4 mai 2009
Lavieeco (25140 articles)
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Gare à  l’immobilisme

Réformer la loi sur l’exercice de la médecine est un acte qui doit être mûrement réfléchi. Laisser tomber la réforme
c’est priver la santé
de la nécessaire évolution
en termes d’accès et
de qualité aux soins.

Le bras de fer qui oppose les médecins du secteur privé au ministère de la santé à propos de la réforme de l’exercice de la médecine, à l’instar de bien d’autres projets en cours dans d’autres secteurs, est symptomatique de la difficulté à faire bouger les lignes. Naturellement, toute corporation veille jalousement sur les prérogatives et privilèges que lui confère la loi ou qu’elle a pu grignoter au fil du temps. La posture des médecins et cliniciens ne déroge pas à la règle. Plus que cela, dans un domaine aussi sensible que la santé, il ne viendrait à personne l’idée de leur nier leur droit à défendre leur profession, d’autant que leurs arguments tournent autour de la préservation de la qualité des  soins en barrant la route à la financiarisation de l’activité : «La santé a un coût, mais n’a pas de prix». Dès lors, le fait de réduire un patient à un simple client et le médecin à un exécutant au service d’un gestionnaire ne peut être admis. C’est à ce niveau que l’ouverture du capital des cliniques à des non-professionnels de la santé peut être dangereuse. Dans le même sens, on peut comprendre leur opposition à l’autorisation des praticiens étrangers à exercer dans le pays, par souci de ne pas cautionner, parfois, des francs-tireurs attirés par l’appât du gain.
Faut-il pour autant s’arc-bouter sur ses positions et rejeter toute idée de changement ? Telle est la question à poser. La stabilité peut parfaitement cohabiter avec  l’évolution. Il est inconcevable de se résoudre à un choix binaire. La démarche du ministère  rejoint les craintes des médecins de voir le système de santé, déjà malade, s’enfoncer dans des eaux troubles. Autrement dit, les préoccupations sont les mêmes pour tout le monde. C’est pourquoi réfléchir au «mieux faire» est de loin plus productif que «ne rien faire». D’ailleurs, l’histoire a montré que les récriminations d’un groupe qui a quelque chose à perdre font oublier au reste de la collectivité qu’il a des gains à réaliser. C’est en ce sens que les médecins, qui exercent, rappelons-le, un métier noble, sont tenus  de présenter des propositions pertinentes qui ne donnent pas l’impression qu’ils défendent des avantages corporatistes. Leur volonté de tirer la santé vers le haut et de faciliter l’accès aux soins doit être une préoccupation de tous les jours. Et là, il y a bel et bien à faire, tant en matière de tarification que pour ce qui est du strict respect du serment d’Hippocrate.

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