«Mon collaborateur est un menteur»
3 février 2017
Yasmina Rheljari (341 articles)
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«Mon collaborateur est un menteur»

Je n’ai pas voulu y croire au début mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence : mon collaborateur est un menteur ! Et autant pour les petites que les grandes choses. Par exemple, il m’invente des prétextes de plus en plus «créatifs» pour justifier ses retards quasi quotidiens, mais il est capable aussi de me faire croire qu’il est EN TRAIN de boucler un dossier alors qu’il ne l’a même pas commencé ! Du coup, devinez qui se retrouve avec plus de charge de travail, et ce, depuis des mois ! Que me conseillez-vous ? F.D.- Rabat

Mentir et être menteur.

On peut avoir un bureau désordonné et être la rigueur même à la maison, être un vrai boute-en-train en famille et très réservé en réunion, un parent responsable et autonome à la maison et cadre «demanding» au travail. C’est la raison pour laquelle on ne peut juger une personne sur la base de quelques faits, si graves soient-ils.

Ainsi, votre collaborateur vous a MENTI (en espérant que vous avez bien validé ces informations), mais n’est peut-être pas un MENTEUR. C’est en adoptant ce type de raisonnement que vous aurez  une piste pour résoudre ce problème. Car, changer le caractère d’une personne est beaucoup plus complexe que certaines réactions ou actes inappropriés mais PONCTUELS.

Pourquoi aussi longtemps?

Vous dites que cette situation dure depuis des mois. Il me semble que c’est un peu long, n’est-ce pas ? Pourquoi avoir laissé cette situation perdurer et donc empirer tout ce temps? Vous le savez, en matière de «worst practices» qui ne dit mot consent ! Et c’est donc un enseignement pour vous: ne laissez pas une situation injuste et non professionnelle s’installer dans le temps. Il vous faut au contraire réagir.

Un retard est compréhensible et même tout à fait normal : 5 par semaines, ça n’est plus un «empêchement ou une urgence» mais une HABITUDE. Et vous le savez, il faut 21 jours pour qu’une habitude s’installe, alors imaginez des mois !

Vous ne rendez pas service au collaborateur en restant passif, car vous le laissez «croire» que ce qu’il fait est normal, jusqu’au jour où la coupe étant pleine, vous lui signifiez un mécontentement sévère, voire un licenciement. Aussi, apprenez à savoir QUAND (c’est-à-dire rapidement) et COMMENT réagir.

Jouez pour gagner

Le piège, quand on est «trop patient» face à une erreur commise par un collaborateur c’est de se retrouver dans un état émotionnel tel que le jour où nous lui parlerons, nous ne ferons que réciter tous nos reproches sans réellement chercher à trouver une solution.

Mais comme vous voulez être dans un autre état d’esprit -celui de JOUER POUR GAGNER- alors invitez cette personne à une réunion et faites le point ensemble. Il y a sans doute une raison à ce changement de comportement, et vous devez la connaître pour pouvoir positionner votre jugement de manière juste et équitable.

Donc, laissez-le vous expliquer ses raisons, envisagez quelques solutions si besoin, puis rappelez-lui LE CADRE de sa fonction, ses droits et devoirs et ce que vous attendez PRECISEMENT de lui en précisant les indicateurs/jalons qu’il devra respecter. Obtenez son engagement de les respecter et encouragez-le. Et s’il ne les respecte pas, vous vous sentirez beaucoup plus sûr de vous si vous deviez prendre une décision plus définitive.

Mais en attendant, tout le monde a droit à une deuxième chance, n’est-ce pas?

A vous de jouer ! 

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