Pas de projet professionnel sans connaître ses atouts et ses faiblesses
14 mai 2004
Reda Harmak (1097 articles)
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Pas de projet professionnel sans connaître ses atouts et ses faiblesses

Formation, adaptabilité, ambition : ce sont les trois piliers pour construire une carrière réussie.
L’échec ne doit pas être vécu
comme un frein, mais plutôt comme une occasion de rebondir.
Mieux vaut quitter l’entreprise
si elle n’offre pas de possibilités d’amélioration continue.

Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Qu’est-ce que je ne veux plus faire ? Quels sont mes objectifs en termes de métier ? Quels sont mes atouts ?
Bâtir un projet professionnel, c’est d’abord se poser ces questions essentielles sur son parcours mais aussi sur son devenir. Il ne s’agit pas de se tracer une voie parfaite. L’essentiel est d’avoir les idées claires pour y parvenir. Explications de Youness Bellatif, DG de Convergence conseil, cabinet spécialisé dans le recrutement.

La Vie éco : La première question que vous pose un recruteur a trait à votre projet professionnel. Comment définir ce dernier ?
Youness Bellatif : Un projet professionnel consiste à définir une ligne directrice, qui ne soit pas trop rigide, de l’environnement dans lequel on souhaite évoluer. Il doit être construit sur des bases solides, cohérentes et en accord avec sa personnalité. Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que je suis capable de faire ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Qu’est-ce que je ne veux plus faire ? Pour cela, le cadre doit tenir compte de trois éléments essentiels, à savoir l’environnement dans lequel il évolue, le changement permanent auquel il est confronté et ses propres ambitions pour y arriver. Pour ainsi dire, un projet professionnel a pour objectif d’aider la personne à y voir plus clair dans son parcours et ses ambitions. Il ne revient pas à déterminer de manière catégorique la marche à suivre. L’important est d’avoir des pistes aussi claires et riches sur son devenir.

Les cadres font-ils souvent ce travail d’introspection ?
Effectivement. Les cadres, surtout ceux des grandes écoles, ont des idées plus précises de ce qu’ils projettent à moyen terme. D’ailleurs, les formations dispensées dans les écoles sensibilisent de plus en plus sur la gestion des carrières ou sur la manière dont il faut construire un parcours professionnel. Cela dit, quel que soit leur domaine de compétence, les cadres ont un positionnement déterminant dans le choix d’entreprendre leur carrière. Ils recherchent avant tout une forme de sécurité de l’emploi et sont davantage attirés par les relations humaines et le travail de groupe. Culturellement, on retrouve ce même souci auprès des cadres «méditerranéens». A contrario, les cadres anglo-saxons privilégient en général le côté réussite personnelle et individuelle et sont davantage prêts à prendre des risques pour y arriver.

Concrètement, que peut faire un cadre pour dynamiser son parcours ?
Il doit sa réussite à trois éléments principaux. Tout d’abord, la formation continue. Parce que la formation initiale n’est qu’une clé qui va lui ouvrir la porte d’un environnement tortueux. Un cadre doit être en mesure de se former continuellement compte tenu de l’environnement auquel il est confronté. Ensuite, parce que les organisations et les comportements changent, il doit forger son adaptabilité. Il doit être capable de travailler sur des projets transversaux, voire dans d’autres domaines pour renforcer ses compétences et sa personnalité. Enfin, et je reviens à une idée citée précédemment, le cadre doit avoir de l’ambition. Il ne s’agit pas de rechercher un statut hiérarchique à tout prix. On peut simplement être responsable de son travail, tout en progressant. C’est un état d’esprit qu’il faut adopter.

Qu’est-ce qui peut empêcher le cadre d’atteindre son objectif ?
La crainte de l’échec. C’est un frein psychologique qu’il faut dépasser. D’ailleurs, les échecs doivent être acceptés parce qu’ils représentent des occasions pour mieux rebondir. Chaque fois, il s’agit d’analyser les causes de l’échec et par conséquent de corriger les faiblesses. Les freins peuvent également provenir de l’entreprise. On dit souvent que l’entreprise, surtout la PME, n’offre pas de possibilités de promotion, d’amélioration continue, de formation… A mon avis, la responsabilité est partagée. Quand le cadre ne trouve pas son compte, il vaut mieux qu’il aille voir ailleurs.

Quels sont les idées-force à retenir pour construire son projet ?
D’abord consolider ses acquis. Il faut commencer par faire le bilan de son expérience en cernant ses points forts et ses points faibles, autant sur le plan personnel que professionnel. Connaître ses atouts, c’est construire les bases d’un projet ambitieux. Il faut également se poser les questions sur son marché potentiel, celui que l’on connaît le mieux et où on a le plus de chances de réussir. Je pense également que l’individu doit aussi faire attention à l’intelligence émotionnelle. Elle est aussi importante que l’intelligence cognitive parce qu’elle permet de s’auto-motiver et d’entretenir des relations fructueuses avec son entourage

Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que je suis capable de faire ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Qu’est-ce que je ne veux plus faire ? des questions essentielles auxquelles on doit répondre.

YounEss Bellatif,
DG de Convergence Conseil
«Un projet professionnel ne détermine pas de manière catégorique la marche à suivre, mais des pistes claires sur son devenir».

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