Mohamed Benouarrek : Un come-back à  son ancienne entreprise n’est pas synonyme d’échec ailleurs
20 novembre 2012
Brahim Habriche (1932 articles)
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Mohamed Benouarrek : Un come-back à  son ancienne entreprise n’est pas synonyme d’échec ailleurs

Le type du divorce professionnel dicte le futur d’une reprise. La motivation pour revenir doit s’inscrire dans une logique de relance de la carrière avec toutes les garanties qui s’imposent.

Revenir à son ancienne entreprise ? Très souvent, une nouvelle expérience est considérée comme source de valeur ajoutée. Mais cela ne conditionne pas une amélioration de la situation. Tout dépend des conditions du précédent départ. Les explications de Mohammed Benouarrek, DRH de Promamec.

Revenir à son ancienne entreprise, est-ce une bonne chose ? Si oui, dans quelles conditions ?

Le bien-fondé ou non d’une telle décision dépend de plusieurs facteurs. Est-ce que les motivations du départ initial ont changé ? Est-ce que les conditions de collaboration ont changé ? Est-ce que la situation du salarié après son départ est meilleure ou pire au niveau de sa présente entreprise ou projet ? Partir comme commercial et revenir après avec les mêmes conditions n’est pas comparable au fait de quitter comme commercial et revenir comme responsable commercial avec de meilleures conditions.
Un autre paramètre qui pèse lourd au niveau de la balance décisionnelle est relatif aux modalités de séparation et la manière avec laquelle les deux parties se sont séparées. Une séparation fraternelle célébrée avec un pot d’adieu n’a rien à avoir avec une démission sans respect du préavis, par exemple. Le type de divorce professionnel dicte le futur d’une reprise. Le contrat moral doit rester propre.
 
Du côté de l’entreprise, comment analyser ce retour ?

Le retour d’un salarié est globalement positif pour l’entreprise. C’est une recapitalisation sur une ressource généralement valable. Mais un retour au même poste est un message indirect au personnel qu’il n’existe pas mieux ailleurs. Le témoignage dudit salarié justifiant son retour auprès de ses collègues peut devenir un ciment renforçant leur engagement vis-à-vis de leur entreprise : «N’essayez même pas… il n’y a pas mieux».

Etes-vous du genre à reprendre un ancien collaborateur ?

Pourquoi pas ! Ceci repose sur son rendement, son comportement et son image.  Quand cette composition tripartite est positive, je n’en vois pas d’inconvénient. Ceci dit, il faut se méfier des conséquences de reprendre un collaborateur avec des conditions nettement meilleures qu’auparavant alors que ses collègues restés fidèles à l’entreprise demeurent sur une croissance à vitesse d’escargot.
 
Connaissez-vous des exemples ou des cadres qui ont bien intégré leur ancienne entreprise ?

Il y en a plusieurs exemples. L’intégration ou plutôt la réintégration peut venir suite à une régularisation de situation, départ d’un ancien chef avec lequel un conflit était à l’origine de cette décision, éclaircissement d’un malentendu, etc. Parfois, ce come-back est un accélérateur de carrière pour le collaborateur concerné et une leçon interne pour d’autres. L’entreprise ne doit pas seulement savoir recruter, mais aussi savoir fidéliser ou récupérer ses bons collaborateurs.
 
Le retour n’est-il pas synonyme d’échec ailleurs ?

Certainement, mais seulement quand les conditions de retour sont les mêmes qu’avant ou bien pire. Dans ce cas-là, le collaborateur en question risque de se voir marginalisé où bien mis au placard.  A défaut d’une raison soutenable, le risque de mauvaise lecture d’un tel retour reste fort présent. La motivation pour revenir doit s’inscrire dans une logique de carrière avec toutes les garanties qui s’imposent. Un objectif clairement tracé de la part du collaborateur doit être la motivation d’un tel come-back. Comme le constate Sénèque, «il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va».

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