Palmier dattier : les objectifs en voie d’être atteints
21 avril 2017
Wiam Markhouss (195 articles)
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Palmier dattier : les objectifs en voie d’être atteints

L’ANDZOA espère dépasser la production de 160 000 tonnes avant l’échéance du contrat programme de la filière, fixée en 2020. La réhabilitation des séguias a été menée sur 775 km de longueur, celle des khettaras sur 102 km. Une vingtaine de barrages de dérivation ont été créés.

Après une période faste en termes de production phoenicicole au Maroc, la superficie des oasis dédiée à la culture des dattes a drastiquement chuté, passant de 150000 ha il y a quelques décennies à 48000 ha aujourd’hui. Maladie du Bayoud, sécheresse, ensablement…, les raisons sont multiples. Pour faire renaître cette culture ancestrale, le palmier dattier a eu droit à un contrat-programme signé en 2010 entre le gouvernement et l’interprofession. Pour rappel, l’objectif du contrat programme est la réhabilitation et la reconstitution des palmeraies existantes sur une superficie de 48000 ha et la création de nouvelles plantations à l’extérieur des palmeraies traditionnelles sur une superficie de 17000 ha. Il s’agit également d’atteindre une production de 160000 tonnes, de valoriser un tonnage global de 110000 tonnes dont 70000 en dattes fraîches conditionnées, 20000 en produits transformés et 20000 en aliments de bétail, et enfin le développement des exportations de dattes de qualité supérieure pour atteindre 5000 t en 2020. D’après l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), la superficie du palmier dattier s’est développée à 50000 ha, soit 77% de l’objectif fixé à 65000 en 2020. La production de dattes a, elle, atteint l’année dernière 128000 tonnes, soit 80% de l’objectif. La production pourrait même dépasser 160000 t avant l’échéance fixée en 2020. Mais une meilleure production passe aussi par une gestion durable des ressources, notamment hydriques.

Une gestion durable des ressources hydriques

Dans l’écosystème fragile des oasis du Sud marocain, la valorisation de l’eau de l’irrigation est un élément essentiel pour faire face aux pénuries de cette ressource. Dans ce cadre, l’Etat subventionne l’équipement des exploitations phoenicicoles en systèmes de goutte-à-goutte à hauteur de 80%. «Parmi les réalisations, on peut citer le revêtement et la réhabilitation des seguias sur 775 km de longueur (39% de l’objectif de 2020 fixé à 2 000 km), la réhabilitation de 102 km de khettaras (système traditionnel de mobilisation des eaux souterraines) et la création de 20 barrages de dérivation. Le tout pout un investissement de l’Etat de 70 millions de dirhams. En outre, 11520 ha ont été équipés en systèmes d’irrigation», déclare Ali Oubrhou, directeur de développement chez l’Andzoa. Cela dit, l’agence a noué une convention de partenariat avec l’Agence du bassin hydraulique Guir Ziz Rheris et Maider pour le suivi et la gestion des ressources hydriques dans le bassin de Meski-Boudnib. Cette convention d’une enveloppe de 7 millions de dirhams dont 1,5 apporté par l’Andzoa est relative à la réalisation d’un projet d’équipement en piézomètres pour le suivi de la nappe d’eau souterraine et la mise en place de stations climatologiques automatiques dans la zone de Meski Boudnib.

Pour réhabiliter et reconstituer les palmeraies, le ministère de tutelle et l’Andzoa se sont penchés sur la production de souches bourgeonnantes, de vitro-plants et sur la création de nouvelles plantations. A cet effet, plus de 200000 souches ont été créées durant la période 2010-2015. Ce qui équivaut à 48% de l’objectif établi à 420000 souches en 2020. «De plus, la production des laboratoires privés conventionnés en vitro-plants est passée de 61000 en 2010 à plus de 500000 à fin 2016», remarque le directeur développement de l’Andzoa. Jusqu’à aujourd’hui, 1,8 million de plants de palmier dattier, dont 50% de la variété mejhoul, 30% de najda et 20% répartis entre Boufeggous et autres variétés, sont plantés. Ce résultat représente 60% des 3 millions assignés par le contrat-programme.

Dans le cadre de la stratégie de l’Andzoa, l’axe de la préservation de l’environnement vise à optimiser la gestion des ressources hydriques, la lutte contre la dégradation des sols et la préservation de la biodiversité. Dans le même sillage, l’Andzoa se charge de l’exécution d’un projet d’adaptation aux changements climatiques dans les zones oasiennes. Ce projet dont le coût est de 9,970 millions de dollars est financé par le fonds d’adaptation et vise à améliorer l’adaptation des populations des zones oasiennes aux impacts du changement climatique. Outre cette action, l’agence mène plusieurs opérations pour la lutte contre la désertification.

Il s’agit de soutenir l’action des services des eaux et forêts pour la lutte mécanique contre l’ensablement (construction de palissades en palmes de palmier dattier) et biologique (telle que la plantation de Tamarix Aphylla). L’agence sensibilise aussi les agriculteurs sur les techniques permettant l’amélioration de la fertilité des sols (compostage, rotations agricoles), les aspects d’agro-écologie et l’accompagnement des producteurs dans le processus de certification de leurs produits.

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