IMMOBILIER : Les équipements publics tardent à voir le jour
12 mai 2017
Reda Harmak (1011 articles)
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IMMOBILIER : Les équipements publics tardent à voir le jour

Un gros déficit en matière d’équipements s’est constitué au niveau des villes sur les dernières années du fait d’une programmation défaillante et de l’absence d’une vision transversale en la matière. Les pouvoirs publics multiplient néanmoins les efforts pour rattraper le retard.

Ils restent les grands absents dans les programmes immobiliers au Maroc. Les équipements publics tardent toujours à s’aligner sur la cadence de production de logements. Sur les dernières années, le taux de réalisation des équipements socio-collectifs qui vont des routes aux écoles, en passant par les équipements de santé, prévus par les plans d’aménagement, n’a jamais pu dépasser 20% à l’échelle nationale. De nombreuses contraintes expliquent cet état de fait, selon le département de l’Habitat qui n’est pas le seul à mettre en cause dans ce déficit et qui en partage plutôt la responsabilité avec d’autres départements selon leurs attributions (le département de la Santé quand il s’agit de dispensaires et d’hôpitaux publics, l’Enseignement pour les établissements scolaires…). Le nœud du problème réside dans le processus de programmation de ces équipements, selon le constat de l’Habitat.

Il faut savoir que pour déterminer le besoin en équipement sur une zone donnée l’on recourt à des grilles normatives qui produisent des projections figées plutôt qu’aux enquêtes de terrain. Plusieurs difficultés découlent de cette manière de faire. D’abord il est difficile de maîtriser le poids des populations prévisionnelles, ce qui fait que les équipements programmés se retrouvent systématiquement en décalage avec le besoin effectif, souligne-t-on auprès de l’Habitat. Pour ne rien arranger le ministère rapporte une tendance des différents départements à la surestimation des besoins exprimés en nombre et superficies lors de l’élaboration des plans d’aménagement. Franchement pas adeptes de l’optimisation, les ministères n’étudient même pas la possibilité d’utiliser des infrastructures existantes compte tenu de la possibilité de leur multifonctionnalité.

Il faut dire que l’on ne dispose toujours pas d’une stratégie de programmation globale et interministérielle des équipements à réaliser (échéancier, budgétisation…). Et si pendant la phase de programmation les ministères s’en donnent à cœur joie, quand il s’agit de mobiliser des moyens ils sont aux abonnés absents. La programmation ne s’accompagne généralement pas des budgets qu’il faut et les départements concernés acquièrent rarement les terrains réservés aux équipements, dévoile l’Habitat.

En raison de la hausse continuelle des prix du sol et la rareté du foncier au niveau des grandes agglomérations certains spécialistes assurent que le rattrapage sera difficile voire quasi impossible aujourd’hui. L’on ne peut en tout cas pas reprocher aux pouvoirs publics de ne pas multiplier les efforts pour résorber le déficit. Ceux-ci mettent d’abord de plus en plus à contribution le secteur privé pour la réalisation des équipements, notamment d’enseignement et de santé.

Néanmoins, selon les constats des promoteurs immobiliers, les ministères responsables tardent à mobiliser les ressources humaines pour faire tourner ces équipements, ce qui fait que le problème reste entier.

S’ajoutent à cela les différents programmes lancés dans le cadre de la politique de la ville mise en place par le ministère de l’Habitat depuis 2013. Cette initiative qui vise à favoriser l’accès aux services et équipements de proximité a déjà donné lieu à 128 projets conventionnés avec un montant global de 55,5 milliards de DH répartis entre différentes villes du Royaume. Citons encore les retombées de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) dont l’effort porte entre autres sur la création d’équipements de proximité dans les quartiers défavorisés. 

Viennent ensuite les programmes de restructuration qui englobent toutes les actions menées par l’Etat contre l’habitat insalubre, ce qui englobe les actions visant à résorber les bidonvilles ou encore l’intervention dans des quartiers non réglementaires en les dotant des équipements qui y font défaut. 

Le tout est enfin complété par les programmes de mise à niveau ciblant spécifiquement les villes nouvelles, dont le retard en matière d’équipement a été régulièrement critiqué sur les dernières années.

Si l’on ne retient que l’exemple du pôle de Tamesna, aux environs de Rabat, un programme de 500 MDH est décliné depuis 2013 pour pallier le déficit en infrastructures.

Ainsi au niveau des équipements sociaux, 19 établissements scolaires et de formations ont été réalisés et 5 sont en chantier. A cela s’ajoute un pôle technologique réalisé pour une enveloppe de 150 MDH qui s’étalera sur 12 ha.

La ville disposera aussi bientôt de deux centres de santé ainsi que d’un hôpital local d’une capacité de 45 lits qui a mobilisé un investissement de 43 MDH.

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