Rupture de la chaîne
31 juillet 2017
Saad Benmansour (1049 articles)
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Rupture de la chaîne

si aujourd’hui le Maroc n’est pas encore au niveau de performance économique et sociale des pays émergents, c’est que sa chaîne de valeur n’est pas encore au point.

La chaîne de valeur. Cette expression devenue très prisée ces dernières années et galvaudée en toutes occasions est pourtant une notion lourde de sens.

L’expression suppose de la création de valeur ajoutée à travers les acteurs de toute une chaîne. Des acteurs dont chacun apporte ses moyens, son expertise et son savoir-faire pour participer à la production d’un bien ou d’une prestation avec en définitive un partage de la valeur finale pour tous ceux qui y ont contribué.

Si le concept, mis au point par Michael Porter dans les années 80, était à l’origine destiné à la gestion interne d’une même entreprise, depuis quelques années, le principe s’applique parfaitement et de plus en plus à l’ensemble de l’économie où les secteurs sont finalement une succession de maillons qui contribuent à produire tout en étant concurrentiels et donc créer de la valeur pour tous.

Par conséquent, une chaîne de valeur n’est performante que si tous ses acteurs le sont. Or ce qu’on observe aujourd’hui dans beaucoup de pans de notre économie est que justement la notion de chaîne de valeur n’est qu’un simple slogan pour faire beau, tandis que dans la réalité, très souvent les maillons d’une même chaîne sont disloqués. Beaucoup de secteurs, et non des moindres, peinent aujourd’hui à se moderniser, non pas faute de moyens ou de solutions, mais parce que les opérateurs, pourtant censés être fédérés et œuvrer dans le même sens, sont dans des logiques aux antipodes avec des intérêts contradictoires. La chaîne de valeur est rompue dès lors que chaque acteur fait passer ses seuls intérêts en premier dans une logique de gains mais à court, à très court terme. Car à moyen et long terme, la rupture de la chaîne finit par détruire la valeur pour tous. C’est ce dont souffre aujourd’hui notre économie.

L’entreprise Maroc est une méga chaîne de valeur dont tout le monde est acteur depuis l’Etat et l’administration jusqu’au dernier citoyen, qu’il soit fonctionnaire, salarié, ouvrier, ministre, médecin ou instituteur, en passant par les entreprises, les syndicats, les élus… Le produit final de cette chaîne se reflète dans nos indicateurs de développement et dans notre compétitivité. Si aujourd’hui le Maroc n’est pas encore au niveau de performance économique et sociale des pays émergents, c’est que sa chaîne de valeur n’est pas encore au point. Et elle ne le sera jamais tant que l’on acceptera encore de fermer les yeux sur la médiocrité, tant que l’on continuera d’être indulgent avec l’incompétence et l’imposture…

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