Rémunération au Maroc : Questions à Mehdi El Yousfi, DG du cabinet Diorh
11 octobre 2017
Brahim Habriche (1816 articles)
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Rémunération au Maroc : Questions à Mehdi El Yousfi, DG du cabinet Diorh

Les entreprises accordent de plus en plus d’importance aux avantages sociaux. DE même, Beaucoup de cadres sont attentifs à ces éléments avant de rejoindre un nouvel employeur.

La Vie éco : Quelle lecture faut-il se faire de cette nouvelle enquête ?

Depuis quelques années, le marché s’est habitué à des augmentations salariales de l’ordre de 4,5 à 5%, et ce, sans corrélation avec la croissance économique. C’est une tendance purement psychologique.
Globalement, la tendance observée est celle d’une inflation des rémunérations et en particulier pour les managers et les dirigeants. Cette progression tourne généralement entre 3% et 5% en moyenne et atteint pour les dirigeants 5,5% sur une année.

Autre tendance malheureusement moins reluisante, on continue à rémunérer par du fixe. Par exemple, 75% du salaire d’un dirigeant est constitué d’une partie fixe.

Au niveau des métiers, nous pouvons souligner que ce sont les fonctions supports qui occupent des places importantes en matière de progression, à l’instar des métiers de la finance, des ressources humaines et du marketing. Ces derniers se renchérissent à cause de leur importance stratégique grandissante dans la chaîne de création de valeur des entreprises, mais aussi du changement profond qu’ils subissent à l’ère du digital.

Il faut dire aussi que ce sont des métiers qui sont transposables d’un secteur à l’autre. Mais qui arrivent à se vendre un peu plus cher que d’autres fonctions comme la maintenance ou encore la logistique.

Vous venez d’évoquer le fait que la partie variable est encore moins importante. Alors comment inciter à la performance ?

Malheureusement, l’intégration du variable est encore timide dans les pratiques salariales. Ceci dit, les entreprises accordent de plus en plus d’importance à d’autres éléments comme les avantages sociaux (retraite complémentaire, assurance vie, prêts, prix préférentiels…). De même, beaucoup de cadres sont attentifs à ces éléments avant de rejoindre un nouvel employeur.

Les écarts entre grandes entreprises et PME sont-ils palpables ?

Il est vrai que notre panel est constitué majoritairement de grandes structures dont l’effectif moyen est de 600 salariés.
Les grandes entreprises ont par exemple généralisé les révisions salariales, alors que dans les PME ces pratiques de révision sont beaucoup plus attribuées aux managers.
Autre fait, les grandes structures se situent généralement dans les niveaux supérieurs en matière de salaire (généralement les 4e quartile) alors que les salaires dans les PME se situent au niveau de la médiane du marché.

Comment se présente l’année 2018 ?

Pas de grands chamboulements! Je pense que les entreprises seront dans une gestion dynamique de la performance à travers des éléments variables. La vraie question qui se pose est de savoir comment convertir par exemple les bonus comme de véritables éléments du variable.

En matière d’inflation des salaires, je pense qu’aujourd’hui nous sommes dans une bulle inflationniste qui ne tardera pas à régresser. On arrivera certainement à une stabilisation des salaires surtout pour des postes importants.

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