Abdelmajid Bourra, chef de la division des études à  l’Administration des douanes
1 avril 2011
Lavieeco (24916 articles)
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Abdelmajid Bourra, chef de la division des études à  l’Administration des douanes

Le douanier qui a l’oreille de ceux qui comptent, Réorganisations de la Douane, démantèlement tarifaire, transparence, marquage fiscal…, il a été associé à  tous
les dossiers sensibles.

Il est incollable sur les questions douanières et n’est jamais avare en explications dès qu’on le sollicite. Abdelmajid Bourra, chef de la division des études à la direction de l’Administration des douanes, a été associé aux dossiers chauds de ce puissant organe et, forcément, il a toujours travaillé de très près avec les différents directeurs généraux qui se sont succédé, comme Noureddine Omari, feu Abderrazak Moussadak, Omar Laâlej, Abdellatif Zaghnoun, jusqu’à l’actuel Zouhair Chorfi qui a récemment pris la tête de cette administration. En fait, Abdelmajid Bourra a accompagné la grande mutation de la douane qui est passée d’une situation de vache à lait pour l’Etat à un instrument moderne d’incitation à l’économie.  
Fils d’un transporteur, Abdelmajid Bourra est né à Casablanca en 1963 dans une famille de six enfants dont il est le troisième. A l’école, il est tellement brillant qu’il fut dispensé de la première classe du primaire et atterrit directement au CE1.Il mène sa barque sans difficulté et obtient un bac «sciences économiques» en 1981 au lycée Mohammed V, à Casablanca. Etonnamment, il n’est pas tenté par l’Europe pour des études universitaires, et c’est à l’Université Hassan II de Casablanca qu’il obtient une maîtrise en économétrie, en 1985. Il est d’abord séduit par l’enseignement, ce qui lui laisse le temps de mettre la main à la pâte dans l’affaire familiale pour en augmenter les performances, mais aussi parce que son père s’était mis dans l’idée d’investir dans l’agriculture.

Il a effectué un stage de deux ans avant d’être intégré aux Douanes

Mais Abdelmajid Bourra comprend vite qu’il faut bien sortir du cocon familial et c’est ainsi qu’il postule pour un poste à l’Administration des douanes. Il y est effectivement recruté, en 1988, après un stage de deux ans à la division prévention et recherche. Une fois intégré, il se sent un peu à l’étroit dans l’opérationnel et demande sa mutation. Il est alors affecté à la Direction des  affaires techniques, à l’époque où un certain Noureddine Omari était aux commandes. C’était aussi une époque où la douane faisait l’objet d’un grand débat où s’opposaient deux courants : l’un était adepte de continuer à cantonner la douane dans le rôle de préservation des ressources qui manquent cruellement à l’Etat pour boucler ses Lois de finances tandis que le second consistait à encourager la baisse des taux de douane pour permettre aux opérateurs économiques d’être plus compétitifs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est la deuxième qui a fini par s’imposer et la suite montre que le choix était judicieux. Abdelmajid Bourra se rappelle : «Les recettes des douanes sont passées de 32 milliards de DH durant les années 90 à 70 milliards actuellement. En fait, les réductions des droits de douane ont automatiquement ouvert les vannes aux volumes. Mais à l’époque, ce n’était pas évident».
Mais avant cette période décisive à laquelle il a été associé, Abdelmajid Bourra a dû franchir les échelons. En 1995, il est promu adjoint de chef de études fiscales et, en 1999, chef de service des statistiques.
En 2002, on lui confie les études tarifaires et la division des études en 2008. Durant tout son parcours, il côtoie différentes méthodes de travail.

Baisser les taux en comptant sur le volume ou préserver les finances de l’Etat, le dilemme des années 90

D’abord, l’orthodoxie d’un Noureddine Omari qui penche plutôt vers la préservation des recettes ou encore feu Abderrazak Mossadak qui prône volontairement l’élargissement de l’assiette tout en travaillant sur l’assouplissement et la modernisation des procédures. Cette transition est aussi marquée par la résistance du «système rentier de l’économie de l’époque», explique-t-il. Il fallait aussi militer pour la transparence et l’équité car, dit-il, «à l’époque la taxation différait selon les inspecteurs et les bureaux douaniers et il n’a pas été facile d’instaurer un système uniforme et mettre en place un système d’information à travers duquel il était impossible de passer. Aujourd’hui, les outils de la fiscalité sont publiés et édités mais ce fut un tour de force que d’installer ces nouvelles habitudes d’agir et de réfléchir».
En plus de ses obligations professionnelles, Abdelmajid Bourra a gardé le contact avec l’université et les études puisqu’il a préparé un MBA délocalisé de l’Université de Cherbrooke en 2000. Il est aussi passé par  le cycle supérieur de gestion de l’ISCAE, en 2005, et a réussi un DESA en relations économiques internationales à l’université Hassan II. Ce n’est pas seulement pour étancher une soif de diplômes. Toutes ces formations lui ont permis de consolider ses connaissances et d’élargir son champ de compétences.
Abdelmajib Bourra a, en effet, préparé l’épineux dossier du marquage fiscal qui a vivement opposé l’Administration des douanes aux fabricants de boissons et de tabac. De plus, il est le premier chef de division, dans les annales du Parlement, à avoir accompagné un ministre des finances pour la présentation d’un projet de Loi de finances devant la Commission des finances. C’était pour le Budget 2011. Preuve que ces compétences techniques ne sont pas passées inaperçues dans une administration où il aligne 23 ans d’ancienneté. A 47 ans, il affirme avoir encore beaucoup à donner.

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