Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf
7 mai 2012
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Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf

La femme qui a fait de Wafasalaf le numéro un du crédit conso. C’est en 1989 qu’elle intègre Wafasalaf, après un DESS en gestion des entreprises, en France.
Contrôle, gestion du risque, mise en place du scoring, industrialisation des process, développement commercial, elle a tout fait.

François de la Rochefoucauld l’écrivait, avec raison : «Il n’y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir de la véritable douceur». Sourire jovial, poignée de main ferme mais non moins avenante, élan de sympathie non dissimulé, c’est dans un bureau à l’allure spartiate que Laïla Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf, reçoit ses visiteurs. Rien ne laisse transparaître l’autre versant de sa personnalité, une femme de caractère qui gère les situations les plus délicates dans une entreprise exposée à des milliers de clients. C’est qu’il en faut une grande dose pour gérer plus de 21 milliards de DH d’encours, surtout dans un environnement culturel où l’on a l’habitude de voir les hommes à la baguette.
Pourtant, on l’imagine très humaine et, en tout cas, on est en droit de le penser quand elle parle de sa jeunesse où elle était à la fois têtue et débrouillarde, de son attachement pour ses racines, pour sa famille et, plus tard, pour son travail. Car la dame de fer donne l’exemple en étant au bureau à 7 heures tapantes et ne le quitte qu’après un marathon de 12 heures, voire plus. Cadette d’une fratrie de sept frères et sœurs, Laila Mamou est née en 1964 dans une famille très à cheval sur les traditions et les valeurs, d’où le fait que le travail et l’effort personnel sont érigés comme valeurs cardinales.
Le père, commerçant, et la mère, femme au foyer, étaient intraitables sur la sacralité des études et la rigueur dans la conduite de tous les jours. Si bien que la jeune Laila raconte que, contrairement à beaucoup d’enfants, elle aimait l’école car ce n’est que dans cet espace qu’elle pouvait se sentir à l’aise et donner libre cours à son énergie déjà débordante que le niveau de discipline imposé à la maison contrariait parfois.

Son premier grand poste a été la direction du risque

Laila sera la seule des enfants à être inscrite à la mission française. Elle va développer rapidement une bonne maîtrise de la langue, ce qui l’aidera dans la suite de son parcours. Après l’obtention d’un bac «gestion», elle part pour Aix-en-Provence pour un DUT puis une maîtrise en gestion des entreprises avant de passer un DESS à Caen, toujours dans la même discipline. A son retour au Maroc en 1989, après une courte période dans un cabinet d’études comme auditeur, elle rejoint Wafasalaf qui venait de commencer ses activités en 1988. La société, naissante, comptait à peine une vingtaine de personnes contre 750 aujourd’hui.
Laila Mamou est d’abord chargée de gestion puis aura la mission de créer et superviser la cellule en charge de la gestion et du contrôle. C’est tout naturellement qu’au bout de quelques années, en 1995 plus exactement, elle est nommée directeur du risque. Elle va montrer rapidement qu’elle méritait bel et bien cette confiance puisqu’en trois années et alors que Wafasalaf se développait à une vitesse étonnante, elle met en place le premier système de scoring et professionnalise et la gestion du risque et du recouvrement. Son succès est évident car en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le risque industriel, pour une entreprise qui voyait son portefeuille grandir à vue d’œil, a été réduit de moitié.
Pas étonnant donc qu’on lui propose d’affronter d’autres défis. En 1998, elle est nommée directeur en charge du développement commercial. Là également, elle fera montre de compétences commerciales insoupçonnées, insufflant une nouvelle logique dans le métier. Fait d’armes notoire, elle va convaincre Fiat qui venait de lancer sa voiture économique au Maroc de confier le montage des dossiers de crédit à Wafasalaf. Avec la montée en cadence des opérations, il fallait également gérer le réseau d’agences. La société de financement va devenir en moins de dix années d’existence le leader du financement du marché automobile.
Entretemps, en 2004, elle va aussi amener Renault à faire confiance à Wafasalaf pour le financement de la nouvelle Dacia Logan. Laila Mamou va, par ailleurs, chasser sur un autre terrain : gérer pour le compte des autres le crédit, le risque et le recouvrement. Et là aussi, le succès ne se fait pas attendre puisque aujourd’hui, cette activité représente pas moins de 8,8 milliards de DH des 21 milliards d’encours. Le reste est constitué du crédit automobile et des prêts personnels qui totalisent respectivement 4,8. milliards et 7,3 milliards de DH.

Une formation de coach pendant 3 ans

Mais Laila Mamou qui a pris la tête de Wafasalaf depuis 2004 a su gérer d’autres chantiers dont l’absorption de Credor, rachetée en mai de la même année, un dossier brûlant car il fallait uniformiser une nouvelle culture d’entreprise en ménageant les susceptibilités et en favorisant l’esprit d’équité et de «méritocratie».
Avec tout cela, la patronne de Wafasalaf, leader du crédit à la consommation au Maroc, a trouvé le temps  de faire une formation de coach, trois années durant. Elle explique cette démarche avec le cartésianisme qui est le sien : «D’abord cela m’a permis de faire un travail sur moi-même et puis je voulais gérer les hommes et les femmes avec plus de recul». Laila Mamou trouve aussi le temps de s’impliquer dans l’associatif. Elle est membre actif à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) aussi bien que dans l’association Injaz Al Maghrib, mais partage également son professionnalisme dans l’enseignement en initiant les jeunes à l’entrepreunariat.

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