Gestion du parcours professionnel : ne brûlez pas les étapes !
16 mars 2017
Brahim Habriche (1761 articles)
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Gestion du parcours professionnel : ne brûlez pas les étapes !

Une erreur grave, c’est de vouloir tout laisser tomber pour assouvir trop tôt des ambitions démesurées. La spécialisation dans son métier ouvre de nouvelles voies.

Beaucoup d’individus voient l’évolution de leur parcours professionnel comme une progression verticale accompagnée d’un élargissement des responsabilités ou de l’augmentation de la rémunération et de l’amélioration de la situation sociale. Dans certaines organisations, un tel parcours est tout à fait plausible. Mais en général, le processus est beaucoup plus compliqué.

Certaines personnes, vu leur formation, leur environnement ou tout simplement la chance, peuvent évoluer plus rapidement que d’autres. Mais il n’y a pas de périodes précises pour changer de cap ou franchir un palier. Les modèles d’analyse de la trajectoire d’une carrière sont nombreux. Cependant, on peut retenir quelques phases pour mesurer les avancées.

La première commence dès la première embauche, une fois le diplôme en poche. C’est une phase d’apprentissage durant laquelle on essaie d’acquérir des compétences auprès de personnes plus expérimentées. Forcément, le travail peut parfois sembler routinier. L’erreur, c’est de vouloir tout laisser tomber pour tenter d’assouvir trop tôt des ambitions démesurées.

La deuxième phase se situe entre 30 et 35 ans. A cette période, on a souvent accumulé des expertises dans plusieurs domaines, tout en continuant à étoffer ses connaissances. On doit s’interroger sur sa place dans l’organisation en évaluant les opportunités d’avancement si l’on n’est pas encore promu à de nouvelles responsabilités. Il y en a beaucoup qui changent d’employeur à ce moment pour évoluer. Parfois, à tort…

Certains ont une réflexion linéaire sur leur carrière

Vers la quarantaine et jusqu’à 45 ans, on est un manager ou cadre déjà rompu à la tâche.  Si à cette période, on n’est pas déjà dans les postes de direction, c’est qu’on sera confiné à des tâches de gestion ou à des postes sans réelles débouchés.

Cependant, il n’y a pas de timing précis pour franchir les paliers. Pour un jeune, il faut surtout chercher à capitaliser sur ces acquis. Il faut aussi être sûr qu’on peut se redéployer ailleurs sans risque. En effet, on a bien vu des candidats brillants qui se sont cassés les dents en changeant d’entreprise parce qu’ils n’ont pas su mettre en œuvre ce qu’ils avaient appris dans leur ancienne entreprise. D’autres ont été tentés de postuler pour des postes de management sans avoir la carrure nécessaire même s’ils étaient de bons techniciens.

D’un autre côté, il ne faut pas non plus être très calculateur dans sa carrière. Certains candidats par exemple ont une réflexion linéaire sur ce que l’entreprise peut leur octroyer comme avantage. Ils ne se posent pas la question de savoir ce qu’ils peuvent eux aussi apporter à l’entreprise.

Il reste qu’une vie professionnelle est souvent parsemée d’embûches. Parfois, le choix d’une carrière peut être dictée par l’entreprise qui impose ses choix de parcours à ses salariés. Comme le souligne Houcine Berbou, DG du cabinet Academus, «la promotion peut être dictée par un besoin réel de l’entreprise, mais aussi par une analyse de la proximité des profils des candidats avec les exigences du poste cible, le classement par mérite… Mais dans certains cas, effectivement, des personnes peuvent être parachutées dans certaines positions sans mérite».

Ne pas choisir une formation surdimensionnée par rapport au poste

Dans tous les cas, une promotion mal préparée ou non concertée avec l’intéressé ne peut qu’avoir des incidences  néfastes sur son parcours.

Il n’en demeure pas moins que l’individu peut parfaitement jouer sur son destin par les décisions ou les initiatives qu’il prend à un certain moment de sa vie. Les spécialistes des ressources humaines ne disent-il pas qu’une «carrière c’est comme un produit. Il faut lui insuffler régulièrement du neuf pour l’entretenir».

Parfois, la spécialisation dans son métier permet d’ouvrir de nouvelles voies dans un parcours professionnel. Dans ces cas, la formation peut jouer un levier important dans une carrière. Pour cela, il faut anticiper le changement au lieu de l’attendre par exemple en recherchant l’information sur les éventuels axes stratégiques futurs, les nouvelles solutions parues dans le secteur… C’est-à-dire être toujours au courant des dernières techniques de son métier, des tendances et des évolutions qui voient le jour.

Mais rien ne sert de faire des formations ou d’orienter sa carrière vers des métiers où les offres sont inexistantes. «Un exemple concret, c’est le cas de toutes les personnes (et qui sont nombreuses) qui font des études longues pour occuper des postes largement moins dimensionnés par rapport au diplôme et dans des métiers qui n’ont rien à voir avec la formation acquise. Il faut donc être à l’écoute du marché pour s’y adapter», déplore M. Berbou.

Changer d’entreprise, s’appuyer sur un réseau, faire une formation, s’expatrier…, les tremplins pour accélérer sa carrière ne manquent pas. Attention, certains d’entre eux sont à activer avec précaution. En voici quelques-uns. – Changer d’entreprise. Intégrer une autre structure dès que sa situation professionnelle actuelle est dans l’impasse. • Avantages : acquérir de nouvelles responsabilités, s’enrichir d’un nouvel environnement. • Risque : retrouver les mêmes difficultés qu’auparavant. – Jouer la mobilité transversale. Changer de poste selon une périodicité précise pour développer ses compétences ; tous les deux ou trois ans. • Avantages : favoriser des expériences différentes. • Risque : se perdre dans des services où l’on a peu de chance d’émerger. – Se former. Etoffer son CV à travers des formations reconnues. • Avantages : élargissement des compétences. • Risque : pas de retour sur investissement, suivre une formation décalée par rapport aux besoins de l’entreprise. – S’expatrier. Accepter de partir à l’étranger pour prouver ses capacités d’adaptation. • Avantages : accroître sa capacité d’adaptation, se frotter à de nouveaux styles de management, maîtriser une nouvelle langue… • Risque : difficulté, au retour, à retrouver un poste à la hauteur de ses ambitions dans la même entreprise. – Créer une entreprise. Etre patron de sa propre entreprise. • Avantages : choisir la voie de l’indépendance, se forger un esprit d’initiative, développer des compétences managériales… • Risque : se retrouver sur un créneau peu porteur. – Se positionner lors d’une restructuration. Profiter d’une réorganisation pour se faire une place. • Avantages : s’ouvrir à de nouvelles responsabilités. • Risque : hériter d’un poste de moindre envergure. – Faire preuve de patience. Travailler dans l’ombre d’un des cadres supérieurs les plus en vue de l’entreprise et se montrer disponible. • Avantages : faire partie des centres de décision. • Risque : désaccord avec son patron. – Accepter une nouvelle mission. Accepter un projet risqué ou de moindre envergure en espérant un renvoi d’ascenseur. • Avantages : acquérir de nouvelles responsabilités. • Risque : devenir la cinquième roue de carrosse pour les missions bidon.

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