RNI, quand la jeunesse décide de faire de la politique autrement
15 septembre 2017
Tahar Abou El Farah (875 articles)
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RNI, quand la jeunesse décide de faire de la politique autrement

Plus de 3 200 participants, 13 ateliers, des conférences-débats et un riche échange d’expériences. Des universités d’hiver et de printemps régionales sont prévues pour que le débat reste permanent. La jeunesse RNI a été appelée à investir les milieux culturels et sportifs, créer des associations et tisser des réseaux.

Après un congrès irréprochable, il y a quelques mois, le RNI surprend de nouveau par ses capacités de mobilisation et d’encadrement de ses jeunes. Moins de quatre mois après sa création, la jeunesse du parti organise sa première université à Marrakech du 8 au 10 septembre. Pas moins de 3 200 jeunes, dont l’écrasante majorité, n’ont jamais exercé aucune activité politique, se sont retrouvés ensemble à discuter, débattre, opiner, proposer, défendre leurs idées, s’imprégner des idées et des expériences des autres, moins jeunes, et s’initier à la politique dans sens large et noble du terme. Les 13 ateliers, programmés pour cette rencontre, avec autant de thèmes, ont affiché complet et ont même vu leurs travaux durer jusqu’à des heures tardives. Ces ateliers et conférences-débats ont été encadrés par une trentaine d’intervenants nationaux et internationaux indépendants et des cadres du RNI. «La jeunesse qui a été créée il y a moins de quatre mois a réussi le pari d’organiser une des plus grandes universités d’été avec la participation de plus de 3000 jeunes, issus de toutes les régions du Royaume, mais aussi de la jeune génération des MRE. Pendant toute la durée de cet événement, il y a un débat continu avec une participation massive et irréprochable et surtout disciplinée dans des ateliers qui ont parfois continué leurs travaux jusqu’à des heures très tardives», confirme Mustapha Baitas, député, coordinateur et directeur du siège du RNI (voir entretien). La qualité des débats, l’excellence de l’organisation, et l’avidité du savoir, la curiosité et le comportement irréprochable des participants a fait dire au président, Aziz Akhannouch, au moment de la clôture de cette rencontre : «Vous nous avez montré aujourd’hui que vous n’êtes pas seulement une jeunesse organisée, mais une jeunesse forte». Le RNI a pris l’engagement, sous la nouvelle direction, d’encadrer les jeunes et de les encourager à s’impliquer dans la vie politique afin de contribuer au développement socioéconomique du pays. Par l’organisation de cet évènement il a montré qu’il peut tenir ses engagements. Quatre mois à peine après sa création, la jeunesse du RNI compte déjà pas moins de 14 000 adhérents, quelque 1 600 nouveaux jeunes viennent à peine de recevoir leurs cartes de militant. Et le parti ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Effet d’entraînement

«Vous êtes 3 200 à assister à cette université d’été, si chacun de vous arrive à convaincre seulement dix jeunes de s’engager dans la vie politique, vous serez l’année prochaine, à la prochaine université d’été 32000, et si chacun de ces 32 000 fait de même vous serez bientôt 320000 jeunes à œuvrer, ensemble, pour la construction et le développement de notre pays», a souligné, en substance, le président du parti devant un parterre de jeunes plus que mobilisés pour le bien de leur parti et du pays en général. Le président du RNI a, de même, souligné que tous les partis sont appelés à répondre aux attentes et revendications pressantes des jeunes et à les inciter à adhérer dans la politique afin de changer les stéréotypes entourant cette jeunesse marocaine pourtant «créative et innovante». Cette université d’été a été «un tournant», pour reprendre une expression de Mustapha Baitas, pour le parti, c’est une étape importante pour la communication et la discussion autour de l’avenir du Maroc aux niveaux social, politique et économique. Parmi les thèmes abordés, les enjeux de la participation politique, la social-démocratie, l’éducation, l’art et patrimoine, l’emploi, le travail associatif et autant d’autres autres sujets non moins passionnants. «Le débat était à la fois dense et intense. Les commissions préparatoires de cette rencontre ont travaillé sur 13 thèmes importants qui ont fait l’objet d’autant d’ateliers organisés pendant les deux jours de l’événement. Des questions extrêmement sensibles ont été abordées sans tabous, il y avait des thèmes sur les libertés, la diversité et le droit à la différence, la démocratie sociale. Tous les ateliers affichaient complet, c’était un vrai débat», affirme ce jeune cadre du parti. C’est pour dire que la jeunesse du RNI a pu élargir considérablement ses horizons de réflexion et partir la tête pleine d’idées. Et pour leur démontrer que des idées peuvent souvent déboucher sur des expériences professionnelles et personnelles exceptionnelles, une rencontre a été organisée, lors de cette université d’été, avec les membres du bureau politique du parti, qui sont venus partager avec les jeunes leurs expérience et parcours. Des ministres, des cadres et des entrepreneurs ont ainsi parlé spontanément et honnêtement de leur parcours devant ces jeunes.

Communication dans les deux sens

Cet exercice leur a montré que l’ascenseur social «n’est pas en panne, il fonctionne toujours mais il nous faut encore le huiler un peu plus», lance le président lors de son intervention de clôture de l’évènement. Et d’ajouter : «Et si toutes ces expériences ne vous ont donné pas l’envie de vous lancer, c’est que nous n’avons pas réussi notre pari. Comme nous avons pris le risque de nous jeter dans la politique et que nous nous sommes tout de suite mis à l’œuvre, vous aussi vous devez prendre le risque en économie et prendre l’initiative de créer vos propres entreprises. Nous allons vous y encourager, et ce n’est pas grave si parmi 20 projets lancés cinq n’aboutissent pas, nous aurons toujours 15 projets qui auront réussi». La direction du parti a promis de trouver des moyens et de les mettre en œuvre pour aider ces jeunes, et ceux de tout le pays, à s’émanciper et se prendre économiquement en charge. C’est que la principale mission que s’est donné le parti c’est d’œuvrer, avec ses femmes et ses hommes, pour créer de la valeur ajoutée pour les jeunes, pour les citoyens et pour tout le Maroc.

Cela étant, et comme dans tous les partis où la démocratie interne est une pratique et non un slogan, au RNI le message va dans les deux sens, ascendant et descendant, contrairement aux «zaouias» où le guide dicte sa conduite à tout le monde. «Nous avons pu entendre des idées nouvelles, lumineuses et surtout sérieuses pour l’avenir de notre parti et de notre pays. C’est pour cela que nous, hommes politiques chevronnés, nous ne pouvons pas être sensibles aux messages de la jeunesse. Ce que je peux vous dire c’est que nous avons compris votre message, vous nous avez donné une nouvelle impulsion et je vous assure, main dans la main, nous pouvons aller très loin», affirme le président.

Des projets en vue

C’est pour cela que cette université d’été n’est qu’un début. C’est une nouvelle dynamique qui vient d’être lancée. Les coordinations régionales de la jeunesse du parti ont, en effet, été invitées à organiser des universités de printemps ou d’hiver et d’en faire des rendez-vous réguliers.

A l’avenir, confirme ce dirigeant du parti, des universités régionales sont prévues pour préparer les travaux de l’université d’été. Il est même projeté d’organiser entre deux universités d’été une université d’hiver. Bref, la jeunesse ne va pas rester les bras croisés et le débat ne vient que de commencer. La jeunesse n’est pas pour autant un organe figé. En plus de l’instance nationale, il existe des bureaux régionaux, provinciaux et locaux, ils travaillent en permanence et appliquent la stratégie politique du parti. Ils ont un programme d’action claire et surtout des moyens bien définis, l’enjeu est que la jeunesse puisse aller là où le parti ne peut pas se retrouver.

En parallèle, les jeunes du RNI sont également appelés à s’investir dans la vie sociale, à créer des réseaux, des espaces de débats, communiquer, poser des questions et soulever des interrogations. Bref, s’émanciper et devenir des acteurs actifs et agissants dans l’intérêt du parti et dans celui du pays. Des moyens techniques ont déjà été mis à leur disposition en ce sens. Les jeunes sont également invités à élargir leurs horizons, à ne pas rester dans la politique, mais à s’investir dans le domaine culturel, dans la musique et le théâtre et dans le domaine sportif. Ils sont appelés à créer des associations, s’ouvrir sur la société et occuper les espaces culturels et sportifs et prendre en main les autres jeunes. Le message est clair, il ne faut surtout pas laisser le terrain vide aux nihilistes, et autres, qui ne voient que le côté négatif des choses. Cela dit, la jeunesse du parti, reste un organe parallèle comme les autres et ne pas remplacer le parti ni empiéter sur son rôle. Sa principale mission, sur le plan organisationnel, est d’élaborer une vision par rapport aux questions qui concernent les jeunes, mais tout en restant dans le cadre des orientations générales du parti. Elle a une place exceptionnelle dans les instances du parti et, ce qui est rare dans nos partis politiques, son président est membre, de par sa qualité, du bureau politique. Bien sûr, comme ce qui est le cas pour les autres organes parallèles, il existe des passerelles entre la jeunesse et les institutions du parti. C’est donc un organe parallèle qui applique la stratégie du parti et complète l’offre politique du parti.

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