2017, une année cruciale pour la relance du machinisme agricole
22 avril 2017
Mehdi Jaouhari (96 articles)
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2017, une année cruciale pour la relance du machinisme agricole

A fin mars 2017, 365 tracteurs neufs ont été écoulés, soit une augmentation de 12% par rapport à 2016. Certains distributeurs du petit matériel agricole confirment la relance des ventes sous l’effet de la bonne campagne agricole qui se profile. Le matériel d’occasion représente 1/3 du marché du gros matériel.

Après avoir connu une année 2016 difficile, le secteur du machinisme agricole reprend du poil de la bête en ce début 2017. Ce premier trimestre s’est terminé, en effet, sur une légère amélioration des ventes de tracteurs neufs. Il s’agit, selon un membre de l’Association des importateurs du matériel agricole (AMIMA), de 365 unités ; soit une hausse de 12% par rapport à la même période de 2016.

L’actuelle campagne agricole qui a démarré sous de bons auspices semble susciter l’optimisme des professionnels, mais pas que. Requérant l’anonymat, un manager d’un leader sur le marché précise qu’«un nouveau contrat-programme très bénéfique pour le secteur est en gestation». «Des réunions marathon ont été tenues dernièrement avec la tutelle pour préparer un nouveau CP, qui sera probablement annoncé durant la 9e édition des assises en prélude au SIAM», confirme un autre membre de l’Amima.

2016, la pire année depuis plus d’une décennie

En 2016, à peine 1 934 unités ont été écoulées sur le marché des tracteurs neufs, ce qui représente une baisse «phénoménale» de 35% par rapport à l’année précédente. Depuis 2010, seules les années 2011 et 2013 ont connu un dépassement de la barre de 4 000, avec respectivement 4 178 unités et 4 269 unités.

Pour les professionnels, un autre facteur, outre le déficit pluviométrique, explique la chute drastique des ventes durant l’exercice précédent. Il s’agit selon eux de la TVA de 10% sur près de 40% du gros matériel agricole. «La TVA de 10% imputée sur certains équipements agricoles est une mesure contre-productive et risque d’avoir des retombées sur le fonds de développement agricole avec un besoin de financement additionnel et de favoriser davantage l’informel», peut-lire dans un communiqué dressant le bilan de l’année 2016, publié le 30 janvier 2017. D’après nos visites effectuées sur le terrain auprès de certains distributeurs, il s’agit à titre d’exemple des cultivateurs rotatifs (très utilisés dans le maraîchage), du Covers crop (déchaumeuse, ndlr), des tarières portées ou de l’épandeur de fumier. Afin de stimuler la mécanisation, les importateurs revendiquent le maintien des subventions en vigueur. Dans la même veine, l’Amima a fustigé, dans sa dernière sortie médiatique, le recours au matériel d’occasion.

Nuance de la part de cet agriculteur de la périphérie de Casablanca : «Le matériel d’occasion n’est pas forcément mauvais. Malgré les subventions, beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas acquérir du matériel neuf».

Selon le représentant d’un opérateur joint par La Vie éco, le marché de l’occasion représenterait pas moins du tiers du marché. «Sur 200 tracteurs neufs vendus, près de 100 tracteurs d’occasion sont écoulés. Dans le cas des moissonneuses, la part de l’occasion peut monter jusqu’à 50%», estime-il.

De leur côté, les importateurs du matériel petit et moyen, à savoir le matériel d’irrigation, de récole et de traitement, ont également pâti de la campagne 2015-2016. En l’absence de chiffres précis sur le premier trimestre de 2017 dans ce segment, nous nous sommes contentés de recueillir les avis de certains distributeurs au niveau de Casablanca. A l’unisson, ils précisent que les ventes se sont nettement améliorées. La tenue du SIAM 2017 du 18 au 23 avril devra, comme durant les éditions précédées par de bonnes conditions climatiques durant les trois premiers mois de l’année, booster les ventes et permettre aux opérateurs de connaitre les intentions des clients sur le reste de l’année.

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