Rupture
30 octobre 2017
Saad Benmansour (1049 articles)
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Rupture

Le Maroc entame un tournant stratégique où il sera question de réinventer le modèle de développement. Or pour réinventer tout un modèle de développement dans ses composantes sociale, sociétale, économique, le pays aura besoin de changer de référentiel et de paradigmes.

Aujourd’hui, après le séisme du 24 octobre, c’est chose faite. Le message envoyé par le Souverain est on ne peut plus clair et si l’on devait résumer ce qui s’est passé en un seul mot, ce serait la RUPTURE. Désormais, donc, les hauts responsables sont avisés : les moindres erreurs ou manquements ne seront plus tolérés. Ils devront faire du «zéro faute» mais après plusieurs warnings, des mises en garde royales répétitives, et ce, depuis au moins deux à trois ans.

Une rupture aussi, et évidemment, au niveau de la conception, de la conduite et de la gouvernance des projets de développement. La rupture devra se faire dans le sens où, comme l’a relevé le rapport de la Cour des comptes, il ne sera plus toléré que des projets soient présentés et lancés s’ils ne sont pas parfaitement ficelés à tous les niveaux. Mais ce n’est là qu’un premier degré du changement, presque une résultante, parce que pour y arriver la vraie rupture devra être opérée au niveau de la conception même que se fait une frange de notre classe politique de ce qu’est la responsabilité. Car désormais, les hautes responsabilités publiques ne se limitent pas seulement comme le veulent certains à des pouvoirs de signature, à des réunions de staff dans les bureaux de Rabat, aux questions orales au Parlement ou à des activités protocolaires. Et si aujourd’hui, certaines voix s’élèvent, çà et là, pour mettre en garde contre un possible effet de tétanisation de nos responsables qui ne voudront plus signer quoi que ce soit par peur d’en assumer les conséquences, cela reflète parfaitement l’ancienne mentalité avec laquelle nous devons rompre. En fait, ils veulent avoir les titres de responsables publics mais sans en assumer pleinement toutes les conséquences surtout mauvaises. Ceux-là n’ont donc rien compris au message et à la vraie signification de l’acte royal. L’autre rupture à faire concerne nos politiciens et leur rapport à leur responsabilité morale vis-à-vis du citoyen et du pays. Un parti comme le PPS, par exemple, à travers sa direction, est aujourd’hui moralement et partiellement responsable du fiasco d’Al Hoceima par lequel tout est arrivé. Enfin et dans le même ordre d’idées, la question mérite d’être posée pour ce qui est de la responsabilité de l’ancien chef du gouvernement. De deux choses l’une : soit il ne savait rien et c’est grave, car cela dénote d’une déconnexion des affaires qu’il était censé gérer. Soit alors il savait mais, pour des raisons que lui seul connaît, il n’a rien fait ou même laissé faire. Ce qui aggrave encore plus son cas. Mais que M. Benkirane le reconnaisse ou non, sa responsabilité, morale au moins, est pleinement engagée.

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