8 juillet 2011
Fadel Agoumi (531 articles)
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May day

Au delà  de la rentabilité de la RAM, compagnie commerciale mais également dépositaire d’un service public, il y a la question du pavillon national dont l’existence est nécessaire, mais qui se préoccupe de cela ?

Où va la RAM ? C’est la question légitime que peuvent se poser ceux qui ont eu à emprunter les avions de la compagnie nationale au cours des derniers jours et la compagnie reconnaît bien les tracas de programmation survenus. Mais la grogne des passagers va bien au delà des incidents survenus ces derniers jours. Retards, annulations de vols sans prévenir les passagers et service désagréable ne constituent plus une exception depuis quelques mois.

On a un peu l’impression que chez la RAM le cœur n’y est plus, quelque chose est en train de se briser et ce quelque chose s’appelle la confiance.

A l’origine de cette rupture de confiance, on trouve d’abord un facteur endogène. Celui d’une compagnie qui, naguère, avait une politique sociale très généreuse servie en cela par un marché protégé et qui se retrouve aujourd’hui, sous les assauts conjugués de la concurrence et de l’augmentation de ses charges d’exploitation, en train de jouer sa survie. Réduction d’effectifs, retards dans des titularisations promises, filialisation de certains métiers, regroupement de vols…, la RAM affirme perdre aujourd’hui 20 MDH par jour. Dans ces conditions comment travailler dans la sérénité ?

Il y a ensuite le facteur exogène. Depuis deux ans maintenant, on sait que la RAM se dirige vers une impasse. Les chiffres sont connus, le constat est fait et même les scénarios d’évolution ont été déterminés. Et pour la suite ? C’est là le problème, car l’Etat, propriétaire de la RAM et architecte de la libéralisation du ciel, qui a conduit à l’affaiblissement de la compagnie, ne semble pas se décider à agir. Que veut-on faire de la RAM ? Un simple opérateur aérien parmi les autres, cherchant à tout prix la rentabilité ?  Cela suppose de fermer des liaisons aériennes jusque-là maintenues pour des raisons politiques ou stratégiques et pas forcément rentables, mais le Maroc peut-il se permettre cela ? Si demain une crise éclate, les nombreuses compagnies low cost qui aujourd’hui assurent une partie du maillage aérien du pays plieront bien évidemment bagage et il reste à savoir qui va assurer des vols entre Oujda et Bruxelles, Casa et Dakhla, Nador et Amsterdam et bien d’autres. Il reste à savoir qui va œuvrer pour l’attractivité des régions.  Au delà de la rentabilité, il y a surtout la question du maintien nécessaire d’un pavillon national qui se pose et l’Etat doit y mettre les moyens au lieu de laisser pourrir la situation. Aujourd’hui ça coûte cher, demain ça coûtera encore plus cher.

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