Personnalités atypiques au travail : Questions à Mouhssine Benzakour, Sociologue – enseignant chercheur
13 juillet 2017
Brahim Habriche (1815 articles)
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Personnalités atypiques au travail : Questions à Mouhssine Benzakour, Sociologue – enseignant chercheur

«L’entreprise a besoin de tous les traits de caractère, il faut juste identifier les cas difficiles et les canaliser».

La Vie éco : Une entreprise regroupe toujours différentes personnalités. Que retrouve-t-on le plus fréquemment ?

Avant de catégoriser les profils, je tiens à souligner que l’être humain croit à un principe de base qu’est le changement.

C’est un besoin récurrent dans la vie courante, dans l’entreprise ou encore pour soi-même.

Cependant, il crée un paradoxe qui veut que l’être humain veut rester soi-même.

En plus de cela, le stress, la pression permanente et bien d’autres facteurs exacerbent les défauts au point de rendre certaines personnes invivables.

Une personne difficile est une vraie nuisance pour l’entreprise en général. Parce qu’elle plombe l’ambiance et peut être un enfer pour les autres.

Par exemple, le paranoïaque est toujours méfiant. Pour lui le mal vient des autres. Il est toujours en état d’alerte, rejette tout malheur aux autres. Il est binaire, il parle du bien et du mal, du bon et du mauvais. Dans notre société, on reconnaît des paranoïaques qui expliquent leurs malheurs par l’envoûtement, le mauvais oeil ….

L’obsessionnel est, pour sa part, toujours préoccupé par l’organisation, la méticulosité. Il a besoin de tout prévoir. En général, il trouve des difficultés pour exprimer ses émotions contrairement à l’hystérique. Il se contrôle. Il ne reconnaît que ce qui est utile.

Autre exemple, celui de la personnalité histrionique qui est  caractérisé par une tendance marquée à la dramatisation et à l’hyperexpressivité émotionnelle.

Sont-ils utiles pour l’entreprise ?

Il faut préciser toutefois que ce ne sont pas des cas pathologiques. Tout être humain possède des tendances de ces noyaux psychologiques. Sauf que cela peut aller à l’extrême chez certains individus.  Je pense aussi qu’une équipe a besoin de tous ces profils. Le plus important est d’avoir une meilleure adéquation poste/profil. C’est aussi le contexte qui peut rendre ces personnes ingérables.

Le contexte, c’est l’entreprise et ce qu’il s’y passe. Donc le management a sa part de responsabilité. Alors comment gérer les cas difficiles ?

Le premier réflexe à acquérir : agissez avec eux de façon inverse à ce que vous feriez instinctivement.

L’important est de travailler sur les causes des comportements. 

Par exemple ne pas noyer un obsessionnel dans les imprévus. Avec lui, il faut mettre en place un plan d’action avec un suivi régulier car comme je l’ai souligné, il est toujours préoccupé par l’organisation et la méticulosité.

Pour les cas difficiles, il faut aussi comprendre leurs craintes et les doutes et ne pas les juger ou penser que cela provient d’une mauvaise volonté.

Enfin, il faut aussi accepter que le changement de comportement doit être progressif et non pas rapide et brutal.

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