9 juillet 2004
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Les recruteurs jugent la compétence des ingénieurs

Khalid Oudghiri DRH de Shell Maroc «Ils ont la capacité de s’adapter mais un supplément de formation s’impose» «Les profils de type ingénieur ne sont pas rares sur le marché.

Khalid Oudghiri
DRH de Shell Maroc
«Ils ont la capacité de s’adapter mais un supplément de formation s’impose»
«Les profils de type ingénieur ne sont pas rares sur le marché. Aussi bien les écoles marocaines qu’étrangères alimentent le marché en compétences techniques très appréciables. Les formations ne sont toutefois pas toujours adaptées aux besoins spécifiques des entreprises. Je crois en effet que la corrélation formation-exigences du marché est relativement faible dans certains domaines, mais la capacité d’adaptabilité des ingénieurs, couplée aux efforts qui doivent être déployés par les entreprises en formation et coaching, sont à même de combler ce besoin. En effet, ce dernier point est extrêmement important et le rôle de l’entreprise dans la formation de ses employés sur les besoins spécifiques de cette dernière est crucial. La raison est que les compétences techniques dont bénéficient les ingénieurs ne sont pas suffisantes à elles seules pour en faire des leaders. Autrement dit, le leadership, le relationnel, la volonté d’aboutir et la capacité à délivrer des résultats sont autant de compétences et de comportements nécessaires pour une organisation de haute performance mais, malheureusement, ils ne sont pas nécessairement délivrés avec un diplôme d’ingénieur.
Pour ce qui est des profils émergents, il est vrai que le marché connaît le développement de quelques formations spécifiques du type Supply Chain Management, Demand Management, Stratégie et Planification. Cela dit, il y a beaucoup d’ingénieurs qui se veulent de plus en plus généralistes, capables de s’adapter à toutes les situations sans se confiner dans une spécialité particulière. La preuve en est que, dans beaucoup d’entreprises, nous trouvons de nos jours des ingénieurs dans des domaines aussi variés que le marketing, les ressources humaines, le commercial et autres…
Pour ce qui est des rémunérations, le système est assez transparent de nos jours, grâce aux enquêtes salariales qui sont publiées de manière quasi permanente tous les ans et qui aident aussi bien les candidats que les entreprises à se situer sur le marché.»

Amine Jamai
DRH dans une multinationale
«Le niveau de connaissance en management est faible»
«Les ingénieurs issus des écoles marocaines sont assez présents sur le marché de l’emploi. Mais si, sur le plan technique, leur formation est adaptée aux besoins, leur compétence dans le domaine du management laisse à désirer. Par conséquent, je pense que le cursus mérite une amélioration. A ce titre, on doit y intégrer la culture économique et financière, ce qui ramène à davantage de stages qui ne sont plus seulement axés sur le volet technique. La maîtrise des langues étrangères doit également être renforcée et il faut surtout améliorer le niveau d’expression en français et en anglais. Les techniques de communication méritent la même attention. Une telle formation permettrait de préparer beaucoup plus d’ingénieurs commerciaux, un profil qui fait réellement défaut au Maroc, surtout dans un environnement transformé par les accords de libre-échange. Il faut également créer de nouvelles spécialités telles que le «supply chain», les achats stratégiques, ou encore les ressources humaines au sein des écoles d’ingénieurs. Côté qualités personnelles, je pense qu’un ingénieur, à l’instar de tout manager, doit posséder des valeurs comme l’audace, le courage, le respect, le bon sens, la solidarité, la créativité et la volonté d’atteindre de fortes performances.»

Ali Serhani
Consultant chez Gesper Services
«Les cursus n’ont pas évolué, alors que les besoins du marché changent»
On trouve des ingénieurs avec plus ou moins de difficultés en fonction des filières recherchées.
Par exemple, il est plus facile de trouver un ingénieur en génie mécanique qu’un ingénieur en informatique réseaux ou spécialisé ERP. En ce qui concerne les recrutements, le marché évolue en dents de scie depuis plusieurs années. Par exemple, au premier semestre 2004, les industries aéronautique, chimique, certaines institutions financières et les entreprises de communication ont beaucoup plus recruté.
Les rémunérations sont généralement fonction des besoins de l’entreprise et du profil des candidats. Ainsi, une entreprise qui donnait une certaine fourchette de salaire à l’embauche a revu cette fourchette à la hausse lorsqu’elle s’est trouvée en face d’un candidat à haut potentiel.
Pour en revenir à la formation, je dirai que les écoles marocaines produisent les mêmes profils depuis des années. C’est dire la mise à niveau qui s’impose. Aujourd’hui, la culture générale et le comportemental sont aussi importants que la compétence technique.»

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