Le jackpot du Ramadan
29 mai 2017
Saad Benmansour (1053 articles)
0 Commentaire
Partager

Le jackpot du Ramadan

Nous y voilà donc. Ramadan commence. Un mois de jeûne mais pas seulement. L’expression très consacrée, prisée par les médias et le grand public, c’est «le mois sacré» ! Pour les uns, c’est un retour à la spiritualité dont on s’est peut-être éloigné depuis onze mois, pour les autres, c’est la consécration de la religiosité qui atteint son paroxysme, la soirée de la «grande finale», la Nuit du destin.

Les Marocains, comme tous les peuples musulmans, ont une relation spéciale pendant Ramadan. Si le contenu et les soubassements théologiques sont quasiment les mêmes, la pratique sociétale marocaine du mois est tout autre. Sous prétexte d’être en abstention la journée, les soirées ramadanesques se transforment en véritable festin national gargantuesque. Les habitudes de consommation des ménages s’en trouvent profondément chamboulées pas seulement en termes de timing des repas mais aussi et surtout en termes de quantités et de consistance des menus, évidemment.

Du coup, Ramadan prend une coloration quasi économique. C’est même une des périodes de l’année les plus prospères pour le commerce, surtout des produits de grande consommation, et, accessoirement, pour d’autres secteurs d’activités, notamment de services. Les enseignes de la grande distribution en font même la période des bonnes affaires tout comme les opérateurs de l’audiovisuel et du marché publicitaire, entre autres exemples.

Mais Ramadan n’est pas un mois de dynamisme pour tous. Il est malheureusement aussi synonyme de baisse de productivité dans de nombreuses activités et filières. Les chantiers tournent souvent au ralenti. Les administrations et les bureaux souvent désertés très tôt dans la journée malgré des horaires de travail réaménagés. Les services publics fonctionnent en mode somnolence…Et ce n’est pas seulement une simple perception ou une vue de l’esprit puisque cette baisse d’activité générale a été scientifiquement observée et même mesurée par les statisticiens du Haut commissariat au plan. Ces derniers ont bel et bien établi que les Marocains travaillent une heure de moins que d’ordinaire.

Pour d’autres secteurs encore, Ramadan est littéralement un mois «blanc». C’est le cas du secteur hôtelier et de toutes les activités en relation avec le tourisme et encore plus quand le mois du jeûne coïncide avec la période estivale connue pour être la haute saison touristique.

Mais tout cela n’est pas une fatalité. Certains hôteliers pionniers s’y sont essayés en imaginant des offres, parfois familiales, compatibles avec le jeûne. Dans d’autres activités, les opérateurs s’adaptent avec beaucoup de succès en réaménageant leurs horaires pour s’adapter à l’activité nocturne du Ramadan. 

Moyennant quelques adaptations, Ramadan n’est pas condamné à être le mois de l’inertie totale. Bien au contraire, quand les opérateurs s’ingénient à s’y adapter, Ramadan peut être l’occasion du grand jackpot…

Commentaires

0 Commentaire Soyez le premier à donner votre avis

Commentez cet article

Your data will be safe! Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *