Hackathon : entretien avec Mehdi Alaoui DG de Screendy
17 novembre 2017
Brahim Habriche (1840 articles)
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Hackathon : entretien avec Mehdi Alaoui DG de Screendy

Le plus souvent, les animateurs s’appuient sur une pédagogie active pour rendre chaque participant acteur. Il faut également penser à l’après-hackathon.

Beaucoup d’entreprises aménagent des espaces spécialisés pour décloisonner les processus d’innovation et faciliter l´émergence de nouvelles idées. C’est le principe d’un hackathon. Les explications de Mehdi Aloui, DG de Screendy.

Pourquoi les entreprises s’approprient-elles le concept du hackathon et à quoi sert-il ?

Nous avons démarré les hackathons en 2015 avec Microsoft. L’idée est d’en faire une compétition tous les trois mois. C’était également une occasion pour nous de tester notre plateforme.

En deux ans, nous avons organisé une cinquantaine de hackathons, que ce soit au Maroc, en France, en Côte d’ivoire ou en Jordanie.

Depuis, nous avons senti un vrai besoin chez les entreprises qui veulent booster l’innovation, transférer des compétences, développer des techniques agiles… En regroupant des équipes sur un temps limité – souvent 48 heures -, on mobilise l’intelligence collective autour d’un objectif avec une notion de défi.

De fil en aiguille, nous avons créé un programme d’Open Innovation pour aider les entreprises avec l’écosystème entreprenarial. Depuis le début de cette année, nous avons réalisé d’importants événements avec le Crédit immobilier et hôtelier (CIH), Lydec, HPS, Attijariwafa Group ou encore l’Office chérifien des phosphates (OCP).

Le phénomène touche plusieurs secteurs. Qui a recours à ce genre d’événement ?

Il est vrai que les hackathons ont été, à l’origine, conçus dans le milieu informatique et ce, depuis la fin des années 90. Le réseau social Twitter a été imaginé dans un hackathon. Ce dernier a vu sa popularité croître dans les années 2000, alors que l’informatique et internet prenaient une place grandissante. L’engouement a sans doute aussi été possible grâce à des développements rendus plus faciles, avec des outils plus accessibles.

Depuis, le phénomène s’est démocratisé et s’est étendu à d’autres secteurs d’activité ou métiers.

Par exemple, l’OCP a eu recours à l’Open Innovation pour innover justement dans ses métiers, notamment dans le domaine du digital. Les banques sont également séduites par ces compétitions afin d’améliorer leurs services à la clientèle.

Chaque compétition y va de son imagination pour susciter l’inspiration, l’intelligence collective… Quelles sont les tendances ?

Aujourd’hui, plusieurs activités sont proposées pour faire émerger les idées. Il faut souligner que généralement les participants sont en vase clos pendant 36 à 48 heures où la concentration peut se perdre.

Le plus souvent, les animateurs s’appuient sur une pédagogie active pour rendre chaque participant acteur. On propose des formations sur les technologies dernier cri ou des activités au cours desquelles les participants acquièrent des connaissances.

Pour détendre l’atmosphère, les organisateurs recourent aussi à des activités musicales, cours de yoga…

Pour les entreprises, quel est l’intérêt à organiser ces  évènements ?

Ils présentent plusieurs avantages, à savoir  attirer les profils les plus divers, applicables à tous les métiers et tous secteurs, générer plus d’engagement et, en plus, on peut recruter de bons éléments.

Justement, les entreprises font souvent participer les universités et écoles. Comment se fait la sélection des candidats ?

Nous faisons souvent appel à des universités et écoles pour sélectionner les candidats qui ont un potentiel. Leur mind set est un critère important, surtout quand le challenge est important, car la finalité d’un hackathon est de faire clore des start-up afin qu’ils puissent décrocher des contrats auprès des entreprises prestataires.

Il faut savoir qu’un fonds d’investissement «Innov Invest» vient d’être lancé  par la Caisse centrale de garantie (CCG), en partenariat avec des opérateurs publics et privés, nationaux et internationaux.

Doté d’un montant de 700 MDH, il est dédié au financement des start-up et autres entreprises nouvelles opérant dans le champ de l’innovation.

Quels sont les gages de réussite ?

Le hackathon peut être organisé uniquement en interne ou en y associant des écoles. Quelle que soit la configuration retenue, le modèle doit être gagnant-gagnant. Il est important que le projet soit porté par la direction, qu’il s’inscrive dans la culture et la stratégie d’innovation de l’entreprise, que les équipes trouvent plaisir à s’y investir…

Quelle suite donner à cet événement ?

L’après-hackathon est essentiel à envisager, même si c’est souvent compliqué car cela implique un écosystème plus large, peut-être plus lourd en temps ou en investissements… Il y a ceux qui distribuent des chèques et ceux qui développent véritablement l’innovation.

L’entreprise doit envisager le hackathon comme une alternative pour développer l’innovation, rendre les collaborateurs acteurs de l’innovation, trouver des talents et les recruter, encourager les profils d’intrapreneurs…

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