L’Oréal et l’Unesco continuent de soutenir les femmes scientifiques du Maghreb
20 novembre 2017
Aziza belouas (1413 articles)
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L’Oréal et l’Unesco continuent de soutenir les femmes scientifiques du Maghreb

Cinq lauréates ont reçu chacune une bourse de 10 000 euros. Quarante-cinq Marocaines sur les 57 Maghrébines ont été sélectionnées depuis 2006.

Tenace que ce préjugé liant la recherche scientifique aux hommes. Et c’est pour prouver que la science a besoin des femmes que la Fondation L’Oréal et l’Unesco soutiennent et accompagnent depuis 11 ans les femmes qui font de la recherche scientifique à travers le programme «Pour les femmes et la science»ou «For woman in science». Le groupe L’Oréal a déployé en 2014 ce programme dans les pays du Maghreb. Pour son édition 2017, cinq nouvelles lauréates ont été primées. Et elles le valent bien…

Elles sont deux Marocaines, une Algérienne et deux Tunisiennes. Jeunes, passionnées par la science et intervenant dans des domaines pointus : identifier de nouveaux marqueurs pour détecter le cancer ou encore découvrir de nouvelles propriétés curatives de certaines plantes ou encore de certaines huiles naturelles. Primées pour leur excellence, les cinq scientifiques éminentes ont reçu chacune un prix de 10 000 euros. Une bourse qui les aidera à avancer dans leurs recherches scientifiques dans des domaines variés.

Ainsi, la Marocaine Fatima Zahra Janati Idrissi, de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat, travaille sur la valorisation des huiles essentielles comme modèle de bioressource applicable dans l’industrie cosmétique et alimentaire. Sa compatriote, Hanaa Zbakh, de l’Université Abdelmalek Essaadi de Tétouan, a choisi de chercher les substances actives en pharmacologie anticancéreuse et anti-inflammatoire à partir d’algues marines de la côte méditerranéenne marocaine.

La boursière algérienne Nawel Zaatout, de l’Université de Bejaia, a consacré ses travaux de recherche à l’étude des propriétés de persistance des staphylocoques responsables de la mammite bovine. Enfin, les travaux de la Tunisienne Ibtissem Ghefrachi, de l’Université de Gabès, ont pour objectif l’utilisation de peptides antimicrobiens provenant d’Aeschynomene (NCR-like) dans le domaine de la santé des plantes et des thérapies sur les animaux et humains. Quant à Amel Benanes, de l’Université Manouba, elle s’est penchée sur l’identification de nouveaux marqueurs de diagnostic et de pronostic du cancer du sein afin de proposer un traitement personnalisé.

Toute une vie consacrée à la recherche

Passionnées par la science, les cinq Maghrébines disent que la bourse du FWIS leur permettra de pousser encore plus loin leurs travaux ou de finaliser certaines phases de leurs recherches. Pour cela, elles repartiront dans des pays européens, notamment France, Allemagne ou Autriche, pour poursuivre leur cursus qui compte déjà quatorze années d’études supérieures et de recherche. Allez-vous vous arrêtez un jour ? A cette question, elles répondent unanimement que «la recherche n’a pas de limite, qu’elle ne s’arrête pas ou jamais».

Même pas pour se consacrer à soi-même et à sa famille ? Une question qui les amuse car elle leur est souvent posée. Et surtout pour leurs parents qui souhaitent les voir mariées. Pas le temps et trop prises par la recherche scientifique. Elles craignent surtout que leur vie privée les empêche d’aller plus loin dans leur cursus. «C’est difficile de concilier vie privée et recherche. Mais, on verra bien», dit Amel Benanes. Un avis largement partagé par les quatre autres boursières dont l’objectif prioritaire du moment est d’avancer dans leurs travaux et surtout prouver que les femmes sont aussi impliquées que les hommes dans la science.

Aujourd’hui, seulement 28% des chercheurs dans le monde sont des femmes. C’est pourquoi la Fondation L’Oréal, aux côtés de l’Unesco, s’est engagée, depuis 1998, à renforcer leur rôle dans la recherche scientifique. Le programme For Women In Science œuvre pour la valorisation de ces chercheuses en les accompagnant même si c’est pour une durée déterminée. Depuis 19 ans, plus de 2 700 femmes scientifiques de 115 pays ont été soutenues à travers 48 programmes internationaux et sous la supervision de plus de 350 scientifiques chargés de désigner les lauréates. Et pour encourager les femmes scientifiques au Maghreb, L’Oréal Maroc a déployé localement le programme qui a pris, depuis 2014, une dimension régionale et offre des opportunités nouvelles aux femmes maghrébines. Elles sont cinquante-sept à avoir jusqu’ici bénéficié des bourses L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science Maghreb. Parmi elles, on compte 45 Marocaines.

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