvre des contrats programmes filières selon l’approche d’intégration des chaînes de valeur depuis l’amont jusqu’à l’aval ; l’organisation de chaque interprofession par collège y compris le collège valorisation-transformation ; le développement des projets d’agrégation autour d’unités de valorisation ou de transformation ; l’encouragement de la valorisation des produits agricoles à travers l’aide accordée dans le cadre du FDA aux unités de valorisation ; la programmation de 7 agropoles permettant l’amélioration la valorisation, la transformation et la commercialisation des produits ; et enfin la réforme des marchés de gros des fruits et légumes pour en réduire le nombre de 38 à 32.

Cette intégration de la chaîne de valeur alimentaire vise une optimisation de la production pour éviter la surproduction qui peut être à l’origine de la volatilité des prix du frais et de la perturbation du marché aussi bien au niveau de l’export que du marché local. A cet effet, le contrat programme s’est penché, selon la Fénagri, sur le volet de l’approvisionnement afin d’adapter la production aux besoins des unités de transformation. Ce qui permettrait, selon les professionnels, d’améliorer l’offre et d’être compétitif sur les marchés de l’export et local.

Aujourd’hui, le secteur agroalimentaire réalise un chiffre d’affaires de 100 milliards de dirhams dont 14% à l’export. Les exportations portent essentiellement sur les conserves de poissons et les conserves végétales (fruits et légumes). Pour la fédération, «l’industrie agroalimentaire s’exporte bien, elle s’est construite une image de marque et une réputation sur laquelle il est possible de capitaliser en améliorant l’offre et en étant compétitif».

Les principaux débouchés des exportations agroalimentaires sont les pays de l’UE, les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Le marché africain constitue un énorme potentiel pour cette industrie et plusieurs filières s’y positionnent déjà comme la filière confiserie, biscuiterie et chocolaterie. «Aujourd’hui, le marché africain arrive en tête de nos clients suivi par l’UE et le Moyen-Orient. Nous sommes allés, au début, à la conquête de ce marché avec les mêmes produits que nous commercialisons localement, mais nous les avons adaptés au fur et à mesure pour coller à la demande locale. Globalement, nous pourrions faire mieux à l’export mais il faut qu’il y ait des entreprises locomotives fortes pour encourager cette dynamique», explique Mohamed Berrada, secrétaire général de la Fénagri et patron de Michoc. L’Europe reste certes le premier marché pour les produits agroalimentaires marocains (57% du total), mais elle est, pour les autres produits agroalimentaires, un concurrent. C’est pourquoi les professionnels entendent se positionner sur des marchés nouveaux et principalement l’Afrique qui absorbent maintenant 22,2% des exportations, en hausse de 10,7 points entre 2000 et 2014, d’après l’étude que vient de présenter la Fénagri n

Aziza Belouas 

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