«Je suis mis au placard par la nouvelle direction»
30 janvier 2018
Yasmina Rheljari (363 articles)
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«Je suis mis au placard par la nouvelle direction»

Tout se passait très bien dans ma vie professionnelle jusqu’à ce que mon manager soit remplacé par une nouvelle personne. Depuis, il a presque changé tout dans l’entreprise et nous sommes à la 4e personne qui a démissionné. D’après lui tout ce qui a été fait avant lui est nul et tout doit être refait alors qu’il ne nous a même pas rencontré pour nous demander ce qui a été fait et qui nous sommes.Y compris les collaborateurs puisqu’il a recruté de nouvelles personnes et, nous, nous sommes relégués à des tâches accessoires. C’est usant moralement, injuste aussi car nous avons de l’expérience et pouvons apporter beaucoup à l’entreprise. Alors, je rentre au bureau le matin «pour la forme» parce que je n’ai pratiquement plus rien à faire. Que me conseillez-vous ? M.D.- Casablanca

Je suis toujours étonnée de voir certains managers vouloir TOUT changer quand ils prennent les commandes d’une entreprise. ET ce, sans prendre le temps de bien comprendre l’existant et de rencontrer les collaborateurs. Cela n’a que des inconvénients !

D’abord parce que cela va créer un environnement très difficile de méfiance et de peur. Ensuite parce que le plan de changement proposé est décrédibilisé puisqu’il ne se base pas sur une analyse réelle du passé.

Combien de fois ai-je entendu cette question de la part des collaborateurs qui vivaient la venue d’un nouveau manager lors d’une fusion par exemple : «mais ils prennent plein de décisions et ils ne nous ont jamais rencontrés ni pris la peine de discuter avec nous pour savoir qui nous sommes vraiment et ce que nous avons réalisé. Ils se contentent de rapports d’experts avec des tableaux pleins de chiffres en oubliant que ces chiffres ce sont les hommes et les femmes de la compagnie qui les ont produits…».

Avez-vous une chance ?

Savez vous qu’un avocat ne pose jamais une question à la partie adverse s’il ne connaît pas d’avance la réponse lui-même ? Il fait cela car il sait qu’il risquerait de se fragiliser en découvrant une réponse qui pourrait aller contre ses intérêts et ceux de son client. En d’autres termes, il ne se met jamais EN DANGER. Eh bien, cela s’applique aussi à votre cas. Allez-vous vous engager dans une bataille dont l’issue est déjà décidée? Que se passerait-il dans ce cas? Vous ne feriez qu’arriver à l’échec épuisé physiquement et surtout moralement. Donc, je vous engage à vraiment analyser la situation froidement et à décider si vous vous engagez dans une bataille où vous avez une petite chance de gagner ou pas.Si ce n’est pas le cas, dites-vous qu’il y a parfois plus d’honneur à accepter une défaite plutôt qu’à se battre inutilement. Et négociez avec votre employeur un départ programmé et surtout digne !

Une petite fenêtre d’espoir

S’il reste un espoir, alors, vous devrez d’abord vous assurer d’une chose : êtes vous suffisamment fort et courageux pour traverser cette «guerre des nerfs» ? Adhérez vous-même partiellement à la nouvelle vision de la direction? Si c’est le cas, alors faites en sorte de multiplier les opportunités d’échanges avec votre boss et sa nouvelle «garde rapprochée». Apprenez à les connaître. ET à vous faire connaître. Faites des propositions, partagez l’information et tentez de faire la sourde oreille aux «bad vibes» de critique sur le passé.

Cela ne veut pas dire que vous devrez TOUT accepter, surtout si vous n’êtes pas convaincu ! Ou pire de vous transformer en béni-oui-oui reniant ses convictions ! Mais d’examiner «froidement» l’analyse et les propositions de changement de cette nouvelle équipe. Préparez-vous également à devoir gérer vos anciens collègues qui peuvent vous reprocher d’être passé à l’ennemi en leur expliquant que vous n’appartenez à aucun clan et que vous voulez encore moins avoir à le choisir: vous êtes libre de vos actes et agissez en conséquence !

Après tout, cela peut représenter pour vous une opportunité d’aborder votre job sous un autre angle et surtout de faire partie de ce changement plutôt que de vous cantonner dans le rôle du spectateur qui «siffle les comédiens». Soyez au contraire parmi eux sur la SCENE parce que c’est à cette position que nous pouvons réellement impacter le cours des choses ! 

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