Sonja Ludwig, responsable RP, délégation ONMT en Allemagne
23 mars 2012
Lavieeco (25140 articles)
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Sonja Ludwig, responsable RP, délégation ONMT en Allemagne

Belge, 32 ans au service du tourisme marocain…en Allemagne. Diplômée en tourisme à  l’à¢ge de 20 ans, elle part chercher du travail en Allemagne et décroche un poste à  l’ONMT.

Jeudi 8 mars. Sur le stand du Maroc il y avait foule. Des opérateurs allemands venus parler business avec leur homologues marocains, des curieux qui viennent un instant essayer la table tactile géante qui vante les charmes du Maroc, des représentants de pays concurrents espionnant en douce ce que font les uns et les autres… Nous sommes à l’ITB Berlin, le plus grand événement mondial du tourisme. Au milieu de cette cohue, une dame donne l’impression d’être partout à la fois. Cheveux roux, yeux verts bleus, véritable boule d’énergie, on la prend d’abord pour un prestataire allemand chargé de la logistique du stand avant de l’entendre parler en français et en arabe également. Elle s’appelle Sonja (prononcer Sonia) Ludwig, elle est belge, vit en Allemagne, à Dusseldorf, et travaille pour le compte du bureau allemand de l’Office national marocain du tourisme depuis… 1980.
Rien ne prédisposait pourtant la jeune fille qu’elle était à l’époque à vendre du tourisme balnéaire, pour le compte d’un pays arabe, elle qui, de surcroît, a grandi dans une région excentrée. Le hasard, sans doute, mais Sonja préfère parler de «prémonition».
C’est en 1960 que Sonja Ludwig vient au monde, aînée d’une famille de 3 filles, dans le petit village belge de Saint Vith, frontalier avec l’Allemagne. Son père exerce le métier de chauffeur dans une société de transport, mais garde un lien avec ses racines en cultivant, en parallèle, un lopin de terre et en élevant quelques vaches. La mère, femme au foyer, veille sur le ménage et aide aux champs. Dans cette localité paisible, la vie s’étire lentement, trop lentement. Bac en poche, à l’âge de 17 ans, Sonja opte pour Bruxelles et des études de tourisme au sein du CERIA. A l’été 1980, la voilà donc diplômée, mais à Saint Vith, quand on est spécialisé en tourisme, on a autant de chance de trouver un travail que celle qu’aurait un diplômé marocain en théologie. Sonja décide donc de tenter sa chance en Allemagne, puisqu’elle maîtrise la langue de Goethe.
Au cours de l’été 1980, elle fera donc un stage dans un hôtel 5 étoiles de la ville d’Aachen (Aix-la-chapelle) et s’initiera au métier de réceptionniste. Une situation qui est loin de plaire à ses parents qui voient d’un mauvais œil leur fille travailler loin d’eux. Et ce, d’autant que la jeune Sonja est déjà promise depuis quelques mois à un jeune allemand, dont la mère, malade des bronches, venait s’aérer les soufflets a Saint Vith. Bref, dans cette Belgique profonde du début des années 80, être jeune fille et vivre seule n’est pas bien vu.
Le mariage de Sonja , à la fin de ce même été 1980, allait précipiter les choses. Son mari avait trouvé du travail à Düsseldorf et il fallait donc le rejoindre, mais aussi apporter son écot aux finances du couple. En attendant d’emménager dans son nouveau foyer, Sonja a donc pris le train plusieurs fois par mois pour parcourir les 150 km qui séparent Saint Vith de Düsseldorf, CV et dossiers à la main. Et c’est vers le début octobre que la chance lui sourit. «Ce jour-là, se rappelle-t-elle, j’avais 4 entretiens à passer. A la fin de la journée, fourbue, je suis allée, sans grande conviction au dernier, celui prévu avec le directeur de la délégation allemande de l’ONMT». Ce dernier s’appelle Hassan Belmlih. «En guise de test, il m’a demandé d’emblée comment on pouvait traduire “villes impériales” en allemand. Coup du destin, au CERIA, on devait prendre un cours politique et je suis tombé sur le Maroc». Le courant passe entre le directeur et la candidate. Sonja Ludwig commencera donc une carrière qui dure depuis… 32 ans, au service du tourisme marocain.
Au début, elle s’occupera du secrétariat et de l’administratif. De fait son bilinguisme et surtout sa parfaite maîtrise de la langue allemande seront un atout pour la délégation, et ce, d’autant que les fonctionnaires marocains ne demeuraient pas longtemps en poste. Au sein de cette mobilité, elle était devenue la pierre angulaire de la maison. Progressivement, Sonja fera donc sans le savoir des relations presse et du commercial. Mais il fallait d’abord qu’elle connaisse le pays dont elle devait vanter les charmes. Son premier voyage au Maroc eut lieu en 1982. Descendue à Agadir, elle fera le Sud du Maroc «à bord d’une Fiat de location», se souvient-elle. Ce fut le coup de foudre ! Sonja allait devenir une véritable spécialiste du Royaume qu’elle a depuis visité plusieurs fois.
Quand on l’interroge sur la perception qu’ont les Allemands du Maroc, Sonja prend un temps de réflexion avant d’expliquer qu’en matière de tourisme, toute la difficulté consiste à rapprocher deux cultures différentes. «Les Allemands sont tentés d’aller au Maroc, mais ils sont hésitants, sans doute par peur de l’inconnu. Il a fallu travailler pour installer une image, combattre les clichés, comme par exemple, le cas des femmes qui vous disent qu’elles craignent d’être enlevées parce qu’elle sont blondes… ou encore des craintes concernant la sécurité». Aujourd’hui, poursuit-elle, la globalisation a fait ses effets, on connaît mieux le Maroc et l’image du pays s’est même améliorée au cours des trois dernières années.
Inlassablement, Sonja Ludwig continue de convaincre, d’écouter, de corriger et de persuader. «Mon cœur appartient au Maroc», dit-elle au détour d’une phrase dans un élan de spontanéité non feinte. Quand elle en parle, Sonja est émue, tout comme elle est émue de raconter ce parcours qui lui a fait connaître beaucoup de monde. «Les cadres, les responsables, les agents de l’ONMT, j’en a vu défiler en 30 ans, et je garde le contact avec eux quand ils sont mutés ailleurs. De passage à Düsseldorf, ils viennent d’ailleurs me voir, avec leur famille. Ils sont ma famille». La voix enrouée, ses yeux s’embuèrent de larme… Hatim El Gharbi, directeur de l’ONMT Allemagne, vient à la rescousse : «C’est elle l’âme de nos bureaux», témoigne-t-il en la couvant d’un regard affectueux avant de la soustraite à mes questionnements de journaliste…

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