Rémunération : dirigeants et cadres dirigeants toujours très choyés
11 octobre 2017
Brahim Habriche (1816 articles)
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Rémunération : dirigeants et cadres dirigeants toujours très choyés

Sur les trois dernières années, le taux d’augmentation annuel moyen pour les cadres dirigeants est à plus de 5%. Les fonctions supports, comme la finance, le marketing et les RH, sont mieux lotis que la production et la maintenance.

Comme chaque année, les regards se focalisent sur les rémunérations. Quels sont les postes les mieux rémunérés et quels sont les secteurs qui payent le mieux ? Faut-il s’attendre à des augmentations conséquentes ? Comme à l’accoutumée, les entreprises sont à la recherche de l’oiseau rare dans chaque métier, celui qui a les aptitudes de composer avec la complexité, de comprendre les enjeux, de contribuer à la conception de la vision, bref celui qui est capable de transformer le coût en avantage et créer de la valeur pour l’entreprise. D’un autre côté, les pratiques salariales dans les secteurs qui animent l’économie du pays sont orientées en fonction de plusieurs paramètres : le niveau de dynamisation du secteur, le niveau de  disponibilité de l’offre des profils recrutés dans un métier et/ou dans le secteur, le niveau du turn-over intra métier et inter-entreprises du secteur, la cotation du métier à l’international…

La dernière enquête du cabinet Diorh, menée comme chaque année avec son partenaire international Mercer, dresse plusieurs constats à ce titre.

Cette enquête concerne 136 entreprises de divers secteurs d’activité et 448 postes couverts. D’après les conclusions, la progression des salaires continue, en particulier pour les cadres dirigeants et les managers. Sur les trois dernières années, le taux d’augmentation annuel moyen pour les cadres dirigeants est à plus de 5%. Les salaires fixes ont donc progressé de 16% sur la même période en moyenne. Ce taux annuel moyen est de 1 à 2 points supérieur à celui des cadres et non-cadres.

Les écarts sont importants entre les dirigeants et les non-cadres au sein des entreprises marocaines, tous secteurs confondus. L’enquête REM 2017 montre également que les salaires des dirigeants au Maroc sont beaucoup moins élevés que ceux basés en Espagne, en Allemagne ou en France. En revanche, ils sont au même niveau qu’en Tunisie ou en Roumanie. Ce ne sont que des tendances. Au Maroc, il y a évidemment des dirigeants et cadres dirigeants dont les salaires n’ont pas bougé depuis des lustres ou évoluent en dessous de la moyenne du marché.

Les diplômes étrangers mieux reconnus

Autre tendance, le salaire de base et les primes et indemnités garanties (panier, transport, représentation…) continuent de représenter une part importante de la rémunération globale des cadres, cadres supérieurs et cadres dirigeants.

Par exemple, 74% de la rémunération des dirigeants est une rémunération fixe (contre 73% en 2012). Elle concerne toutes les composantes de la rémunération (salaire de base, bonus, stock-options, avantages en nature…).

Selon Mehdi El Yousfi, DG du cabinet Diorh, «les éléments variables sont ainsi insuffisamment développés. Ce qui pose problème au niveau du pilotage de la performance».

Au niveau des secteurs,  certains continuent à être mieux rémunérés que d’autres. Bien que composé d’entreprises multisectorielles et majoritairement industrielles, le panel continue d’être dominé par l’industrie des biens de grande consommation et par l’industrie pharmaceutique et le secteur des hautes technologies.

Ainsi, la compétitivité dépend des catégories d’emploi et ce sont les managers et les non cadres qui sont le mieux lotis surtout dans les secteurs des high-tech et l’industrie pharmaceutique (surtout en matière de salaire fixe garanti). En revanche, les équipementiers rémunèrent moins bien.

En matière de mix rémunération (fixe + variable), c’est le secteur de l’industrie pharmaceutique qui octroie le plus de variable.

En ce qui concerne les métiers, ce sont principalement les fonctions supports qui tirent leur épingle du jeu (finance, marketing, RH) au détriment des fonctions plus directement impliquées sur la chaîne de valeur (production, maintenance).

Autre constat : les jeunes diplômés issus des écoles étrangères d’ingénierie et de commerce ont plus de facilités pour décrocher un emploi que ceux issus du système éducatif public, et ce, avec une marge de 20% de différence. Cependant, l’évolution du salaire des diplômés à l’étranger s’estompe à moyen terme. Ainsi, de meilleures progressions sont enregistrées au bout de trois ans, quelle que soit l’origine du diplôme.

Enfin, la pression inflationniste a été dans l’ordre du jour. Selon M. El Yousfi, «l’inflation salariale semble déconnectée de la dynamique économique et le marché s’est habitué à des révisions d’augmentation salariale de l’ordre de 4,5 à 5% chaque année, et ce, indépendamment de la croissance économique du pays».

Selon les observateurs, cette inflation semble principalement liée à l’attrition des compétences et de profils hautement qualifiés. Autre remarque, cette inflation salariale ne cherche pas à endiguer un mouvement massif de turn-over. Enfin, la tendance plus inflationniste pour les fonctions supports s’explique par leur caractère plus transposable d’une entreprise à l’autre, voire d’un secteur à l’autre. Elles sont plus à l’écoute du marché et moins enclines que les fonctions métier à emprunter des chemins de carrière prédéfinis au sein de l’entreprise.

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