Formation : EM Lyon scrute le marché de l’emploi
11 novembre 2016
Brahim Habriche (1804 articles)
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Formation : EM Lyon scrute le marché de l’emploi

EM Lyon Business School a passé à la loupe près de 12 443 offres d’emploi qualifiés, publiées entre janvier et juin 2016. Parmi ses principales conclusions, une polarisation des emplois, une urbanisation et concentration ainsi qu’une forte disparité des salaires.

Quels sont les besoins des entreprises en termes de recrutement ? Quels sont les métiers les plus en vue ? Et quelles sont les compétences les plus demandées ? EM Lyon Business School, nouvellement installée à la Marina de Casablanca, a passé à la loupe près de 12 443 offres d’emploi qualifiés, publiées entre janvier et juin 2016 sur les cinq sites de recrutement les plus représentatifs. L’objectif de ce travail est d’avoir une idée précise sur les vrais besoins d’entreprises en matière de recrutement afin de mieux orienter les jeunes dans le choix de leur formation et les aider à développer les compétences en phase avec les besoins du marché.

Tawhid Chtioui, directeur de la filiale casablancaise, commence par préciser que les emplois qualifiés représentent le tiers des emplois au Maroc dont 10% concernent le supérieur (Bac+5 et plus). Une proportion qui reste faible par rapport à ce qui se passe en Europe dont le taux avoisine généralement les 20 à 25%.

Un marché caractérisé par une polarisation des emplois

L’ étude fait ensuite ressortir que le marché marocain se caractérise par sept points essentiels, à commencer par une polarisation des emplois à savoir un accroissement simultané des métiers les plus qualifiés et ceux très peu qualifiés. «Le problème se pose aujourd’hui pour les profils moyennement qualifiés, c’est-à-dire les bacheliers et Bac+2/3. Ce sont eux qui souffrent le plus du chômage. D’où la volonté de poursuivre des études, d’aller chercher de nouvelles qualifications pour prétendre à un emploi», souligne M. Chtioui.

Deuxième enseignement, la tertiarisation des emplois. Près de 50% des créations de postes ont été enregistrées dans les services. Cette situation implique un changement de paradigme dans les modèles éducatifs qui doivent beaucoup plus se baser sur le développement personnel que sur les connaissances techniques.

Casablanca, Rabat et Agadir concentrent 80% des emplois

Autre constat, l’étude montre une urbanisation et une concentration des emplois. Il y a plus de création d’emploi dans le milieu urbain, sachant que 54% des offres sont situées à Casablanca. Avec Rabat et Agadir, elle concentre 80% des emplois, ce qui montre que la mobilité professionnelle est une nécessité. Les salariés sont cependant bien servis : les emplois au Maroc sont solides puisque 87% des offres sont des CDI contre, à titre d’exemple, près de 75% en France. Ce qui démontre quelque part une visibilité des entreprises quant à leur croissance et développement sur le plan humain.

La volonté de rajeunir les effectifs est aussi très nette:  70% des offres sont destinées à des débutants (sept emplois sur dix concernent les profils ayant entre 0 et 2 ans d’expérience).

Forte dispersion des salaires

L’enquête dégage également une tendance moins reluisante. La part des femmes dans l’emploi ne progresse pas. Alors qu’elles représentent 50% de la population nationale et 47% des diplômés de l’enseignement  supérieur, elles ne représenteraient que 26% de la population active.

Enfin, l’étude d’EM Lyon montre une forte dispersion  des salaires, qui vont de
5 000 à 22 000 DH/mois. En général, les jeunes issus des universités sont moins bien rémunérés que les lauréats des grandes écoles.

Concernant les secteurs les plus dynamiques, l’informatique et les nouvelles technologies se situent en première place dans le top 5 alors qu’il n’y figurait pas il y a deux ans.

Commerce et distribution, Industrie, Services et centres d’appels et Tourisme-hôtellerie complètent le palmarès.

Par rapport aux métiers, la vente et la relation client viennent en premier lieu. Ces métiers sont suivis des managers d’unité, du marketing et communication, des métiers du numérique et enfin d’un classique : les métiers de la comptabilité/finance/audit.

Pour ce qui est des compétences, l’expérience à l’international vient en premier lieu, suivie des compétences relationnelles, du sens de l’organisation et de la rigueur, du sens du service client et enfin des compétences dans le domaine de l’informatique et du numérique.

Ces évolutions méritent d’être regardées de près de sorte à pouvoir faire le bon choix en matière de formation. «Il est certain qu’on assiste ces dernières années à un environnement en profonde mutation tant sur le plan économique, technologique, sociétal que générationnel et qu’il faut repenser constamment le marché de l’emploi car de nouveaux métiers apparaissent, d’autres meurent ou se diluent pour devenir des compétences», commente le directeur D’EM Lyon Casa. «En tant qu’organisme de formation, nous devons donner de la visibilité aux jeunes pour mieux s’armer au marché de l’emploi»  conclut-il.

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