Sahara : le Maroc gagne inexorablement du terrain
28 novembre 2017
Tahar Abou El Farah (875 articles)
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Sahara : le Maroc gagne inexorablement du terrain

Le nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU remet son premier rapport au Conseil de sécurité et annonce un pré-agenda de rencontres. Mise devant le fait accompli, l’UE réaffirme clairement sa position favorable au Maroc à la veille du Sommet UA-UE. Une dynamique locale est lancée dans les trois Régions du Sahara, alliant les volets économique, social et culturel.

Le Conseil de sécurité devait tenir, mercredi, sa première réunion consacrée au Sahara depuis le vote, fin avril dernier, de la résolution 2351, qui a prorogé le mandat de la Minurso pour une année supplémentaire. D’ordinaire cette réunion, la deuxième de chaque année après celle du mois d’avril, a lieu en octobre. Ce léger décalage d’un mois a été décidé, précisent des sources proches du dossier, pour permettre au nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU, Horst Köhler, d’évaluer les résultats de sa première tournée régionale. Laquelle tournée, pour rappel, a été entamée le 16 octobre à Rabat. L’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU devait également mener des consultations préliminaires avec les membres du «Groupe des amis du Sahara» qui comprend le Royaume-Uni, l’Espagne, la Russie, les Etats-Unis et la France. Depuis quelques années, c’est-à-dire depuis qu’il a été décidé de reconduire la mission de la Minurso non plus pour six mois, mais pour une année entière, cette réunion du mois d’octobre est devenue très formelle. Elle n’est pas sanctionnée par une décision du Conseil de sécurité, mais c’est l’occasion d’informer ses membres de l’évolution de la question depuis le mois d’avril. Le seul intérêt c’est que ce sera l’occasion pour que l’ancien Président allemand Horst Köhler, nommé récemment envoyé personnel du SG de l’ONU, pour présenter son premier rapport au moment où le nouveau secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, s’est engagé à créer «une nouvelle dynamique» pour relancer les pourparlers de paix bloqués depuis 2012, en raison de l’entêtement de la partie adverse, le Polisario, soutenu par Alger, et son attachement à la thèse stérile et contre-productive du «référendum d’autodétermination».

Cette option a, rappelons-le, déjà été rejetée par le Conseil de sécurité, par le SG de l’ONU et par une grande partie de la communauté internationale. Une réunion routinière, donc, mais dans un environnement international en pleine mutation. L’épisode catalan vient, en effet, nous confirmer, s’il en est encore besoin, que l’option séparatiste n’est dans l’intérêt ni des peuples ni des Etats et encore moins de la communauté internationale. C’est également dans un contexte changeant, au niveau africain, qu’intervient cette réunion et, avec, le lancement effectif de la «nouvelle dynamique» prônée par le Secrétaire général. En effet, ces derniers jours ont connu une tension au niveau des instances de l’UA qui s’apprête à tenir son premier sommet, les 29 et 30 novembre, en tant qu’institution avec l’Union européenne.

Le revers européen

Rappelons que depuis l’an 2000 lors de la première rencontre en Egypte et jusqu’à la réintégration du Maroc à l’UA, cette réunion des chefs d’Etat était baptisée «Sommet Afrique-Union Européenne». Bref, l’insistance d’une partie, encore influente de l’UA, pour faire participer une entité non reconnue par l’ONU et la communauté internationale, la Rasd en l’occurrence, à ce sommet n’a eu d’égal que la détermination des Etats légalistes à respecter la légalité internationale. Mise devant le fait accompli, l’Union Européenne a tenu à préciser, par la voix de la porte-parole de la politique étrangère et de la sécurité, que «toute participation à ce sommet, comme c’est le cas pour toutes les réunions internationales de cette nature, ne constitue pas une modification de la position de l’UE concernant la non-reconnaissance de la Rasd». En conséquence, «l’UE ne reconnaîtra pas la Rasd même si elle participe au sommet avec l’Afrique».

Ce n’est pas tout, les voisins européens se sont également engagés à éviter ce genre d’incident lors du prochain sommet, qui aura lieu en Europe, en dressant une liste des participants dans laquelle ne figurera pas la république fantoche. C’est pour ainsi dire un désaveu total pour les soutiens du Polisario qui espéraient engranger un quelconque avantage politique et diplomatique en imposant cet imbroglio organisationnel aux parties participant à ce sommet. Tout comme l’ONU, l’Union européenne ne reconnaît, donc, pas la pseudo-Rasd. Elle ne reconnaît pas non plus le Polisario comme représentant de la population du Sahara. Ces constantes ont été d’ailleurs rappelées par le dernier arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne sur l’accord agricole Maroc-UE. Elles l’ont été également à l’occasion de l’adoption, récemment, à une large majorité par le Parlement européen, de l’accord euro-méditerranéen relatif aux services aériens avec le Maroc. L’Algérie a d’ailleurs remué ciel et terre après l’adoption de cet accord et perd encore son temps à vouloir attaquer l’accord de pêche Maroc-UE.

A cette série de défaites à répétition, s’ajoute la vague des retraits de reconnaissance de la pseudo-Rasd qui déferle à la faveur d’une diplomatie marocaine entreprenante, proactive et décomplexée, qui se déploie en toute aisance à travers les quatre coins du monde.

Elan positif

Le Maroc continue, en effet, son offensive diplomatique, particulièrement en Amérique Latine et en Afrique. Et cela au moment où ces pro-Polisario risquent de perdre deux alliés majeurs. D’abord le Zimbabwe qui est en instance de changement de régime et l’Afrique du Sud de Jacob Zuma, un autre soutien inconditionnel du Polisario, qui est en passe de connaître des élections générales, en 2019, où les chances de l’ANC sont, selon la majorité des observateurs internationaux, de plus en plus compromises.

Entre-temps, le Maroc aura pleinement et effectivement intégré, sur sa demande, la CEDEAO, renforçant ainsi sa présence, à tous les niveaux, dans le continent. Cela, au moment où le Maroc a déposé il y a quelques jours, comme vient de l’annoncer le ministre de la justice, Mohamed Aujjar, auprès de la Commission de l’Union africaine (CUA) des instruments de ratification des protocoles relatifs à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, de la Communauté économique africaine et au Parlement panafricain. Pendant ce temps, comme vient de l’affirmer le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita, l’initiative d’autonomie aux provinces du Sud continue de susciter un élan positif au niveau international.

L’initiative marocaine, qui bénéficie de l’appui des Etats-Unis, de la France, de l’Espagne et de plusieurs pays et organisations, dont le Mouvement des non-alignés, a été positivement accueillie au plan international car elle constitue la base de toute solution à ce conflit, dans le cadre de la souveraineté du Maroc et de son unité nationale et territoriale, a rappelé le ministre.

En effet, ce sont plus de 40 pays qui ont exprimé, lors de la dernière session de l’Assemblée générale de l’ONU, leur soutien à l’initiative marocaine. En même temps, le nombre de pays qui reconnaissaient la pseudo-Rasd ne cesse de régresser, passant de 80 Etats durant les années 1990 à 30 actuellement.

Le Maroc ne devrait pas pour autant s’endormir sur ses lauriers. Il continuera, ainsi, à investir la scène internationale et à marquer sa présence aux rencontres et aux rendez-vous internationaux pour défendre la justesse de sa cause et ses intérêts et faire valoir ses droits.

Un cadre pour les négociations

Cela en mettant en avant la conviction selon laquelle, comme l’a affirmé S.M. Mohammed VI dans son dernier discours du 6 Novembre, «aucun règlement de l’affaire du Sahara n’est possible en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara, et en dehors de l’initiative d’autonomie, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité». Et quoi qu’en disent et que fassent les adversaires de notre intégrité territoriale, «le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps». Le Souverain a d’ailleurs tracé, dans ce discours prononcé à l’occasion du 42e anniversaire de la Marche Verte, le cadre dans lequel va évoluer, désormais, le processus du règlement de la question du Sahara.

Le Souverain a ainsi, rappelons-le, réaffirmé l’attachement du Maroc au processus en cours, tel que l’a voulu le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le Maroc, de bonne foi, travaille avec son envoyé personnel. Cependant, il y a des constantes et des principes auxquels il ne peut pas déroger. En clair, il n’y aura pas de solution sans la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Il faut aussi tirer profit des expériences passées, car il ne s’agit pas de trouver une solution, mais de trouver le chemin qui y mène. En plus, pour trouver une solution à ce problème, il n’y a qu’un seul recours: l’ONU et son Conseil de sécurité qui est le seul organisme international habilité à connaître du problème. Tout cela, bien sûr, sans toucher aux intérêts supérieurs de la Nation.

En ce sens, et lors de sa première tournée dans la région, le nouvel émissaire onusien pour le Sahara a affiché son optimisme quant à la relance du processus de négociations politiques, initié en 2007 à Manhasset, en banlieue new-yorkaise, sur la base de l’offre marocaine d’autonomie.

Un pré-agenda de rencontre a d’ailleurs déjà été établi à cet effet par le responsable onusien en attendant sa concrétisation après sa validation par les parties concernées. Bien sûr, ce travail diplomatique intense est accompagné par une dynamique interne sans précédent.

Un nouveau modèle de redéveloppement spécifique à ces régions a été, ainsi, élaboré et son processus de mise en œuvre est en cours et, en même temps, les provinces du Sud sont également appelées à connaître une dynamique culturelle et sociale sans précédent, avec notamment la promotion du patrimoine culturel hassani et les autres éléments de la culture locale. Sans attendre la résolution de ce conflit, le Maroc a, de ce fait, décidé de poursuivre ses programmes de développement, qui placent l’élément humain au centre de tout.

Depuis son lancement en novembre 2015, le nouveau projet de développement des régions du Sud, doté d’une enveloppe budgétaire de 77 milliards de DH, avance selon un rythme appréciable. Le comité de pilotage, affirment des sources du ministère de l’intérieur, s’est déjà réuni six fois pour suivre, de près, l’état d’avancement des projets programmés dans ce cadre. A octobre dernier, le coût total des projets engagés a atteint 34,6 milliards de DH. Douze conventions relatives au programme du développement intégré des régions du Sud ont été également signées et couvrent la période 2016-2021. Elles concernent, affirment les mêmes sources, pas moins de 160 projets de mise à niveau urbain dans les trois Régions pour une valeur de 3,35 milliards de DH. Globalement, les efforts de développement déployés dans les provinces du Sud durant ces quatre décennies ont préparé cette région pour passer à une étape supérieure et entrer dans une nouvelle ère. C’est ainsi que le nouveau modèle de développement des provinces du Sud, voulu et lancé par le Souverain il y a deux ans, est fondé sur les principes d’inclusion, de gouvernance responsable et de durabilité. Aucun secteur n’échappe à cette dynamique où des chantiers relevant, entre autres, des secteurs du tourisme, de l’emploi, de la pêche, de l’environnement, de la culture, de l’artisanat, de l’enseignement, de la santé, de l’aménagement urbain, des routes, de l’eau, des énergies renouvelables, de l’agriculture et des transports sont actuellement ouverts, en phase de démarrage, ou en études. D’une manière générale, ce modèle se base sur des axes qui consistent notamment en la création de pôles compétitifs capables de créer une nouvelle dynamique et des opportunités d’emploi nécessaires au profit des jeunes et des femmes, de consolider le développement intégré et de promouvoir le volet culturel. Selon les experts en développement, le modèle de développement des provinces du Sud «repose sur trois piliers, qui sont les leviers fondamentaux du développement régional dans ces provinces: une démarche de réforme, une approche nouvelle en matière d’exercice de la démocratie et un modèle de développement dont le contenu est fondé sur une stratégie de rupture qui traduit une réelle volonté de changement dans les provinces du Sud, pour les provinces du Sud et par les acteurs et forces vives de ces provinces». La démarche de réforme, qui est le premier pilier, s’appuie, ainsi, sur une approche nouvelle s’inspirant des bonnes pratiques en matière d’exercice de la démocratie participative. Le deuxième pilier a pour but de permettre une appropriation du projet par la population, une adhésion au projet, et la réunion des conditions d’une mise en œuvre réussie du nouveau modèle de développement dans les provinces du Sud. Pour ce qui est du troisième pilier, il consacre une rupture avec l’économie de rente, la transition d’une assistance à une action sociale et solidaire, et la promotion de la culture et la langue hassanies. Il s’agit, en outre, d’une gestion des ressources naturelles basée sur une gouvernance de nouvelle génération, dont l’objectif est de prospecter, extraire, valoriser et répartir les ressources au bénéfice de l’amélioration des conditions de vie des populations et du développement économique durable de leurs régions.

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