Une première au Maroc : séparation chirurgicale de siamois
9 novembre 2007
Lavieeco (25050 articles)
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Une première au Maroc : séparation chirurgicale de siamois

Une équipe chirurgicale a pu, le 23 octobre 2007, séparer deux siamois accolés
par le ventre
Depuis 1997, on a recensé six jumeaux siamois (12 bébés) au Maroc.

La séparation chirurgicale de siamois est délicate. Mais l’équipe médicale du Pr Fouad Ettayebi, chef du service des urgences chirurgicales de l’hôpital universitaire des enfants de Rabat, a réalisé la premiière au Maroc avec succès. C’est un cas très rare, affirme le Pr Ettayebi. La grossesse de la maman a été suivie à  Tanger, sans que le diagnostic ne soit posé avant la naissance et l’accouchement s’est déroulé normalement par voie basse. A l’examen, il s’agit de deux jumeaux siamois dont l’un est à  terme et en bon état général, alors que le développement embryonnaire de l’autre s’est arrêté à  six mois. Le siamois non mature possède une tête, des cheveux, quatre membres, un thorax, un abdomen et un squelette complet (voir scanner). Le bilan radiologique, en particulier le scanner, révèle que les deux siamois ont en commun foie, vésicule biliaire et colon. La séparation a été décidée à  l’âge d’un mois, en accord avec la famille, car le fÅ“tus incomplet (mort) pouvait compromettre le développement du nouveau-né vivant. L’équipe a décidé de transférer tout le foie vers le nouveau-né vivant ainsi que le colon. Les suites opératoires ont été simples et le pronostic vital jugé très bon. Lundi 5 novembre, le bébé quittait l’hôpital en bonne santé. Le Pr Ettayebi rappelle que le terme de siamois désigne des jumeaux dont les corps sont accolés à  la naissance. Il s’agit d’un phénomène rare dont la fréquence est estimée de 1 sur 50 000 à  1 sur 200 000 naissances. 70% des siamois sont de sexe féminin. La formation de siamois peut s’expliquer par la non-séparation complète de l’Å“uf après fécondation, ce qui entraà®ne le développement de deux fÅ“tus accolés. Les causes exactes de la formation des siamois n’est pas bien connue, mais certains facteurs prédisposants peuvent favoriser le développement de grossesses multiples et gémellaires, tels les traitements hormonaux contre l’infertilité et certains médicaments comme le Clomid. Généralement, les siamois sont classés en fonction de la partie du corps qui est accolée : thorax, tête, pelvis, rachis, partie antérieure de l’abdomen. Ils peuvent aussi être unis latéralement. Le Pr Ettayebi insiste sur le fait que le diagnostic anténatal d’une grossesse gémellaire siamoise est en général facile grâce à  l’échographie faite dès la 12e semaine de développement embryonnaire. Par ailleurs, à  la 20e semaine, l’échographie peut préciser l’anatomie des organes en commun y compris le cÅ“ur. La séparation de deux siamois est plus ou moins difficile en fonction des organes en commun.

Le taux de survie actuel des siamois après séparation est de 80%. Le Pr Ettayebi rappelle que dans le service des urgences chirurgicales de l’hôpital d’enfants du Centre hospitalier Ibn Sina on a recensé six siamois (12 bébés) depuis 1997. Deux ont été envoyés en Espagne pour prise en charge. Deux autres ont été séparés en Arabie Saoudite et deux sont en attente de séparation chirurgicale au Maroc.

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