11 mars 2005
Lavieeco (24916 articles)
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De nouveau la fronde au sein du PJD

200 militants de la région d’Oujda s’apprêtent à quitter le parti dans les prochains jours.
Les protestataires accusent le Mouvement de l’unité et de la rénovation d’éliminer tous ceux qui manifestent une certaine différence.

Le malaise au sein du PJD s’accentue. 100 militants du parti ont claqué la porte en début de semaine, protestant contre «la mainmise du Mouvement de l’unité et de la rénovation (MUR)» sur les instances du parti islamiste. Nourredine Zaouch, secrétaire provincial du parti dans la région d’Oujda, et lui aussi démissionnaire, ne cache pas sa colère envers le secrétariat général du parti qui est passé, selon lui, totalement sous la coupe du MUR. «Les membres du secrétariat général se sont alignés sur la position du Mouvement de l’unité et de la rénovation sans se soucier de la légalité au sein du parti», témoigne-t-il.

Dix membres du secrétariat provincial claquent la porte
Les origines de la crise actuelle remontent aux dernières élections communales, quand Mohamed Khalidi, proche de Abdelkrim Khatib, a été choisi comme tête de liste du PJD dans la ville d’Oujda. Cette décision n’a pas plu aux militants du MUR qui se sont déclarés opposés à la liste conduite par Mohamed Khalidi. Nourredine Zaouch, alors membre du MUR, a dénoncé avec quatre autres membres du mouvement «la duplicité et l’indiscipline organisationnelle» des responsables locaux du MUR. Cette position lui a valu à lui et à ses amis d’être exclus du Mouvement de l’unité et de la rénovation. Depuis, Nourredine Zaouch n’a de cesse d’attirer l’attention des dirigeants du PJD sur cette anomalie organisationnelle, d’autant plus que les membres du MUR qui avaient combattu la liste de Mohamed Khalidi lors des élections communales ont été l’objet d’une mesure disciplinaire de la part de Abdelkrim Khatib. Mesure qui n’a jamais été appliquée puisqu’ils bénéficient de grandes complicités au sein du secrétariat général du parti.
Aujourd’hui, Noureddine Zaouch ainsi que dix des treize membres du secrétariat provincial préfèrent se retirer de cette instance. En outre, quatre conseillers municipaux du PJD élus à Oujda ont également présenté leur démission de la municipalité. Il s’agit de Hassan Hamouda, sixième vice-président, Khalid Zouheir, Abdelhak Rhibat et, bien sûr, de Noureddine Zaouch. D’ailleurs, les démissionnaires annoncent que 200 autres militants quitteront le parti dans les jours qui viennent.
Ce n’est pas la première fois que des militants du PJD se soulèvent contre cette discrimination qui est faite au sein du parti entre les simples militants et ceux qui sont estampillés MUR. Loi du nombre oblige, ceux-ci ont toujours eu gain de cause. Cela avait commencé avec la tendance proche de Abdelkrim Khatib, puis cela s’est poursuivi avec certains militants de Casablanca (le groupe de Khalid Mossadak) qui ont choisi de rejoindre d’autres partis, comme celui de Choura wa al istiqlal. Et les rangs des mécontents risquent d’aller en grossissant. D’après un observateur des mouvements islamistes, la stratégie du MUR n’a rien de surprenant puisque les mouvements islamistes en général n’acceptent pas de dissonances en leur sein. Ce sont des organisations monolithiques dont le fonctionnement interne est presque stalinien. Alors, tous ceux qui sont porteurs d’une différence, fût-elle minime, sont exclus sans état d’âme. Ceci est d’autant plus aisé qu’à chaque fois ce sont des petits groupes de militants qui se révoltent. Leur retrait n’engendre donc qu’un faible impact sur l’organisation du parti. En l’absence d’une structure concurrente où les militants dépités peuvent se réfugier, le MUR continuera, tel un rouleau compresseur, à écraser toute velléité de différence qui oserait s’exprimer .

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