24 février 2006
Brahim Habriche (1932 articles)
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Comment ils apprécient leur métier

Amine Jarmounec Juriste d’entreprise «Information, l’atout d’un juriste» «Véritable conseiller, le rôle du juriste consiste davantage à prévenir et protéger le patrimoine de l’entreprise qu’à réparer les erreurs. C’est un

Amine Jarmounec Juriste d’entreprise
«Information, l’atout d’un juriste»
«Véritable conseiller, le rôle du juriste consiste davantage à prévenir et protéger le patrimoine de l’entreprise qu’à réparer les erreurs. C’est un métier intéressant qui touche à plusieurs disciplines. Hormis le droit, il y a la comptabilité, la trésorerie, les RH et autres domaines. Chaque jour a son lot de surprises. Un contrat de prêt contracté, une délégation de pouvoir, une reconnaissance de dettes…
Tout doit être traité minutieusement. Autre point positif : on est informé constamment sur les relations commerciales de l’entreprise. On doit prendre toutes les garanties dans les contrats pour éviter des tracas ultérieurement. L’information constitue le principal atout d’un juriste. Derniers textes en vigueur, presse… Le contact avec les avocats et l’administration publique est également très important parce que c’est là qu’on affûte son sens de la communication.
Côté formation, l’idéal est de faire un troisième cycle avec spécialisation dans les assurances, une filière très payante actuellement. Le métier est passionnant, et présente des réelles perspectives d’évolution. Il est aujourd’hui un élément indispensable à toute entreprise.»

Hamid Besri Conseiller à la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance
«Une formation académique ne suffit plus»
«Depuis peu, le rôle du juriste d’entreprise s’est affirmé et développé. Selon la taille de l’entreprise, il peut effectuer des tâches variées de conseil, de documentation, d’administration ou faire partie d’un secteur juridique spécialisé.
Spécialiste du droit, le juriste d’entreprise est associé à toutes les grandes décisions commerciales, financières et techniques. S’il traite prioritairement les affaires de contentieux et vérifie la légalité des contrats, il est de plus en plus associé aux négociations avec les les partenaires. Son rôle est alors d’évaluer les risques des opérations menées et d’imaginer les montages juridiques les plus avantageux pour l’entreprise. C’est quelqu’un qui doit mettre à jour continuellement ses connaissances.
Ainsi, le juriste doit se tenir informé de l’évolution de la législation en droit commercial, droit du travail, droit des contrats… Ce métier fait aussi appel à des qualités diverses.
Par ailleurs, il faut être conscient que les postes proposés aux jeunes juristes demandent un niveau d’études élevé. Une formation académique ne suffit plus. Les entreprises ont de plus en plus besoin de profils pointus dans le domaine juridique. C’est pourquoi le juriste d’entreprise peut aussi être un spécialiste : dans le domaine du droit des affaires, droit des assurances, etc.»

Mohamed B. Directeur de la division des affaires juridiques
«Un acteur majeur dans la stratégie des entreprises»
«En vingt ans d’expérience dans le secteur bancaire mais aussi le domaine juridique, j’ai vécu l’évolution de la fonction de juriste d’entreprise. J’ai moi-même débuté en tant que responsable contentieux. A cette époque, la fonction se limitait principalement à défendre les intérêts de sa société et à produire les actes juridiques qu’elle réclame (contrats, etc.). Le conseil juridique était accessoire. Le juriste était rarement consulté et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce que l’environnement juridique n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Ensuite, il n’avait pas les connaissances et la visibilité nécessaires pour conseiller l’entreprise dans les affaires juridiques. Concernant les profils, on retrouvait principalement d’anciens huissiers de justice ou des représentants syndicaux.
Le métier n’a connu un véritable bouleversement que dans les années 1990, avec l’introduction de la loi bancaire, la loi sur les sociétés anonymes… Le renforcement de l’arsenal juridique a induit une prise de conscience de plus en plus claire de l’importance du métier, surtout dans le secteur bancaire et des assurances. D’ailleurs, dans ces secteurs, il est beaucoup plus structuré que dans d’autres.
L’activité du juriste touche désormais de nouveaux domaines: affaires internationales, protection de la propriété industrielle et intellectuelle, marketing, produits financiers et bancaires, nouvelles technologies… Il lui arrive même d’accompagner les décideurs à l’extérieur pour discuter les termes d’un accord. Dans un contexte de concurrence accrue et d’internationalisation des affaires, le juriste est devenu un acteur majeur dans la stratégie des entreprises.»

«Un salaire plus important s’il relève de la direction»

«Sociétés de financement, sociétés de crédit à la consommation, caisses de retraites, banques et assurances sont les secteurs les plus demandeurs de juristes. Les sociétés exportatrices sont aussi appelées à s’entourer de bons profils compte tenu de l’environnement juridique international et des diverses transactions engagées avec les partenaires étrangers.
Le juriste d’entreprise a pour mission première d’assurer la sécurité juridique de l’entreprise. Il ne se contente pas de vérifier la légalité des contrats, il est aussi associé à leur élaboration. L’entreprise peut également attendre de lui qu’il apporte des solutions juridiques innovantes concernant les problèmes de concurrence. De ce fait, il devient un acteur de la stratégie d’entreprise. Son rôle ne se limite plus à la sécurité juridique.
Le salaire d’un juriste dépend de sa place dans l’organigramme de l’entreprise. Il est plus important lorsqu’il est rattaché à la direction générale».

El Houcine Berbou Consultant senior à LMS ORH.

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