Profils IT : Entretien avec Chantal Aounil, Consultante, Bil consulting
25 avril 2018
Brahim Habriche (1919 articles)
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Profils IT : Entretien avec Chantal Aounil, Consultante, Bil consulting

«Il y a un sous-effectif de lauréats ingénieurs répondant concrètement aux besoins du marché».

Le marché de l’emploi pour les profils IT connaît actuellement une embellie qui s’explique par la démarche de digitalisation des entreprises qui recrutent plus que jamais différents profils allant jusqu’à faire face parfois à une véritable pénurie. Analyse du marché avec Chantal Aounil, consultante recrutement chez Bil Consulting.

Les profils IT ne cessent d’être demandés sur le marché de l’emploi depuis que les entreprises ont engagé leur transformation digitale. Comment se porte le marché?
Aujourd’hui, toute entreprise a besoin d’un service informatique abouti, quel que soit le secteur dans lequel elle évolue. Nous recevons des offres d’emploi pour des étudiants provenant des banques, assurances, multinationales, sociétés de services informatiques…
Le IT est un domaine qui recrute énormément car le besoin d’avoir des ingénieurs compétents, polyvalents et capables de répondre très rapidement à leurs problématiques est toujours là.
Le marché de l’emploi pour les profils IT demeurera toujours ouvert; il faudrait seulement que les profils sortant puissent répondre concrètement aux besoins des entreprises en maîtrisant les dernières technologies du moment
Cette demande soutenue s’explique par le taux de volatilité qui est propre à cette population, et par la demande émanant du marché international qui vient aujourd’hui recruter les ingénieurs informaticiens également. On le voit notamment à travers les plateformes françaises. Les ingénieurs marocains saisissent également l’occasion pour aller évoluer à l’étranger.

Que cherchent généralement les entreprises ?
De manière générale, les entreprises cherchent toujours ces profils : les développeurs (java, .net ..), les concepteurs, les chefs de projets, les directeurs de projets, les gestionnaires de bases de données, les architectes des systèmes d’informations, experts sécurité, infrastructure, réseaux et métiers… Cependant cette demande s’est enrichie par les évolutions de profils existants avec par exemple une forte demande pour les développeurs Java ou web ou le développement des systèmes de gestion de base de données.
Nous constatons également un intérêt important pour les consultants. Beaucoup d’entreprises recourent à ces experts en contrat CDD pour des projets courts qui ne dépassent pas les trois ans.
J’ajouterais également que les soft skills sont importants. Il faut avoir une capacité d’adaptation rapide pour pouvoir gérer des micro-projets dans des délais serrés et passer constamment d’un projet à un autre.

Justement, y a-t-il une attention particulière pour de nouveaux profils ?
Ces profils sont de plus en plus demandés en raison des transformations, notamment la transformation digitale, qui a commencé dans la plupart des grandes banques et certaines entreprises. Ces transformations nécessitent des profils classiques d’informaticiens (DBA, architectes des SI, développeurs et experts sécurité), mais aussi des profils aguerris dans des domaines «nouveaux» comme les technologies du big data, la mobilité (développeur web mobile, webmarketeurs, webdesigners) et le cloud.

Les établissements de formation arrivent-ils à répondre efficacement aux besoins du marché ? Pensez-vous qu’il existe un sureffectif de lauréats formés sur la place ou, au contraire, l’offre n’arrive-t-elle pas à satisfaire la demande du marché ?
Il y a certes un sureffectif de manière général de techniciens et techniciens spécialisés qui surpasse l’offre de travail, mais je pense qu’il y a un sous-effectif de lauréats ingénieurs informaticiens répondant concrètement aux besoins du marché.
Pour les métiers classiques de l’informatique, les ressources sont disponibles pour l’instant même si nous retrouvons certains profils en grande quantité et passe partout (ex-ingénieurs système et réseaux fournis par toutes les universités et écoles mais pas toujours en adéquation avec les besoins). Le problème se pose pour les nouveaux métiers. Le niveau est loin de répondre aux besoins des clients par exemple.

Justement, on évoque souvent le déficit de qualité chez les informaticiens, que font les entreprises pour y remédier ?
Beaucoup d’entreprises envisagent de former les débutants de telle manière à répondre à leurs besoins. C’est l’une des solutions les plus adéquates pour accélérer la mise à niveau pour les entreprises en termes de ressources adéquates et ne pas attendre le lancement des masters en big data alors que le besoin est déjà là.
Malheureusement, certaines entreprises ne sont pas dans la logique de formation et préfèrent par conséquent se doter de compétences directement opérationnelles.
La PME par exemple souffre de cette rareté des profils pointus.

Comment évoluent actuellement les salaires des informaticiens ?
Les salaires concernant les profils classiques évoluent normalement. Les SSII payent souvent légèrement plus mais les avantages ne sont pas les mêmes et le profil des candidats qui choisissent chacun de ces secteurs ne sont pas les mêmes.
A titre d’exemple, il faut compter actuellement entre 12 000 et 15 000 DH nets pour un développeur qui possède trois ans d’expérience. Auparavant, ces mêmes candidats étaient recrutés à partir de 11 000 DH sans expérience professionnelle.
En somme, on peut dire qu’on assiste à une revalorisation des salaires due notamment à des départs à l’étranger.

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