Squat légalisé
25 septembre 2017
Saad Benmansour (1043 articles)
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Squat légalisé

Le Conseil de Casablanca a probablement de bonnes raisons de vouloir mettre fin à son contrat avec Sita Blanca. S’il s’avère que le délégataire a failli à ses engagements, il est naturel et logique que les élus de la ville décident de résilier le contrat. Ils sont dans leur rôle de veiller au bien-être des Casablancais dont ils sont dépositaires des voix. Bien entendu, la suite des événements montrera si oui ou non le délégataire a failli seul à ses obligations.

Parce que le contrat comporte également des engagements pour la ville. Les a-t-elle honorés ? Mais au-delà des détails spécifiques relatifs à ce cas, l’incident interpelle encore une fois quant au mode de gouvernance d’une grande ville comme Casablanca et probablement d’autres villes à travers le Maroc.

Un contrat de gestion déléguée ou la concession d’un service public suppose quelques garde-fous élémentaires dont le plus important est le contrôle. Quand un opérateur privé gère pour le compte de la commune un service public d’une importance aussi vitale que le nettoyage et le ramassage des ordures, cela implique qu’il soit contrôlé de manière rapprochée et rigoureuse. Si un tel contrôle avait été fait par les instances élues dans les règles de l’art, il aurait au moins et certainement permis de détecter les problèmes et les défaillances suffisamment tôt et d’y apporter les solutions.

Dans le cas d’espèce, celui de Sita Blanca, quand les élus se sont manifestés, on découvre que la situation s’est déjà dégradée depuis plusieurs mois. Où étaient les instances censées contrôler le délégataire ?

Si le contrôle a été exercé sans rien déceler d’anormal, alors c’est inquiétant. C’est encore plus inquiétant si des anomalies ont été détectées mais n’ont pas été remédiées à temps. Cela relève au pire de la complicité, au mieux de laxisme. Ce qui n’est pas étonnant de la manière de faire de nos élus. La meilleure preuve n’est autre que la situation chaotique qui règne dans les transports publics.

En plus du transporteur légal, Mdina Bus, dont la défaillance aujourd’hui est largement établie, des centaines de bus privés sillonnent tranquillement et quotidiennement les artères de la ville dans l’impunité la plus totale, puisque leurs contrats ont expiré en 2009. Mais ils continuent depuis huit ans de transporter «clandestinement» les Casablancais, d’exploiter des lignes, de générer des recettes, donc de gagner de l’argent, sous l’œil complice des élus. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’engagements non honorés, comme pour Sita Blanca, mais d’une opération de squat de service public organisé et institutionnalisé.

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