La fonction Achats : Questions à Yassine Haoud, Responsable Achats Stratégiques Régional – Région Maghreb d’une multinationale
30 juin 2017
Brahim Habriche (1833 articles)
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La fonction Achats : Questions à Yassine Haoud, Responsable Achats Stratégiques Régional – Région Maghreb d’une multinationale

«Le e-Procurement et le e-Sourcing ont contribué d’une manière significative à la professionnalisation de la fonction».

La Vie éco : Quel est votre parcours professionnel et qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre une carrière dans la fonction achats ?

De formation technique alliée à une formation supérieure en Management Logistique, j’ai commencé ma carrière en tant que responsable matériel dans une multinationale spécialisée dans les travaux de construction industrielle. Forgé par l’expérience sur le terrain, j’ai découvert que mes aspirations et compétences convergent plus vers une fonction mariant technique et relationnel, d’où le choix de m’orienter vers Achats et Logistique dans différents secteurs : aérospatial, pêche maritime et construction industrielle avant d’occuper à la date d’aujourd’hui un poste régional en Achats Stratégiques dans le secteur de l’agroalimentaire.

Comment a évolué la fonction achats durant ces dernières années ?

A travers mon humble expérience et dans une ère de mondialisation où la fonction a pris plus d’importance, je vois que le poids des achats est proportionnel à la taille et l’activité de l’entreprise. Son importance est principalement relative au chiffre d’affaires achats par rapport au prix de revient. De toute évidence, le modèle d’une entreprise de distribution n’est pas le même que celui d’une entreprise de production ou de service.

Durant les dernières années, cette fonction a dévoilé son potentiel comme un centre de profit et non un centre de coût dont le périmètre se limitait juste à une fonction administrative. Aujourd’hui, les acheteurs sourceurs ont dépassé le stade opérationnel de la fonction. Leur champ d’action va jusqu’au développement des stratégies de sourcing adaptées, qui prennent en considération plusieurs paramètres internes et externes de l’entreprise (ex : notion de coût vs prix, benchmarking, veille concurrentielle, veille technologique …). Ce sont les premiers chasseurs d’opportunités en termes de solutions innovantes qui contribueront à la compétitivité de leurs structures. Le métier des achats a connu une évolution accrue surtout après la démocratisation de l’Internet et le développement de nouveaux outils tel que l’e-Procurement, E-Sourcing, qui ont contribué d’une manière significative à la professionnalisation de cette fonction.

Comment s’organisent les achats dans les différentes organisations ?

Les directions ou services Achats se structurent différemment selon chaque entreprise ; achats centralisés, décentralisés, par famille ou catégorie d’achats … Dans le cas d’une organisation centralisée par exemple, les achats sont gérés par une direction unique qui peut être rattachée à la Direction générale, ce qui montre une certaine maturité de la fonction, ou sous l’autorité de la Direction administrative et financière, ce qui, généralement, reflète une stratégie portée sur la réduction des coûts et moins sur la recherche de l’innovation. Et c’est généralement dans ce type d’organisation qu’on trouve les acheteurs répartis par famille d’achats comme modèle classique, ou par projet, notamment dans le secteur industriel.

Dans le cadre d’une organisation Achats décentralisée où le rattachement à une direction spécifique ou Business Unit, les acheteurs sont essentiellement focalisés sur les achats de production.

Selon vous, la fonction a-t-elle pris de l’importance ?

Oui, certainement. Dans un milieu concurrentiel et plus compétitif où les prix de vente sont parfois quasi semblables, les entreprises se retrouvent dans la nécessité de mettre au cœur de leur intérêt cette fonction dans un souci de sécurisation des marges en achetant mieux avant de vendre.

Son importance nous conduit à choisir des profils d’acheteurs plus pointus. On ne cherche plus des «cost killers» mais des «Business partners» qui doivent aussi appuyer la vision et la stratégie de l’entreprise en termes d’achats socialement responsables par exemple.

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