Financement de l’investissement : l’offre des banques de plus en plus étoffée
12 octobre 2017
Ibtissam Benchanna (706 articles)
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Financement de l’investissement : l’offre des banques de plus en plus étoffée

Une large gamme de solutions adaptées aux différents secteurs et phases de développement des PME. En plus du financement, les banques jouent un rôle important en matière d’accompagnement et d’assistance.

La PME marocaine est depuis plusieurs années au centre des préoccupations des pouvoirs publics et des acteurs privés qui recherchent l’amélioration de sa compétitivité. Cela est normal quand on sait qu’elle représente plus de 90% du tissu entrepreneurial, près de 30% des exportations et plus de 40% de la production nationale. Néanmoins, elle a toujours eu du mal à trouver des solutions pour financer sa croissance, donc ses investissements.

Conscientes de ce besoin grandissant, les banques de la place ont multiplié les efforts pour garantir le financement des PME. Certaines adaptent leurs solutions en fonction du secteur d’activité au moment où d’autres interviennent par phase de développement : de la création à l’extension des capacités de production, en passant par la modernisation et la rationalisation des processus de fabrication. Ces financements peuvent atteindre 100% du programme d’investissement et s’étaler sur une durée pouvant aller à 15 ans avec un différé de remboursement de 3 ans maximum.

Des solutions de financement plus pointues sont proposées par les banques pour assurer aussi bien l’acquisition des biens d’équipement que les biens immobiliers. Cela est proposé sous forme de location longue durée, assortie d’une option d’achat en fin de contrat. Pour le crédit bail mobilier, les biens finançables concernent le matériel roulant, les navires, le matériel de bâtiment, le matériel de bureautique et informatique… à hauteur de 100% de l’investissement, avec un minimum de 100000 DH HT, en fonction des banques. Pour sa part, le crédit bail immobilier est accordé jusqu’à 100% également avec un minimum de 1 MDH pour certaines. Sont concernés, entre autres, les biens immobiliers anciens, neufs ou à construire, les plateaux de bureaux, les sièges sociaux, les bâtiments industriels… En tout cas, la durée peut aller de 24 à 60 mois pour le crédit bail mobilier et jusqu’à 12 ans pour le crédit bail immobilier, sachant qu’un différé de remboursement est accordé. Certaines banques vont même jusqu’à spécifier la valeur résiduelle à 1% du montant de l’investissement.

A côté de cela, les établissements bancaires ont mis en place des lignes de crédit garantis par la Caisse centrale de garantie (CCG). Ainsi, le crédit à la jeune entreprise peut atteindre 90% du programme d’investissement, avec une durée allant de 7 à 12 ans, avec un différé de 2 ans. Au delà de ces formules de financement, des banques ont développé des lignes de financement spécifiques à des secteurs comme la promotion immobilière, l’agriculture, l’automobile….

Il est important de souligner que l’accompagnement des banques ne se limite pas au volet financier seulement. Elles ne rechignent pas sur les moyens, encore moins sur leur expertise en vue de développer une relation de proximité avec leur PME clientes. Depuis l’idée de création de l’entreprise, jusqu’à l’identification de ses besoins, son développement, en passant par l’élaboration de business plans…, la banque assure un rôle, non des moindres, en matière d’accompagnement et de suivi de cette catégorie d’entreprises.

A quel moment la banque peut-elle intervenir dans un projet de croissance des PME ?

Une décision de croissance constitue une étape cruciale dans la vie d’une PME. Quelle que soit la nature du projet de développement (investissement matériel ou immatériel, croissance externe, diversification d’activité, ouverture à un nouveau marché…), l’accompagnement du partenaire bancaire dès la genèse du projet est un facteur clé de succès. Il convient de partager, le plus en amont possible, les enjeux du projet de croissance pour pouvoir installer un dialogue de confiance, susciter un conseil adapté et une relation d’engagement aux côtés de l’entreprise.

Quel dispositif proposez-vous pour accompagner les entreprises dans leurs projets de développement ?

Nous accompagnons les PME à travers une palette de financements dédiés et des équipes expérimentées réparties sur plusieurs pôles : l’immobilier, l’hôtellerie, le corporate pour les besoins généraux / capex et un pôle crédits structurés dédié aux financements de projet et d’acquisition. Nous bénéficions également de l’expertise mondiale du groupe Société Générale et d’une pratique régionale en tant que hub Afrique du Nord pour les financements structurés. Ceci nous permet d’avoir une vision comparative des meilleures pratiques et de les adapter au contexte local pour offrir le plus haut niveau de conseil à la PME.

Comment se matérialise la dimension conseil ?

n Elle se matérialise par une connaissance et une expérience approfondies des différents secteurs d’activité, qui nous permettent d’aider les PME à mieux structurer leur projet de croissance et à en améliorer la robustesse. Nos clients, notamment dans le secteur immobilier, qui ont suivi nos recommandations (société dédiée à chaque projet, seuil de pré commercialisation, segmentation par tranches), ont démontré une meilleure résilience durant les conjonctures difficiles. Nous participons aussi à l’affinage de la stratégie et des hypothèses de business plan de nos clients, émettons des recommandations de structures capitalistiques pour l’équilibre financier de l’entreprise et proposons des solutions de structuration financière sur-mesure (calibrage de la structure bilancielle, recours à des organismes de type CCG, etc.).

Quels conseils donneriez-vous aux PME pour la réussite de leur projet d’investissement ?

Je leur recommanderais de :

• Mettre en place une gouvernance efficiente, reposant sur un capital humain qualifié permettant de définir et décliner les projets de croissance ;

• Présenter des états financiers fiables et des projections sur la base d’hypothèses détaillées et réalistes ;

• Bien calibrer ses besoins de financement en fonction du projet, en s’abstenant par exemple de financer des immobilisations par le biais de lignes court-terme… ;

• …Et avant tout, de privilégier un dialogue franc et constructif avec son banquier et de le solliciter le plus en amont possible.

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