«Il n’est plus aussi impliqué mais je ne peux pas le licencier !»
6 février 2018
Yasmina Rheljari (363 articles)
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«Il n’est plus aussi impliqué mais je ne peux pas le licencier !»

On parle souvent des «méchants managers» qui ne sont pas équitables avec leurs collaborateurs mais jamais de l’inverse. Et pourtant cela arrive plus souvent qu’on ne le croit. Je suis dans ce cas aujourd’hui avec ce collaborateur qui mène une véritable guerre des nerfs depuis des mois ! Il vient à l’heure qu’il veut au bureau, prend des pauses déjeuner à rallonge et rentre chez lui rarement après 17h. Et bien sûr, durant la journée je ne le vois pas débordé (j’ai même cru une fois le voir regarder un film sur son ordinateur !). Il ne fait même pas le strict minimum ! Mais comme je n’ai pas de fautes claires à lui reprocher je ne peux le licencier sans avoir à lui verser des indemnités importantes et ce serait injuste. Que me conseillez-vous ?L.R.- Casablanca

C’est vrai qu’on ne parle pas assez de la «solitude du manager» qui n’a pas toujours tous les torts. Comme on dit, un tango se danse à deux, et il arrive que le manager fasse vraiment de son mieux mais qu’il ait la malchance de tomber sur un collaborateur «difficile». Maintenant, il est important de se demander pourquoi vous en êtes arrivé là ? Est-ce suite à une erreur de recrutement que vous n’avez pas voulu reconnaître à temps? Ou parce que vous avez lâché du lest au fur et à mesure en «acceptant» tacitement ses manquements, amenant ainsi ce collaborateur à croire qu’il pouvait faire ce qu’il voulait ? A moins qu’il ne se soit passé quelque chose de précis qui a déclenché cette grève du zèle… Peut-être une promotion qu’il pensait obtenir ? Une évaluation mal acceptée ? Ou encore un problème personnel qu’il ne peut vous dévoiler ? Dans tous les cas, vous devez d’abord vous interroger sur VOUS-MEME: Qu’est-ce qui, dans votre comportement, votre niveau d’exigence, et votre courage managérial, a amené ce collaborateur à se permettre ce genre de «nonchalance professionnelle» pendant aussi longtemps ? Et d’après vous, que pense votre équipe de cette situation si étrange ?

Rappelez les règles du jeu

Dans un premier temps il me paraît urgent de parler avec ce collaborateur pour comprendre ce qui se passe ! Puis de lui rappeler les règles du jeu. Et d’être ferme à ce sujet (et ce, à moins d’un souci d’ordre privé qui requiert dans ce cas une prise en charge différente). Car vous ne voulez pas que cet échange se transforme en réunions de doléances. Vous pouvez en effet être pratiquement certain qu’il vous renverra VOS propres erreurs comme un manque de motivation, des bonus réduits, trop de travail, etc. Alors que ce que vous voulez souligner ici c’est que dans une entreprise les règles sont les mêmes pour TOUS ! Et que répondre par une attitude pareille à un désaccord sur vos décisions n’est absolument pas une idée productive ou encore professionnelle !

Donc à moins que vous ne découvriez une information qui vous aurez échappé, soyez bref et ferme. Car si vous n’avez pas réagi à temps, lui aussi aurait dû venir vous parler de ce qui le tracassait (un sentiment d’injustice ? Une décision de votre part mal comprise ?) au lieu de s’enliser dans ce type de comportements qui ne mène à rien en fait…

Dans tous les cas, décidez ensemble de faire preuve de plus de transparence à l’avenir et d’apprendre à communiquer : «keep it simple» reste le meilleur des moyens d’éviter les malentendus et de nombreux conflits !

Une chance pour lui et pour votre entreprise

Si après cet échange vous observez des changements positifs, c’est que cette personne aura compris que quel que soit le «problème», agir de cette manière n’était pas une «bonne idée», et vous pourrez ainsi reprendre les choses à la bonne place, et ce, dans un climat professionnel et confiant. Si au contraire, vous voyez que cette personne est décidée à poursuivre sa guerre des nerfs (et cela arrive malheureusement) alors il ne vous restera que deux possibilités : faire en sorte qu’il ne soit plus un sujet de préoccupations pour vous (les «bad vibes de ce type sont chronophages et nous éloignent des vrais sujets de travail). En d’autres termes, «oubliez-le». Je sais, cela peut paraître étrange comme recommandation mais cela reste la seule voie possible si vous ne voulez pas négocier avec lui son départ (et si c’est vraiment ce qu’il attend ?).

La seconde option est justement de consulter un expert et d’examiner ensemble ce que vous pourriez faire pour trouver un «arrangement» qui sera de toute manière moins coûteux que de rémunérer une personne qui ne produit rien si ce n’est de la frustration.

Dans tous les cas, dites-vous que cette personne vous aura aidé à mieux vous connaître et à prendre conscience qu’il est nodal pour un manager de savoir agir à temps et de dire les choses clairement, aussi bien quand ça ne va pas que quand ça va !

A vous de jouer ! 

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